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Tué d’une balle en plein cœur au Chassé d’Au Villars 

Jonathan Koo Yan Too, le souvenir impérissable d’une âme lumineuse

16 juin 2026

Alors que la police scientifique et la MCIT explorent toutes les pistes pour faire la lumière sur la mort mystérieuse et tragique de Jonathan Koo Tan Too, les témoignages continuent d'affluer pour saluer la mémoire de cet habitant de Rose-Hill de 40 ans. Ses amis pleurent un homme «jovial, généreux et bienveillant», dont la joie de vivre restera gravée dans les mémoires.

Son corps inanimé a été retrouvé au Chassé d’Au Villars, à Midlands, avec une plaie béante au cœur. Trois jours plus tard, le mystère entourant les circonstances de la mort de Jonathan Koo Yan Too, 40 ans, reste entier. Sur le terrain, les limiers de la Criminal Investigation Division (CID) de Curepipe et de la Major Crime Investigation Team (MCIT) ainsi que la police scientifique multiplient toujours les battues et les prélèvements en quête d’indices pour résoudre cette affaire. Pour les proches de cet habitant de Rose-Hill, cependant, c’est une toute autre affaire. Une seule balle, précise et mortelle, a suffi pour que le temps s’arrête, les faisant basculer dans un cauchemar éveillé. Pour le moment, leur douleur est double, presque insoutenable. Outre le choc immense et cette disparition soudaine et brutale, qu’il leur faut accepter, le vide laissé par toutes ces questions qui demeurent, à ce stade, sans réponse, a transformé leur deuil en une véritable torture psychologique.

Ce jeudi 11 juin, qui respirait la normalité, est devenu le jour où tout a basculé. Gérant du Chassé d’Au Villars, à Midlands, Jonathan Koo Yan Too s’y était rendu dans l’après-midi pour nourrir les cerfs. Là où le silence est d’ordinaire roi, il a entendu deux détonations. En quelques mots tapés à la hâte aux alentours de 16h30, il en avait fait part à ses collègues sur un groupe Whatsapp, leur indiquant qu’il allait vérifier ce qui se passait. Nul ne se serait douté que cet ultime message deviendrait la pièce maîtresse d’une enquête pour meurtre. Inquiets de ne plus avoir des nouvelles de ses nouvelles durant les heures suivantes, quatre de ses collègues et amis se sont rendus sur les lieux dans la soirée et ont fait la découverte macabre. À côté de sa jeep – une Land Rover Defender grise –, dont les portières étaient restées ouvertes, gisait le corps du quadragénaire dans une mare de sang, avec une profonde blessure au cœur. Ses protections auditives étaient encore sur ses oreilles. Aussitôt, la police et les premiers secours ont été alertés. En arrivant sur place, un médecin du SAMU n’a pu que confirmer à ses amis ce qu'ils redoutaient : Jonathan Koo Yan Too avait déjà rendu l’âme. L’autopsie pratiquée par les médecins légistes Gungadin et Monvoisin a attribué son décès à un gunshot at the chest.

Arme introuvable

Après un premier examen des lieux, plusieurs pièces à conviction ont été récupérées par les enquêteurs, notamment un billet de Rs 1 000, une montre électronique, un couteau Suisse et le cellulaire de la victime. Ce qui préoccupe encore plus les limiers, c’est que Jonathan Koo Yan Too s’était rendu sur place muni de deux armes à feu, mais seule l’une d’elle a été retrouvée dans son véhicule – une Remington simple de calibre 12, avec une cartouche dans le canon. À ce stade, les enquêteurs privilégient la thèse selon laquelle la victime se serait retrouvée confrontée à des braconniers, mais ils restent ouverts à toute hypothèse. Les images des caméras de surveillance situées à proximité et dans les alentours sont en cours d’analyse. Tout porte à croire que l’individu ayant ôté la vie à Jonathan Koo Yan Too est un tireur expérimenté, vu la précision du tir. L’enquête suit son cours.

