Le ton était ferme à l’Assemblée nationale ce mardi 19 mai. Face aux parlementaires, le Premier ministre Navin Ramgoolam a réaffirmé son engagement en faveur des libertés fondamentales, tout en révélant l’existence présumée d’un vaste dispositif de surveillance mis en place sous l’ancien gouvernement.
«La protection de la liberté d’expression et du droit à la vie privée est inscrite dans notre Constitution. Toute forme d’interception ou de mise sur écoute illégale constitue une violation directe de la Constitution et des droits et libertés fondamentaux qui y sont consacrés», a déclaré le chef du gouvernement en réponse à une question parlementaire sur l’interception des télécommunications.
Selon Navin Ramgoolam, l’ancien régime aurait installé, à grands frais pour les contribuables, un système électronique ultra-sophistiqué capable d’espionner la population à grande échelle. Appels téléphoniques, SMS, e-mails, messageries instantanées et échanges sur les réseaux sociaux pouvaient être interceptés en temps réel.
Le Premier ministre affirme que cette surveillance touchait tous les secteurs de la société : membres du gouvernement, opposition, magistrature, organisations de la société civile et simples citoyens. Les données collectées auraient ensuite été stockées dans un centre secret, à des fins qu’il juge «sans rapport avec la sécurité nationale ou les enquêtes criminelles».
Navin Ramgoolam assure avoir ordonné le démantèlement immédiat du système, désormais «hors service et inopérant». Une enquête pénale est en cours. «Des arrestations ont déjà eu lieu et d’autres sont attendues», a-t-il précisé. Le chef du gouvernement a toutefois rappelé que certaines formes de surveillance restent nécessaires dans le cadre d’enquêtes criminelles et pour la sécurité nationale. Il a annoncé de futures réformes législatives afin d’encadrer strictement ces pratiques, avec des mécanismes indépendants destinés à garantir «une utilisation proportionnée et légale de ces pouvoirs»