Un autre virus qui fait peur et qui inquiète. Aujourd’hui, tous les regards sont braqués sur l’évolution de l’hantavirus, un virus présent dans l’urine, la salive ou les excréments des rongeurs sauvages infectés comme les rats et les souris. Cette maladie a été découverte pour la première fois lors de la guerre en Corée entre 1950 et 1953 et était jusqu’ici présente dans seulement quelques pays de l’Amérique du Nord et du Sud.
Cependant, des cas d’hantavirus ont été découverts vers la fin du mois d’avril sur le bateau de croisière MV Hondius qui avait quitté l’Argentine pour explorer l’Antarctique. Plusieurs passagers sont tombés malades avec des symptômes proches de la grippe pendant la croisière comme de la fièvre, de la fatigue, des maux de tête et des douleurs musculaires qui apparaissent normalement six semaines après exposition au virus. Dans les cas graves, les symptômes peuvent évoluer vers des difficultés à respirer et une atteinte des poumons pouvant devenir sérieuse.
Comme les médecins à bord ne pouvaient pas identifier la cause, les malades ont été évacués vers des hôpitaux. Des analyses plus poussées ont ensuite permis de découvrir qu’il s’agissait d’un hantavirus. Selon l’OMS, il s’agit du virus Andes, une forme rare d’hantavirus pouvant parfois se transmettre entre humains lors de contacts très proches et prolongés.
Les experts pensent qu’une personne était déjà infectée avant d’embarquer, puis que le virus a pu se transmettre à quelques autres passagers dans le bateau. Le 3 mai, trois décès à bord du bateau ont été confirmés. Il s’agit notamment d’un couple de Néerlandais et d’une Allemande. Quelques jours plus tard, les évacuations ont débuté progressivement. Les malades ont été transférés vers des hôpitaux, tandis que les autres ont été isolés pour éviter la propagation. À ce stade, six pays sont touchés par le hantavirus. Il s’agit des Pays-Bas, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Suisse, la France et les États-Unis. Le directeur de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, se veut toutefois rassurant et assure suivre la situation de près tout en précisant que «ce n’est pas un autre COVID».
À ce jour, il n’existe aucun traitement spécifique ou de médicament qui tue directement l’hantavirus. Les médecins soignent seulement les symptômes, surtout en aidant la respiration avec de l’oxygène et en surveillant les patients à l’hôpital.