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Grande rentrée : comment se remettre dans le bain !

7 janvier 2026

En un clin d’œil ! Hier encore : la préparation des fêtes, l’attente de lafaya des cadeaux, des repas, des feux d’artifices…Et là, presque comme une douche froide, il faut penser à la rentrée : les uniformes, les livres et la recherche de la motivation pour s’y remettre soi et… ses enfants, surtout ! Ce moment arrive souvent avec un mélange d’excitation et d’angoisse. Finies les grasses matinées, les horaires flottants et les soirées qui s’étirent. Place aux réveils qui sonnent trop tôt, aux agendas qui se remplissent et à la fameuse question :comment reprendre un rythme sans tout bousculer ? La bonne nouvelle, c’est que le cerveau – adulte comme enfant – adore la routine. Encore faut-il la réinstaller avec douceur. Reprendre le rythme, ce n’est pas une question de discipline stricte, mais de progressivité, de régularité et de sécurité émotionnelle. Le cerveau apprend mieux quand il se sent rassuré et cela vaut à tout âge. Comment y arriver ? On vous dit tout !

1. Comprendre que la transition est une étape, pas un échec. Se sentir débordé.e, fatigué.e ou irritable à l’approche de la rentrée est normal. Le cerveau doit passer d’un mode relâché à un mode structuré, et cela demande du temps.

À retenir : viser une reprise progressive est bien plus efficace que vouloir «tout remettre d’un coup».

2. Reprendre le rythme, c’est d’abord régler l’horloge interne. Selon le neuroscientifique et psychologue Matthew Walker, spécialiste du sommeil : «Sleep is the foundation upon which mental and physical health are built» (Livre : Why We Sleep). Avant même de parler devoirs ou organisation, le sommeil est la priorité absolue. Sans lui, attention, humeur et motivation s’effondrent.

Conseil clé : avancer progressivement l’heure du coucher et du réveil, par tranches de 15 à 20 minutes tous les deux ou trois jours. Vous avez le temps !

3. Pour les enfants : la routine avant l’autorité. La psychologue pour enfants Isabelle Filliozat insiste : «Les enfants coopèrent mieux quand ils comprennent ce qui se passe et s’y sentent en sécurité» (Livre : J’ai tout essayé !). Imposer brutalement une nouvelle heure de coucher crée résistance et stress. En revanche, ritualiser apaise le système nerveux.

Exemple de routine du soir : dîner à heure fixe, moment calme (lecture, dessin, discussion), lumière tamisée, coucher à heure régulière. La répétition crée un signal de sécurité pour le cerveau de l’enfant.

4. Le cerveau aime les repères visibles. Le psychologue Christophe André rappelle : «La régularité rassure le cerveau et diminue l’anxiété» (Livre : Méditer, jour après jour). Un emploi du temps clair, affiché ou discuté ensemble, aide petits et grands à se projeter.

Astuce : verbaliser les semaines à venir («lundi chez tatie Milena, mardi journée fun au Jardin de Pamplemousses avec les cousins.es…mardi, la rentrée de l’école») aide l’enfant à anticiper et réduit les angoisses diffuses.

5. Reprendre le rythme ne veut pas dire supprimer le plaisir. La psychologue Brené Brown rappelle un point essentiel : «Nous n’avons pas besoin de choisir entre la structure et la joie» (Podcast : Unlocking Us). Une rentrée réussie n’est pas une rentrée austère. Maintenir des moments agréables (jeu, discussion, temps libre) est crucial pour l’équilibre émotionnel.

Important : un enfant reposé mais privé de plaisir sera tout aussi en difficulté qu’un enfant fatigué.

6. Les écrans : un frein majeur au sommeil. Le psychiatre Serge Tisseron souligne : «Les écrans retardent l’endormissement et perturbent la qualité du sommeil» (Interview : France Inter).

Règle progressive : pas d’écrans au moins une heure avant le coucher, surtout pour les enfants. La lumière bleue perturbe la sécrétion de mélatonine, l’hormone du sommeil.

7. Les parents aussi doivent se réadapter. Les enfants sentent tout. Si les adultes sont stressés.es, pressés.es ou épuisés.es, le climat émotionnel en pâtit. La psychologue Emmanuelle Piquet rappelle : «Les enfants s’ajustent sur l’état émotionnel des adultes» (Conférences sur la régulation émotionnelle).

Prenez soin de votre propre rythme : sommeil, repas, respiration, pauses. Ce n’est pas du luxe, c’est un modèle.

Les erreurs fréquentes (et pourquoi elles sabotent le rythme)

❌ Vouloir tout remettre en place en 48 heures. Repasser brutalement à des horaires stricts après des vacances crée stress, résistance et fatigue accumulée. Le cerveau – surtout celui des enfants – a besoin de progressivité pour s’adapter.

