Arrêter de fumer n’est jamais une décision facile ; tout dépend de votre volonté. Selon le Dr Nooruddin Jahn, médecin généraliste, il n’est jamais trop tard pour arrêter. Le médecin explique que le corps commence à se réparer presque immédiatement après la dernière cigarette. «Les changements remarquables qui se produisent au fil des heures, des jours, des semaines et des années sont véritablement étonnants et mettent en évidence l’incroyable capacité du corps humain à se rétablir», souligne-t-il.

Pourquoi est-il difficile d’arrêter de fumer, docteur ? Selon le Dr Nooruddin Jahn, plusieurs facteurs peuvent expliquer pourquoi il est souvent difficile d’arrêter de fumer. À Maurice, estime-t-il, le tabagisme débute parfois dès l’école, où certains jeunes voient la cigarette comme un moyen de paraître «cool», tendance ou plus viril devant les autres. Avec le temps, cette habitude finit par s’installer et laisse place à une véritable dépendance à la nicotine. La pression du groupe peut également jouer un rôle important, surtout chez les jeunes. «Rapidement, une ou deux cigarettes ne suffisent plus à satisfaire leur besoin de nicotine, et leur consommation augmente progressivement», explique le médecin.
Le Dr Nooruddin Jahn souligne aussi que certaines personnes se tournent vers le tabac pour tenter de gérer le stress, les pressions professionnelles ou encore certaines difficultés personnelles. Une situation qui rend souvent l’arrêt encore plus compliqué, malgré la prise de conscience des risques pour la santé. Mais saviez-vous que quand vous arrêtez de fumer, vous faites du bien à votre corps mais vous retrouvez un mode de vie plus sain ?
Que se passe-t-il quand on arrête de fumer ? Au-delà des effets visibles sur la santé physique, le bien-être psychologique peut également s’améliorer avec le temps. Certaines personnes retrouvent progressivement une meilleure qualité de sommeil, moins d’essoufflement et davantage d’énergie au quotidien. Le Dr Nooruddin Jahn ajoute aussi que plusieurs fonctions affectées par le tabagisme peuvent évoluer de manière positive après l’arrêt du tabac. Le temps de réaction, la concentration, l’endurance physique ou encore la libido peuvent s’améliorer progressivement. L’état de santé général suit lui aussi cette évolution.Même si les premières semaines peuvent être difficiles en raison du manque et des envies de fumer, le médecin insiste sur un point : le corps possède une capacité remarquable de guérison lorsqu’on lui en donne l’occasion.
Le corps peut-il réellement se réparer après l’arrêt du tabac ? À cette question, le Dr Nooruddin Jahn affirme que oui, d’ailleurs, de nombreuses études l’ont démontré. Selon lui, les améliorations peuvent être observées progressivement, aussi bien sur le plan physique que psychologique. Des personnes autrefois rapidement essoufflées après un effort minime retrouvent peu à peu leur endurance et parviennent à maintenir une activité physique plus longtemps.
Le médecin explique également que certaines crises d’anxiété peuvent devenir moins fréquentes avec le temps. Les épisodes de colère diminuent souvent en intensité et la régulation des émotions peut s’améliorer après l’arrêt du tabac. L’appétit revient progressivement, tandis que les irritations de la gorge et les palpitations ont tendance à diminuer. Le tabac peut aussi avoir un impact sur la fertilité. Le Dr Nooruddin Jahn souligne que certains couples ayant rencontré des difficultés à concevoir ont observé des changements positifs après plusieurs mois sans cigarette. Après environ huit heures sans tabac, le taux d’oxygène dans le sang retrouve un niveau normal. Puis, au bout de 12 heures, la nicotine est totalement éliminée de la circulation sanguine. Une étape importante qui contribue notamment à réduire les risques de crise cardiaque.
Que se passe-t-il dans le corps après 24 heures sans fumer ? Dès l’arrêt du tabac, le rythme cardiaque diminue et la tension artérielle commence à se normaliser dès la première heure. En 24 heures, les niveaux de monoxyde de carbone et de nicotine baissent considérablement. Les poumons deviennent moins irrités, car ils ne sont plus exposés en permanence à la fumée. Progressivement, la production de dopamine retrouve son équilibre naturel sans apport de nicotine. Après 6 à 9 mois, les poumons continuent de se réparer et le système immunitaire se renforce. Après un an, le risque de crise cardiaque diminue de près de moitié. Enfin, après environ dix ans, le risque de cancer du poumon se rapproche de celui d’une personne n’ayant jamais fumé.