D’une énergie débordante, Jonathan Koo Yan Too était un travailleur acharné. Homme aux multiples casquettes, ce passionné de chasse n’était pas seulement le gérant du Chassé d’Au Villars ; il était aussi comptable et co-directeur de la salle de sport GoFlex, à Beau-Bassin. C’est en ces lieux que Nathalie s’est liée d’amitié avec lui. Le cœur lourd, elle nous confie : «C’était quelqu’un de très généreux, de compétitif, qui avait beaucoup d’ambition et adorait sa famille. Les dad jokes étaient sa signature ; des blagues qui n’étaient drôles que lorsque c’était lui qui les faisait. C’était un bon vivant. C’est dommage qu’il nous ait quittés dans de telles circonstances.» Comme elle, Michael retient les mêmes qualités chez le quadragénaire : «Il était quelqu’un de bien, toujours jovial et souriant, toujours prêt à aider.» Inscrit chez GoFlex depuis environ six ans, Julien a côtoyé Jonathan Koo Yan Too durant toutes ces années et l'appréciait beaucoup : «Il était très joyeux, serviable. Touzour pe pran nisa, pe badine. On se voyait moins ces derniers temps car il ne venait pas souvent à la salle, mais dès que nous nous croisions, il débordait de bonnes énergies. Il faisait un peu de tout ; le sport, les voyages. Il aimait tout ce qui était outdoor activities et organisait même des randonnées.»

«Un homme bon et droit»

Kaysen est un autre adhérent de GoFlex. Il y a fait la connaissance de Jonathan Koo Yan Too en 2020 et garde de lui le souvenir d’un homme «humble, sympathique, passionné et gentil ; un ami pour tous». «Nous avons partagé plusieurs bons moments à la salle ; pas seulement relatifs au sport, mais aussi à partager nos passions de geeks, à parler d’animes etc. Nous ne nous intéressions qu’aux bonnes choses de la vie : la salle de sport, la bonne bouffe, les amis et la famille, entre autres. C’est triste de voir un ami arraché si injustement et brutalement à la vie, alors qu’il était un homme bon et droit», dit-il.

Comme lui, Davesh ne tarit pas d’éloges au sujet du défunt : «Il était une inspiration pour moi en tant qu’entrepreneur, mais surtout en tant qu’homme aux valeurs droites. Il était si jovial, si chaleureux, toujours prêt à aider ceux qu’il aimait. Il vivait ses passions pleinement, dans le respect des autres.» Il se remémore la fois où il a sollicité son aide pour réparer une machine. «Je l’ai appelé, et même s’il était occupé, il a trouvé le temps pour m’apprendre tout ce qu’il savait sur le sujet. L’homme qu’il était vivra à jamais dans la multitude de cœurs qu’il a touchés. J’ai le cœur brisé ; ce qui lui est arrivé est tellement injuste, d’une cruauté absolue. Que justice soit faite.»

David a, pour sa part, rencontré Jonathan Koo Yan Too lors de l’ouverture de la chasse au Domaine de Saint-Denis, avant de le croiser à nouveau chez GoFlex. «Nous partagions les mêmes passions : la chasse et le sport». Ce qu’il retient de lui, c’est «l’atmosphère joyeuse qu’il dégageait à chaque fois qu’il entrait dans une pièce». Il s’attriste d'avoir perdu «un ami, un homme passionné, quelqu’un qui a toujours été droit et honnête». «Cette tragédie ne doit pas rester impunie», lâche David, révolté.

Sur les réseaux sociaux, les messages d’amour et les photos souvenirs continuent d’affluer pour saluer la mémoire du quadragénaire et témoigner de l’homme «exceptionnel» qu’il était. Dans une publication pour lui faire ses adieux, son ami Lionel Paul Berthault parle de lui avec émotion : «Toi, le frère que je n’ai jamais eu (…) Mon frère d’une autre mère comme j’aimais te présenter, mon frère de cœur, tu vas nous manquer. J’étais ton mentor de chasse, comme tu le disais. Tu as été mon mentor de vie.» Depuis leur rencontre en 2020, lors de leur première session de l’Ecole de la Chasse, poursuit-il, «l’amitié s’est scellée, comme gravée dans la pierre à jamais. Tu avais tout : la gentillesse, la joie, le sourire toujours planté au visage, comme indélébile, le don de soi toujours pour les autres (…)». Visiblement bouleversé, il regrette tous les rêves et projets qu’ils n’ont pas eu le temps de concrétiser ensemble.

Les funérailles de Jonathan Koo Yan Too devraient avoir lieu durant les jours à venir, après l’arrivée de ses proches de l’étranger.

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