À la place : ajuster les horaires petit à petit (15-20 minutes), sur une à deux semaines.

❌ Confondre autorité et rigidité. Imposer sans expliquer peut provoquer opposition, anxiété ou repli.

À la place : expliquer le pourquoi des règles et ritualiser.

❌ Sous-estimer l’impact du manque de sommeil. Un enfant fatigué peut sembler «difficile», «excité» ou «inattentif», alors qu’il est simplement en dette de sommeil. Punir ne fait qu’aggraver la situation.

À la place : observer les signaux (pleurs, agitation, hypersensibilité) et réajustez le rythme.

❌ Laisser les écrans jusqu’au moment du coucher. La lumière bleue retarde l’endormissement et perturbe la qualité du sommeil.

À la place : instaurer une coupure claire au moins une heure avant le lit, avec une alternative calme.

❌ Surcharger l’emploi du temps trop vite. Reprendre l'école, les devoirs, le sport, les anniversaires et les activités en même temps est une recette classique pour l’épuisement… chez les enfants comme chez les parents.

À la place : étaler les reprises, garder des temps vides et observer le niveau d’énergie réel.

❌ Exiger que l’enfant soit «content». Dire «tu devrais être heureux.se, c’est la rentrée» nie les émotions réelles. Or, une émotion ignorée revient toujours plus fort.

À la place : accueillir les ressentis («tu as le droit d’être inquièt.e, excité.e, triste») sans chercher à les corriger.

❌ Oublier que les parents doivent aussi se réadapter. Un.e adulte stressé.e, pressé.e ou épuisé.e transmet involontairement cette tension. Les enfants se régulent d’abord par corégulation émotionnelle.

À la place : ajuster aussi votre rythme, accepter l’imperfection et ralentir quand c’est possible.

Le rappel psycho essentiel. Une rentrée réussie n’est pas celle où tout est sous contrôle, mais celle où le cerveau se sent en sécurité, soutenu et respecté.

Petit guide du sommeil

3 à 5 ans : la base se joue très tôt. Besoin de sommeil : 10 à 13 heures par nuit. À cet âge, le cerveau est en plein développement. Le manque de sommeil peut rapidement se traduire par de l’agitation, des colères ou une hypersensibilité.

Conseils clés : Coucher idéal entre 18h30 et 20 heures - Routine très stable (mêmes horaires, mêmes gestes chaque soir) - Éviter toute excitation après le dîner - Sieste encore possible, mais pas trop tard dans l’après-midi.

Astuce : avancer l’heure du coucher de 10 à 15 minutes tous les 2–3 jours avant la rentrée.

6 à 9 ans : la régularité avant tout. Besoin de sommeil : 9 à 11 heures. L’entrée à l’école primaire demande beaucoup d’énergie cognitive. Le sommeil est essentiel pour la concentration et la mémorisation.

Conseils clés : Coucher idéal entre 19h30 et 20h30 - Temps calme obligatoire avant le lit (lecture, discussion, dessin) - Pas d’écrans au moins 1 heure avant le coucher - Réveil à heure fixe, même le week-end (ou avec un léger décalage).

Astuce : préparer les affaires la veille pour diminuer le stress du matin… et celui du coucher.

10 à 12 ans : attention au faux «je ne suis pas fatigué.e». Besoin de sommeil : 9 à 10 heures. À l’approche de la préadolescence, les enfants résistent davantage au coucher, souvent à cause des écrans ou d’un besoin d’autonomie.

Conseils clés : Coucher entre 20h30 et 21h30 - Discuter du sommeil plutôt que l’imposer («ton cerveau en a besoin») - Écrans hors de la chambre si possible - Réveil lumineux ou musique douce plutôt qu’alarme brutale.

Astuce : expliquer le rôle du sommeil aide souvent plus que de répéter des ordres.

Adolescents : un rythme biologique décalé (et ce n’est pas de la paresse). Besoin de sommeil : 8 à 10 heures. Le cerveau adolescent sécrète la mélatonine plus tard. Résultat : ils ont naturellement envie de se coucher tard… mais doivent se lever tôt.

Conseils clés : Accepter une marge de flexibilité, sans lâcher complètement le cadre - Limiter les écrans le soir (le plus difficile, mais le plus crucial) - Encourager des rituels de déconnexion - Rattrapage de sommeil modéré le week-end (pas +2h).

Astuce : parler du sommeil comme d’un allié, pas comme d’une contrainte.

À retenir pour tous les âges

La progressivité est la clé - La régularité rassure le cerveau - Un enfant reposé est un enfant plus disponible émotionnellement - Le sommeil est un pilier de la santé mentale, pas un détail logistique.

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