Les poumons peuvent-ils redevenir normaux après des années de tabagisme ? «Eh bien oui, c’est tout à fait possible. La récupération demande du temps et varie selon chaque fumeur ainsi que plusieurs facteurs. Par exemple, un fumeur chronique depuis plus de 10 à 15 ans aura naturellement besoin de davantage de temps pour guérir qu’une personne ayant fumé seulement quelques mois», explique le Dr Nooruddin Jahn. Le médecin précise que le corps ne se répare pas du jour au lendemain. Des études montrent qu’il peut parfois falloir une dizaine d’années, voire plus, pour que les poumons retrouvent un fonctionnement proche de la normale. Cependant, il insiste sur un point important : les patients ne doivent pas se décourager. Même si le chemin peut sembler long, chaque période sans cigarette reste bénéfique pour l’organisme. Avec de la détermination et de la persévérance, la récupération demeure possible.
Le stress et l’anxiété peuvent-ils augmenter pendant l’arrêt du tabac ? Évidemment. Le tabac libère de la nicotine, une substance qui agit sur le cerveau et procure une sensation de soulagement et de récompense. Avec le temps, le cerveau s’adapte et produit moins de dopamine naturellement. Ainsi, sans cigarette, une personne peut ressentir de l’anxiété, de l’agitation et un certain inconfort. Arrêter de fumer ne consiste pas seulement à briser une habitude ; il s’agit aussi de permettre au cerveau de retrouver progressivement son équilibre. C’est pourquoi le sevrage est souvent ressenti d’abord sur le plan mental avant le plan physique. Cela explique également pourquoi la seule volonté ne suffit pas toujours. Arrêter demande du temps, de la persévérance, du soutien et parfois plusieurs tentatives.
Existe-t-il une bonne méthode pour arrêter de fumer ? Pour le Dr Nooruddin Jahn, il n’existe pas de méthode miracle pour arrêter de fumer, mais certaines habitudes peuvent grandement faciliter le sevrage. Le médecin conseille à ses patients plusieurs approches simples et concrètes pour les aider à tenir sur la durée. Voyons voir…
La première étape consiste à préparer son environnement. Il recommande de retirer les cendriers, jeter les briquets et éliminer tout ce qui peut rappeler la cigarette au quotidien. Créer un espace sans tabac permet de réduire les tentations et d’aborder cette transition plus sereinement. Le médecin insiste aussi sur l’importance de comprendre ses déclencheurs. Après un repas, devant un film, lors d’un moment de stress ou en présence d’amis fumeurs, certaines situations réveillent automatiquement l’envie de fumer. «Il faut apprendre à identifier ces moments et s’y préparer mentalement», explique-t-il.
Selon lui, mettre en place une stratégie adaptée reste essentiel. Certaines personnes choisissent les substituts nicotiniques, d’autres préfèrent diminuer progressivement leur consommation, pratiquer une activité physique ou se faire accompagner psychologiquement. Le soutien de proches bienveillants peut également faire la différence. Le Dr Nooruddin Jahn rappelle aussi que les symptômes du sevrage sont normaux. Les envies de fumer, l’irritabilité ou encore le stress peuvent apparaître dans les premières semaines. Pour y faire face, il conseille de bien s’hydrater, de respirer profondément et de garder des collations saines à portée de main afin d’éviter de remplacer la cigarette par d’autres mauvaises habitudes.
Changer certaines routines peut aussi aider. Éviter les endroits enfumés ou remplacer les anciennes habitudes liées au tabac par des activités plus saines permet d’occuper à la fois l’esprit et le corps. Enfin, le médecin tient à dédramatiser les rechutes. «Une rechute ne signifie pas un échec», souligne-t-il. L’essentiel est de reprendre son objectif sans culpabiliser, d’apprendre de cette expérience et de continuer à avancer vers un arrêt définitif du tabac.