Une mission d’autonomisation
Miser sur l’autonomisation des femmes pour briser le cycle de la précarité. Leur donner, grâce à la formation, les outils nécessaires pour se mettre debout prendre leur vie en main et subvenir aux besoins de leurs familles. C’est la mission que s’est donnée la fondation Fam-Unie, association qui opère au cœur de Ti Rodrigues, à Cité-la-Cure, depuis quatre ans, auprès des femmes vulnérables de la région. Au quotidien, cet engagement se traduit par un accompagnement de proximité axé sur le développement de compétences, la confiance en soi et la possibilité de participer et de développer des activités professionnelles pouvant générer des revenus et ainsi offrir aux bénéficiaires les moyens de bâtir un avenir plus stable et plus durable.
Un accompagnement adapté
Le but, explique la co-fondatrice Annick Corroy, est de permettre à des femmes en situation de vulnérabilité de la région de Cité La Cure de devenir autonomes sur tous les plans, que ce soit personnel, social ou économique. «À travers des formations pratiques et un accompagnement adapté, le projet vise à leur donner les compétences, la confiance et les moyens nécessaires pour générer un revenu durable, améliorer leurs conditions de vie et devenir des actrices de leur développement, de celui de leur famille et, pourquoi pas, de leur village. L’autonomisation se traduit par la capacité des participantes à acquérir un savoir-faire valorisable, à développer une activité génératrice de revenus et à prendre des décisions en toute indépendance concernant leur avenir et celui de leur famille.» Mais ce n’est pas tout. Outre la formation professionnelle, l’encadrement va bien plus loin. «Au-delà de l’apprentissage artisanal, il s’agit de renforcer leur estime de soi, leur confiance en leurs capacités et leur pouvoir d’agir afin qu’elles puissent construire un avenir plus stable et durable.»
Bien plus qu’un programme
En effet, à travers son programme EMPOWER-HER, qui allie accompagnement, apprentissage et autonomisation, l’ONG accompagne plusieurs femmes, âgées entre 18 à 60 ans. Entre développement des compétences de vie, enseignement de l’alphabétisation fonctionnelle et formations artisanales, la fondation FAM-UNIE souhaite favoriser l’indépendance financière de ses bénéficiaires tout en favorisant leur inclusion sociale. Pour ce faire, l’association propose plusieurs formations aux métiers artisanaux, notamment la confection de bijoux, la broderie, la couture, la peinture décorative, la fabrication de savons, de bougies, de pâtisseries, de sacs ou encore de peluches. Ces créations sont ensuite commercialisées afin de procurer à ces femmes une source de revenus. En parallèle, elles ont aussi droit à des cours pour développer la communication, la gestion budgétaire ou encore le sens de l’entrepreneuriat.
Briser le cycle
À l’issue du programme, souligne Annick Corroy, les bénéficiaires devraient pouvoir se lancer. «Nous attendons que les participantes soient en mesure de produire et commercialiser leurs créations artisanales, telles que des bougies, des savons, des bijoux, des objets de couture et des gâteaux traditionnelles mauriciennes, leur permettant ainsi de générer un revenu complémentaire ou principal. Sur le plan social, nous souhaitons observer une amélioration de leur confiance en elles, un renforcement de leur intégration au sein de la communauté et une plus grande participation à la vie économique locale. À plus long terme, le projet ambitionne de contribuer à briser le cycle de la précarité en favorisant l’indépendance financière des bénéficiaires, tout en valorisant le patrimoine culturel mauricien à travers leurs créations artisanales.»
Un changement durable
Au-delà de l’apprentissage d’un métier, l’initiative vise à favoriser la création de microentreprises durables, à renforcer la résilience financière des femmes et des familles tout en encourageant la participation des femmes à la vie communautaire, ce qui aidera à réduire leur vulnérabilité sociale. Le projet, souligne Annick Corroy, s’adresse principalement à des femmes sans emploi qui sont souvent confrontées au chômage, à un faible niveau d’alphabétisation, à l’instabilité financière et à un accès limité à la formation professionnelle. Pour la Fondation Fam-Unie, investir dans ces femmes, c’est aussi investir dans le développement de leurs familles et de leur communauté. Annick Corroy en est persuadée. «Au-delà de l'aspect économique, nous espérons observer un véritable changement social : des femmes plus confiantes, plus autonomes dans leurs prises de décision, davantage impliquées dans leur communauté et mieux équipées pour offrir un avenir plus stable à leur famille. Notre ambition est de leur donner les moyens de sortir durablement de la précarité.»
Des chiffres encourageants
Les résultats obtenus jusqu’à présent sont encourageants. Plus de 200 femmes ont déjà bénéficié des différents programmes mis en place par la Fondation et une trentaine d’entre elles perçoivent aujourd’hui un revenu mensuel stable grâce à leur activité artisanale.
Un appel au soutien
Forte de cette expérience, la Fondation souhaite non seulement poursuivre son action mais aussi étendre son programme à davantage de femmes vulnérables de Cité La Cure mais aussi d’autres régions. Annick Corroy lance un appel au soutien financier afin d’accompagner de nouvelles bénéficiaires au cours des 12 prochains mois. «Chaque contribution, quelle que soit son ampleur, représente une opportunité de transformer une vie. En soutenant le projet Empower-Her, les Mauriciens et les entreprises investissent dans une initiative qui défend "le beau et le bon" à travers des formations valorisantes et un accompagnement concret vers l’autonomie économique. Les bénéficiaires ne sont pas seulement formées : elles créent des produits artisanaux tangibles, porteurs de sens et de savoir-faire, qui peuvent être découverts et évalués sur le site officiel de la Fondation : www.famuniefoundation.mu. Ce lien direct entre formation et production permet de mesurer concrètement l’impact du programme et la qualité du travail réalisé.»
Les fonds récoltés serviront non seulement à financer les formations dispensées par des formateurs qualifiés, mais aussi à assurer la coordination, le suivi administratif et le fonctionnement du projet. «Notre objectif est de former 60 femmes supplémentaires au cours des 12 prochains mois grâce à des formations professionnelles et entrepreneuriales. Nous souhaitons qu’elles soient capables de produire et de commercialiser leurs créations artisanales, de générer un revenu complémentaire ou principal et de créer leur propre micro-entreprise», indique notre interlocutrice.
