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Chikungunya et leptospirose : le pays en mode vigilance

21 février 2026

Le chikungunya est transmis par les moustiques alors que la leptospirose est une maladie bactérienne transmise par l'eau contaminée par l'urine des rats.

Alerte danger ! Le chikungunya et la leptospirose sont deux maladies actuellement présentes dans le pays. Le chikungunya, transmis par les moustiques, est caractérisé par des symptômes tels que la fièvre, les douleurs articulaires et les éruptions cutanées, alors que la leptospirose est une maladie bactérienne transmise par l'eau contaminée par l'urine des rats, qui peut provoquer des symptômes tels que la fièvre, les douleurs musculaires et les problèmes rénaux. Dans ses délibérations du vendredi 20 février, le Cabinet ministériel a pris note que suite aux récents cas de leptospirose, un comité de suivi et de coordination présidé par le ministre de la Santé et composé de représentants du ministère de l'Environnement, du ministère de l'Agriculture, du ministère des Collectivités locales ainsi que des autorités locales, a été mis en place pour s'assurer que des mesures adéquates sont prises pour lutter contre les rongeurs. Le Dr Fazil Khodabocus, directeur par intérim des services de santé publique, analyse la situation dans le pays.

«La leptospirose n’est pas à banaliser»

La leptospirose en question : «Concernant la leptospirose, nous avons eu neuf cas cette année (au mercredi 18 février). Nous avons actuellement un cas actif concernant une dame d’une cinquantaine d’années. Son état est stable. Elle est admise et elle reçoit les soins appropriés. La leptospirose est une maladie qui se transmet par l’urine des rats contaminés. C’est une maladie bactérienne causée par la leptospire. En principe, la maladie cause des problèmes à une personne contaminée qui souffre déjà de comorbidités. On a aussi eu trois décès cette année. Dans deux cas, les personnes souffraient de comorbidités et concernant le troisième cas, nous sommes encore en train d’enquêter.»

Constat : «Nous avons constaté que les contaminations pourraient être liées à la profession d’une personne. Nous avons observé que les professions à risque pourraient être les laboureurs ou les travailleurs manuels. La plupart des contaminés étaient des travailleurs manuels. On conseille à tous ceux qui sont dans cette catégorie de porter des bottes ou encore des gants. Il faut se servir d’équipements de protection et ne pas marcher pieds nus, par exemple. Actuellement, il fait chaud, le temps est humide avec la pluie fréquente, notamment, et il faut se protéger de l’urine des rats, surtout si on a des petites blessures. La nourriture peut aussi être à risque. Par exemple, il faut faire en sorte de bien laver les canned foods ou les canettes contenant des boissons et avec lesquels les rats peuvent être en contact et ainsi contaminer ces produits avec leur urine. La maladie se transmet aussi par des muqueuses, de la bouche, des mains et surtout des yeux. Il est donc primordial de se servir d’équipements de protection.»

Les symptômes : «Les symptômes de la leptospirose ressemblent à ceux de la grippe, avec la fièvre ou encore les douleurs articulaires et musculaires. Mais le plus grave, c’est que la maladie peut être fatale dans 10 à 20%, avec les personnes contaminées pouvant souffrir de graves complications qui peuvent affecter leurs reins, leur foie, et leur causer des problèmes pulmonaires et cardiovasculaires. L’année dernière, nous avions eu 41 cas et neuf décès. Cette année, on a eu neuf cas et trois décès pour le moment.»

