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Arnaque présumée

Des Mauriciens dénoncent une fausse audition autour de The Voice

3 février 2026

L’affiche de l’événement qui a circulé sur les réseaux sociaux.

Attirés par la promesse de participer à The Voice, près d’une centaine de Mauriciens auraient été victimes d’une arnaque en ligne. De fausses auditions, annoncées sur les réseaux sociaux à l’aide de logos utilisés sans autorisation, auraient servi à soutirer de l’argent à plusieurs candidats. La police a déjà été alertée.

L’affaire fait grand bruit depuis quelques jours déjà. Des Mauriciens dénoncent une présumée arnaque liée à de supposées auditions du télé-crochet international The Voice, promues sur les réseaux sociaux depuis novembre 2025. Près d’une centaine de personnes, amateurs de chant ou artistes confirmés, estiment avoir été arnaquées par une fausse franchise utilisant abusivement des logos de médias et d’institutions connues afin de crédibiliser l’opération.

Tout a débuté, disent les plaignants, lorsqu’une publicité en ligne a annoncé l’ouverture d’auditions locales pour The Voice. Le visuel reprenait fidèlement les codes de l’émission internationale, notamment le célèbre logo représentant une main tenant un micro, ainsi que les logos de plusieurs médias mauriciens, de chaînes étrangères et du J&J Auditorium, présenté comme le lieu officiel de l’événement. Séduits par la perspective de participer à un programme de renommée mondiale, de nombreux candidats se sont inscrits.

Le processus se serait déroulé entièrement en ligne. Après un premier contact via WhatsApp, les participants auraient été invités à envoyer une vidéo de démonstration de leur performance vocale et à s’acquitter de frais d’inscription de Rs 1 000 via paiement mobile. «On a tous cru que c’était vraiment The Voice. Tout paraissait tellement vrai. J’ai envoyé Rs 1 000 par virement bancaire», nous dit une jeune femme qui a toujours voué une passion à la chanson.

Par la suite, d’autres sommes auraient été réclamées, notamment pour l’achat de billets destinés aux proches souhaitant assister aux auditions. Selon les plaignants, plusieurs catégories étaient proposées, avec des tarifs allant de Rs 1 000 à Rs 4 000. Certains affirment avoir déboursé jusqu’à Rs 14 000. L’un d’eux, venant de Rodrigues, dit avoir déjà payé les frais de participation ainsi que des frais de logement à Maurice.

Les premiers doutes sont apparus lorsque l’agence organisatrice aurait informé les candidats, quelques jours avant la date prévue des auditions, qu’un «problème interne» est survenu. Selon les messages transmis via WhatsApp, un employé aurait détourné une somme d’environ Rs 150 000, rendant impossible la tenue de l’événement. Les auditions, initialement annoncées pour début février, auraient alors été annulées.

Face à cette situation, plusieurs participants ont réclamé un remboursement. Ils auraient été invités à transmettre leurs coordonnées bancaires et leurs preuves de paiement, tout en étant parfois renvoyés vers la personne ayant encaissé les fonds. Certains affirment n’avoir reçu aucun remboursement à ce jour. D’après plusieurs témoignages, une centaine de personnes seraient concernées par cette affaire.

Les soupçons se sont renforcés lorsqu’il a été révélé que le J&J Auditorium n’avait jamais enregistré de réservation pour ces prétendues auditions. «Nous avons mené une petite enquête. Elle révèle que l’organisation avait uniquement demandé une quotation pour la tenue des auditions à la direction du J&J Auditorium», souligne notre interlocutrice.

La direction de la salle a formellement démenti toute implication dans un communiqué. Par ailleurs, des proches de candidats affirment que les locaux de la société mentionnée sur les visuels promotionnels seraient inoccupés depuis décembre 2025.

Autre élément troublant : l’utilisation frauduleuse du logo d’un groupe de presse local ainsi que ceux d’autres entités, sans aucune autorisation. Ledit groupe de presse a publiquement démenti tout lien avec ces auditions et se réserve le droit d’engager des poursuites légales contre les auteurs de cette utilisation abusive.

Estimant avoir été victimes d’une escroquerie bien orchestrée, plusieurs de ceux qui s'étaient inscrits se sont rendus au Central Criminal Investigation Department durant la semaine écoulée pour porter plainte. L’organisateur est resté injoignable. Ce dernier est déjà fiché à la police pour des délits similaires dans le passé.

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