Sa détresse est difficile à mettre en mots. Car Chantale Laverdure, une habitante de Vieux-Grand-Port, vit l’épreuve la plus douloureuse de sa vie de mère, de sa vie tout court, depuis quelques jours. Le 22 août 2026, alors que toute la famille s’apprêtait à célébrer les 24 ans de son fils Angello le lendemain, tout a basculé. Le jeune homme a fait une chute mortelle depuis un cocotier à Petit-Bel-Air. Et le dimanche 23 août, au lieu de souffler ses bougies dans la joie et la bonne humeur, c’est dans un cercueil qu’il a été accompagné par ses proches meurtris jusqu’au cimetière de Petit-Bel-Air où il repose désormais.
Le drame s’est produit à Rivière-des-Créoles, le long de Rishi Dayanand Road, à proximité de la plage publique. Les policiers et les personnels du SAMU en ont été alertés vers 13h15. À leur arrivée sur place, le jeune homme gisait inconscient, sur le dos, non loin d’un escalier, à proximité d’un lieu de culte. Hélas, il n’y avait plus rien à faire. Son décès a été constaté sur place.
Selon les premiers éléments de l’enquête, Gello se trouvait avec deux amis maçons âgés de 39 et 37 ans, habitant sa localité. Interrogés par la police, ces derniers ont déclaré qu’il était tombé d’un cocotier d’environ 15 mètres alors qu’il participait à une cueillette. Ils ont aussi précisé qu’ils se trouvaient, eux-mêmes sur un autre arbre au moment du drame.
Le jour fatidique, soit le samedi 22 août, Gello avait quitté le domicile familial vers 8 heures. «Mo garson ti mason me li pa ti al travay sa zour-la. Mo sipoze so bann kamarad ek li ti al kas koko pou vande», confie Chantale. L’atroce nouvelle lui est parvenue quelques heures plus tard, vers 15h30, lorsqu’un policier s’est présenté chez elle. Depuis, sa vie s’est effondrée. Pour Chantale, c’est comme si on lui avait arraché à jamais une part d’elle-même. Son fils, explique-t-elle avec émotion, a succombé à de multiples fractures, notamment à la colonne vertébrale, aux côtes et aux quatre membres.
Outre ses parents, Gello laisse derrière lui un grand frère et une grande sœur ainsi que plusieurs autres proches tous anéantis de douleur. Et puis il y a cette coïncidence cruelle, presque insoutenable : le jeune homme est parti la veille de son anniversaire et a été enterré le jour même où il aurait dû avoir 24 ans. «Gello ti mo dernie zanfan. Nou ti bien pros. Sak fwa mo pans li mo plore. Li pa fasil ditou pou enn mama anter so zanfan zour so laniverser», lâche cette maman des sanglots dans la voix.
Pour Chantale et ses proches, les circonstances du drame restent difficiles à comprendre et ils se posent de nombreuses questions. «Sirkonstans so lamor bizar. Li pa dan so labitid mont lor pie. Dan lakour isi ena frisiter ek friyapin. Zame li’nn monte pou kase akoz li per. Mo res bet kouma li’nn kapav mont lor pie koko apre tonbe. Mo trouv sa mari bizar ousi ki sa de kamarad ki ti ek li la pa’nn vinn so lamor alor ki zot abitie ansam pou travay ek sorti. Zot pa’nn vinn donn nou okenn explikasion ziska ler», s’insurge cette maman.
À 64 ans, Chantale tente désormais de vivre avec une absence qu’elle n’arrive pas encore à accepter. Gello, benjamin de la famille, vivait encore chez ses parents. Il avait déjà commencé à construire son propre avenir. «Li ti fini ranz so lakaz lao. Ti res zis pou koul dal», confie sa mère. Hélas, regrette-t-elle, il ne pourra pas réaliser ses nombreux projets. Et il ne fêtera plus jamais son anniversaire. Chaque année, cette date rappellera aussi à sa mère et à toute sa famille le jour où ils ont dû lui dire adieu.