Appel à la vigilance : «La situation est sous contrôle. Il ne faut pas céder à la panique. Mais il faut prendre des précautions et être vigilants, surtout ceux qui font des métiers à risque, c’est-à-dire les travailleurs manuels comme les laboureurs et les éboueurs, ceux qui travaillent dans les collectivités locales, etc. Il faut se servir d’équipements de protection. Les bottes et les gants sont de mise. Il faut aussi faire attention à se protéger des rats et prévenir leur présence dans notre environnement. Il faut, par exemple, s’assurer de garder les poubelles fermées. Il y a aussi une Rodent Control Unit qui est disponible. Elle se rend dans les endroits comme les hôpitaux, par exemple, pour voir s’il y a des rats. Quand il y a des soupçons de présence de rats, l’unité en question se rend sur place pour contrôler la présence des rongeurs. À Maurice, la leptospirose est véhiculée particulièrement par les rats. Dans la littérature médicale, il y a d’autres animaux qui sont responsables de la leptospirose, mais à Maurice, nous avons remarqué que ce sont les rats qui sont concernés. À La Réunion aussi, il y a eu des cas. La leptospirose n’est pas à banaliser. Dès qu’une personne a des symptômes, il ne faut pas tarder. Si on s’y prend tôt, on peut traiter le mal. C’est une maladie bactérienne et on peut la traiter avec les antibiotiques. Dès les premiers symptômes, il faut donc aller voir un médecin. Ce dernier va alors diagnostiquer le patient et le traiter. Si on tarde, ça peut devenir difficile à soigner. »

«Les cas de chikungunya augmentent tous les jours ; les Mauriciens doivent être prudents»

Le chikungunya en question : «Le nombre de personnes contaminées au chikungunya est en hausse. Selon les chiffres datant du mercredi 18 février, 15 nouveaux cas ont été détectés.»

Constat : «On a remarqué que les contaminations viennent davantage de la région Stanley/Rose-Hill, Plaisance, Roches-Brunes et Camp-Levieux. Ce sont les endroits où nous enregistrons encore des cas. Voilà quelques semaines déjà que cette tendance perdure. Un cas a aussi été détecté à Cité La Cure et un autre à Port-Louis, mais on n’a pas encore identifié où exactement. À Quatre-Bornes aussi, on a eu deux cas. On constate que d’autres endroits sont aussi concernés. On se doit d’être très vigilant. À ce mercredi, nous avions donc enregistré 93 cas de chikungunya depuis le début de l’année et nous avons 28 cas actifs.»

Les symptômes : «La plupart des personnes concernées se sont présentées avec des douleurs articulaires. Elles avaient aussi une petite fièvre, mais elles avaient surtout des douleurs articulaires, dont les symptômes sont plus prédominants.»

Appel à la vigilance : «C’est très important en cette période que les Mauriciens utilisent des crèmes anti-moustiques pour prévenir des piqûres. Il est aussi conseillé de porter des vêtements qui couvrent convenablement. Pour ceux qui ont des bébés, il est conseillé d’utiliser des moustiquaires. Ce qui est très important également, c’est que les Mauriciens doivent faire attention à se débarrasser des gîtes larvaires dans leur cour, c’est-à-dire nettoyer ces endroits où les moustiques prolifèrent et où ils peuvent pondre. Par exemple, les dessous des pots de fleurs doivent être vidés régulièrement, soit deux fois par semaine. Il faut aussi couvrir les réservoirs d’eau pour empêcher les moustiques d’y avoir accès. Il faut aussi vérifier les vieilles roues qui sont entreposées ça et là et s’assurer que les boîtes de conserves et autres objets usagers soient dans des poubelles fermées pour prévenir la prolifération des moustiques. Il faut donc s’assurer que son environnement soit propre en s’adonnant, par exemple, au nettoyage de la cour. Le hotline 8924 est à la disposition du public. Tout le monde peut téléphoner pour avoir des renseignements. Les Mauriciens peuvent aussi contacter des inspecteurs du sanitaire dans leur région pour faire des doléances et des réclamations si jamais il y a des problèmes comme la présence de terrains en friche qui ne sont pas bien entretenus et qui sont des endroits à risque pour la prolifération de moustiques. Les collectivités locales, le ministère de l’Environnement et les autres instances pourront alors aider. Concernant le chikungunya, on voit que les cas augmentent tous les jours. Les Mauriciens doivent être prudents. La vigilance est de mise...»

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