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Par Yvonne Stephen
5 avril 2025 19:55
Une élection, surtout quand elle est régionale, permet aux citoyens.nes engagés.es, ou qui souhaitent s’engager, de faire entendre leur voix pour zot landrwa…
Il y a de la beauté dans l’engagement. Celui dont les motivations tissent des fils qui mènent à l’autre, pour un ouvrage qui évoque l’altruisme, l’envie de changer les choses, le désir de se donner, dans le cas des élections municipales, pour sa ville et pour ses voisins.es. C’est bien là, l’énergie qui mobilise les candidats.tes des partis dit «petits», parce qu’ils ne sont pas traditionnels, qu’ils n’ont pas, derrière eux, toute la logistique et l’exposition des formations politiques plus connues. Petit de par la structure et les moyens, donc. Mais pas de par la force de l’engagement. Alors, participer à des élections, c’est toute une aventure…
Une plongée dans un monde où, même si tous les regards semblent être braqués sur les candidats.es de l’Alliance du Changement, il est possible de faire la différence, à force de détermination. C’est ce que croient, en tout cas, les candidat.es de ces partis. C’est le souhait des frères Koodoruth, Fardeen et Farhan. Avec leur Mouvement Zeness Vacoas, plus connu sous le nom de Castel Scouts, ils oeuvrent à Vacoas-Phoenix (où ils sont candidats au Ward 5 et au Ward 6, respectivement) depuis des années.
Si chacun a un métier (Salesman pour l’un, chauffeur/propriétaire d’un camion pour l’autre), les frères sont poussés par une merveilleuse force intérieure pour agir pour le bien commun : «C’est notre religion qui nous inspire, nous sommes des croyants et des pratiquants. Elle nous dit qu’il faut ordonner le bien, empêcher le mal et propager la vérité. Alors, nous nous engageons.» Ils ont ainsi fait le pari de vivre cette expérience d’une vie – une première participation à des élections – dont les premières effluves ont été (res)senties lors du Nomination Day, ce samedi 5 avril.
Après viendra le temps de la campagne traditionnelle, avec le porte-à-porte, les réunions, et les bwar dite, koz-koze... Et celle qui se vit en ligne avec lives et posts pour convaincre le plus grand monde. Tout cela, pour, enfin, mener aux élections municipales qui auront lieu dans les villes le dimanche 4 mai. Face à Fardeen et Farhan, et toutes ces personnes engagées, il y a tout un mois de travail pour convaincre, rassurer et changer les mentalités. Pour que les électeurs.trices donnent leur chance à ceux.celles qui ne viennent pas de formation traditionnelle pour une approche de proximité.
C’est ainsi que Christopher Durhone évoque son engagement. Candidat au Ward 4 de Beau-Bassin-Rose-Hill pour En Avant Moris, il sait que sa force et celle des autres candidats.es de LM se trouvent là, dans ce lien avec le citadins.es, avec ses tracasseries du quotidien et ces obstacles qui rendent sa vie plus compliquée : «Nos membres sont des simples citoyens, mais des citoyens qui ont à cœur le bien-être de leurs villes et qui font un travail de proximité dans tous les recoins des villes. Nos 24 candidats sont de gens engagés dans la société civile, pas de politiciens, des gens que tout le monde connaît, accessibles.» C’est suite à ce travail de terrain que le manifeste du parti est là depuis trois ans et est disponible pour tous.tes à travers leur site web* (De l’abandon à l’abondance sur enavantmoris.com)*.
Aujourd’hui, Christopher Durhone parle de «dépolitiser cette élection», de revenir à la source et à ce qui est important : «Notre combat n’est pas contre les partis traditionnels mais contre la drogue, la pauvreté, l’insalubrité. Pendant trop longtemps, ces partis ont considéré ces élections comme un champ de bataille parti contre parti alors que c’est la population qui souffre.» Le candidat est optimiste. Il est persuadé que les citadins.es vont privilégier un vote plus authentique : «Après 10 ans, nous pouvons vivre à nouveau ces élections. Je sais que les électeurs vont voter avec intelligence, car on a besoin de personnes qui travaillent pour nos villes et pas de ti kopin-ti kopinn du gouvernement.»
Une alternance. C’est aussi le discours de Géraldine Hennequin-Joulia, fondatrice d’Idéal Démocrate qui propose 11 candidats à Curepipe : «L’idée, c’est de proposer autre chose, c’est la gestion de la ville pour le bien-être des citoyens. La génétique, l’ADN d’Idéal Démocrate, c’est d'avoir un travail de proximité et d’être auprès gens.» Un discours qui fait également écho à celui de Fardeen Koodoruth : «À chaque événement dan landrwa, mon frère et moi, nous donnons un coup de main. Nous sommes au courant des problèmes des habitants. Nous faisons ce que nous pouvons à notre niveau pour le moment. Nous ne comptons pas nos heures ; nepli rapel kan nounn pass enn moman laplaz avek lafami. Nou pa pe rod loner, grander. Mais imaginez si nous avions les moyens de faire mieux, plus ?»
Il évoque un incendie à Mesnil, le vendredi 4 avril : «Un monsieur, son épouse et ses trois enfants se retrouvent sans rien. Nous nous sommes mobilisés et en quelques heures, nous avons pu les aider à se reloger et à avoir le nécessaire.» Parle de cette vente à bas prix pour soulager les familles : «Nous avions acheté des pommes de terre et des oignons à prix coûtant et les avions revendus en baissant le prix.» Et mentionne ces problèmes pratiques qui impactent sa localité : l’absence d’abribus, les infrastructures (terrains de foot et de jeux, entre autres) laissées à l’abandon et le fléau de la drogue. Autant de sujets importants et nécessaires, sur lesquels son frère et lui souhaitent travailler. Au niveau régional, d’abord. Et ensuite ? Ils verront bien :«Pour avoir une flamme, il faut, d’abord, une étincelle.»
Et cette étincelle vient de leur engagement. Ils souhaitent qu’elle inspire et qu’elle produise une belle lumière pour tout le pays.
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