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Féminicides et drogue de synthèse : une nécessaire réflexion

1 novembre 2025

Acteur de la société civile, penseur d’un mieux-vivre local, l’auteur s’interroge sur les fléaux qui minent notre société.

2025 semble être une année record pour les féminicides et la prolifération de la drogue de synthèse. Pas un jour ne passe sans que nous voyions en live ou sur les réseaux sociaux des scènes de nombreux jeunes et moins jeunes sous l’emprise de stupéfiants chimiques. Quant aux actes de violences menant, que trop souvent, jusqu’à la mort, ils sont devenus quasi quotidiens !

Devant une telle recrudescence, il est compréhensible que tout citoyen qui se respecte profite de l’accès interactif et instantané à la communication pour réagir. C’est ainsi, qu’il n’est pas rare de voir resurgir la proposition d’une réintroduction de la peine de mort pour contrer les meurtriers et la dépénalisation, voire même, la légalisation du cannabis pour faire mettre un frein aux ravages de la drogue de synthèse.

Tout en comprenant l’urgence de solutions immédiates à ces fléaux, il est crucial de plonger dans l’historique d’une maladie, comprendre ses complexités, anticiper les contre indications des médicaments et aussi les effets secondaires pour appliquer une thérapie.

Or, c’est bien là où le bât blesse dans notre monde moderne. Nous fuyons l’analyse et la complexité. Nous aimons le prêt à porter, le tout cuit et préférons la dictature du plus grand nombre, des likes, du buzz sur les réseaux sociaux.

Si un système marche bien mais s’il ne répond pas à l’approbation populaire, c’est-à-dire du numériquement supérieure, nous la rejetons. Par exemple, Singapore est critiquée pour la sévérité excessive de ses lois mais celles-ci contribuent à porter des résultats.

A Maurice, nous sommes passés, en quelques décennies, d’une économie agraire à une économie de service en passant par une phase industrielle sans pour autant anticiper et préparer notre pays aux déconstructions sociales que ces changements impliquent.

La famille et les femmes des années 70 ne sont pas les mêmes que celles du 21eme siècle. Avons-nous renforcit nos racines pour supporter les rafales du progrès ?

Je vous donne un simple exemple, la sexualité, parlons-en. A-t-elle été bien comprise, bien encadrée dans le contexte actuel, ou, alors avons-nous toujours favorisé la politique hypocrite de l’autruche ?

Alors que notre éducation nationale, dans le sens large du terme, tergiverse encore entre les gardiens des portes du ciel et ceux qui font la part belle à la politique du bouz fix, l’éducation sexuelle de nos enfants se fait, en un clic, a travers les sites pornographiques sur le smartphone !

Or, seuls les tartuffes viendront contredire que l’initiation à la drogue est souvent associée à la performance sexuelle ! Seuls les ignorants pourront opposer l’idée qu’une éducation à la sexualité mal alignée à nos réalités sociologiques est une source de frustration qui peut mener aux situations les plus tragiques.

Ce n’est la qu’un exemple des dérives de l’absence d’une analyse approfondie de nos maux sociaux, du refus d’aller à la racine du mal, de la réconciliation malsaine avec le statuquo.

Les choses ne s’arrangent pas d’elles-mêmes dans un monde qui change à la vitesse supérieure de jour en jour. Pour changer de menu nous devons nous contraindre à changer la recette !

par ALAIN JEANNOT

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