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24 mars 2026 15:56
Nous le savions déjà : le conflit au Moyen-Orient ne sera pas sans conséquences pour Maurice, un pays fortement dépendant des importations. Ce mardi, à l’Assemblée nationale, le ministre du Commerce et de la Protection des consommateurs, Michaël Sik Yuen, a reconnu que la situation internationale pèse déjà sur le pouvoir d’achat des ménages.
Répondant à une question du leader de l’opposition, Joe Lesjongard, il a expliqué que la hausse des prix à l’échelle mondiale et les perturbations dans les livraisons affectent directement le pays, qui sera de plus en plus sous pression en raison du conflit.
Il prévoit une hausse des prix du pétrole et des produits alimentaires dans les semaines à venir, ce qui aura un impact considérable sur les ménages. L’inflation, initialement prévue entre 3,6 % et 4 % pour 2026, pourrait atteindre, a-t-il souligné, jusqu’à 6 % si la tendance se maintient.
Ce qui s’ensuivra, c’est un effet domino. Avec la hausse du carburant, une augmentation des coûts de transport, mais aussi de production et de distribution, est à prévoir. Les produits alimentaires importés deviendront eux aussi plus chers, notamment en raison de la hausse du prix des engrais. À cela s’ajoutent des retards dans les livraisons et des difficultés d’approvisionnement, liées aux perturbations causées par la guerre, qui en est à sa troisième semaine.
Le ministre a également mis en garde contre une série de risques, dont une facture d’importation plus élevée, une pression accrue sur l’économie, ainsi que des impacts possibles sur les investissements étrangers et le secteur touristique.
Face à cette situation, un comité de haut niveau, présidé par le Financial Secretary, a été mis en place. Il aura pour objectif de suivre de près l’évolution de la crise et de proposer des mesures pour en limiter les effets, en particulier pour les petites entreprises et les foyers les plus vulnérables.
Outre le volet consommation, la crise affectera aussi l’approvisionnement énergétique du pays, notamment au niveau de l’accès à l’huile lourde, qui est grandement utilisée pour la production d’électricité. Hier, lundi 23 mars, le ministre de l’Énergie, Patrick Assirvaden, a, lors d’une conférence de presse, fait le point sur la situation qu’il a comparée aux défis rencontrés pendant la pandémie de Covid-19. Un navire transportant 33 000 tonnes métriques d’huile lourde a quitté Singapour le 21 mars et devrait arriver à Maurice le 1er avril. En attendant, une utilisation plus efficace de l’énergie est préconisée par les autorités, qui envisagent de mettre en place des mesures pour limiter la consommation.
Les grandes entreprises et certains ministères, identifiés comme de gros consommateurs, seraient particulièrement ciblés. Le public est aussi appelé à faire preuve de prudence.
Des réglementations plus strictes, accompagnées de sanctions, devraient entrer en vigueur prochainement. Les amendes pour gaspillage d’électricité devraient être revues à la hausse afin de limiter au maximum le gaspillage.
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