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Quand le scoutisme ouvre les portes du monde

19 août 2026

De la Turquie à l'Afrique-du-Sud, plusieurs membres de la Mauritius Scouts Association ont récemment vécu des expériences internationales qui ont profondément marqué leur parcours. Qu'ils soient adolescents ou responsables au sein du mouvement, tous partagent le même constat : le scoutisme dépasse les frontières et favorise les échanges, le leadership et l'engagement citoyen. À travers les témoignages de Marie Léa Flore, Anielle José-Herry, Guillaume Chowrimootoo et Sharon Betty-Melisse, ces aventures révèlent comment les rencontres interculturelles contribuent à former des jeunes plus ouverts, responsables et solidaires.

Marie Léa Flore, 16 ans, du 7th Rodrigues Scout Group de Port-Mathurin : «Le scoutisme peut créer des liens, même lorsque nous sommes différents»

À seulement 16 ans, Marie Léa Flore, membre du 7th Rodrigues Scout Group de Port-Mathurin, a déjà compris que le scoutisme dépasse largement les frontières. Avec Luciano Farla, 15 ans, un autre membre de son groupe, elle a représenté la MSA et le Rodrigues Scout Council au Turkic World Jamboree, en Turquie.

«Je suis scoute depuis le ventre de ma mère. Mon père est également scout», raconte Marie Léa, qui considère aujourd’hui le scoutisme comme une partie essentielle de sa vie. Au fil des années, cette expérience lui a permis d’apprendre le travail en équipe, de prendre des responsabilités, d’aider les autres et, surtout, de gagner en confiance.

Sa participation au jamboree turc lui a offert une occasion unique de rencontrer des jeunes venus de différents pays. «J’ai pu partager notre culture, notre expérience et nos traditions, mais aussi découvrir celles des autres», explique-t-elle. Si elle avoue avoir été «un peu stressée» au début, Marie Léa s’est rapidement adaptée à son nouvel environnement.

Elle a noué de nombreuses amitiés et découvert comment le scoutisme peut devenir un véritable langage universel. «J’ai appris comment créer des liens forts à travers le scoutisme», souligne-t-elle. Parmi ses souvenirs les plus marquants, elle retient surtout les moments de partage avec les scouts des différents pays, les éclats de rire durant les activités et les soirées passées ensemble.

«Je me suis fait beaucoup d’amis. Ils resteront à jamais dans mon cœur», confie-t-elle. De retour à Rodrigues, Marie Léa souhaite transmettre ce qu’elle a appris. Elle entend partager de nouvelles idées avec les autres jeunes, encourager davantage le travail en équipe, le respect et l’unité. Pour elle, son aventure en Turquie aura surtout confirmé une conviction : «Le scoutisme peut créer des liens, même lorsque nous sommes différents.»

Guillaume Chowrimootoo, président du District Youth Scout Council d’Upper Plaines-Wilhems-South : «Une expérience que je souhaite à tous les jeunes de vivre»

Pour Guillaume Chowrimootoo, président du District Youth Scout Council d’Upper Plaines-Wilhems-South, le voyage en Turquie restera bien plus qu’un simple déplacement à l’étranger. Il décrit cette aventure comme une expérience «formidable et exceptionnelle», qui fait désormais partie de sa vie. Participer à un jamboree international représentait pour lui une occasion unique de mieux se découvrir, mais aussi d’aller à la rencontre de nouvelles cultures. «C’était mon premier jamboree international en Europe et en Asie», raconte-t-il, évoquant avec enthousiasme cette première immersion dans un environnement aussi différent.

Au fil du séjour, Guillaume a surtout été marqué par les rencontres et les liens créés avec des jeunes venus de différents horizons. «J’ai rencontré des personnes formidables qui font encore partie de ma vie aujourd’hui», souligne-t-il. Pour lui, la véritable richesse d’un jamboree international réside dans l’amitié, le partage et la découverte interculturelle. Les derniers moments du séjour ont d’ailleurs été particulièrement émouvants. «Le dernier jour, j’ai pleuré tellement j’étais triste de quitter mes amis», confie-t-il.

Cette expérience lui a également permis de mieux comprendre que les différences culturelles sont une richesse plutôt qu’une barrière. Les traditions, les habitudes et les façons de vivre varient d’un pays à l’autre, mais les valeurs scoutes permettent de créer rapidement des liens. De retour à Maurice, Guillaume s’est fixé une mission : transmettre cette ouverture au monde aux jeunes scouts. Il souhaite leur faire découvrir davantage les différentes cultures et promouvoir les échanges interculturels dans la vie quotidienne. Son message aux jeunes est simple : il faut vivre ces expériences pour réellement les comprendre. «Je recommande à chaque jeune d’intégrer le mouvement scout afin de pouvoir participer à ce genre d’aventures. Comme on dit, il faut le vivre pour le savoir.» Et une chose est certaine : la Turquie lui a donné le goût de repartir. «Je vais continuer à voyager parce que la Turquie ti zoli»

Anielle José-Herry, National Youth Program Commissioner de la MSA : «Malgré la barrière de la langue, les valeurs scoutes nous unissent instantanément»

À seulement 7 ans, elle fait ses premiers pas dans le mouvement scout. Depuis, chaque étape de son parcours a été franchie avec passion, lui permettant de découvrir de nombreuses facettes du scoutisme et de développer des valeurs essentielles comme la débrouillardise, le leadership et le service communautaire. Aujourd’hui, Anielle José-Herry occupe le poste de National Youth Program Commissioner de la MSA. Elle fait également partie du District Training Squad de Port-Louis.

Son déplacement en Turquie s’inscrivait dans le cadre d’une mission stratégique officielle au nom de la MSA. Membre de la Senior Leadership Team mauricienne, elle avait notamment pour responsabilité de contribuer aux discussions de haut niveau et d’encadrer officiellement le contingent féminin mauricien.

L’un des temps forts de cette mission a été la signature et la présentation d’un protocole d’accord bilatéral à long terme avec la Fédération scoute de Turquie (Türkiye İzcilik Federasyonu), lors d’une cérémonie officielle à Istanbul. Cet accord ouvre la voie à de nouvelles possibilités d’échanges culturels, de camps conjoints et de formations pour les scouts mauriciens.

Au-delà de la dimension officielle, elle décrit cette expérience comme «une aventure humaine extraordinaire et enrichissante». L’immersion dans une nouvelle culture, une autre langue et de nouvelles habitudes a été particulièrement marquante. Mais elle a surtout confirmé la force des valeurs communes du scoutisme. «Malgré la barrière de la langue, les valeurs scoutes nous unissent instantanément», dit-elle.

Parmi ses plus beaux souvenirs figurent les soirées internationales autour du feu de camp, les chants des hymnes nationaux, les randonnées dans les paysages turcs et les repas traditionnels partagés en pleine nature. De retour à Maurice, elle souhaite transformer cette expérience en opportunités pour les jeunes : développer les échanges avec la Turquie, moderniser les programmes scouts grâce à une approche interculturelle et encourager davantage le leadership et l’engagement citoyen des jeunes Mauriciens.

Sharon Betty-Melisse, membre de l’équipe Safe From Harm : «Le scoutisme est une véritable école de la vie»

Sharon Betty-Melisse en compagnie de Jovani Calice et de Pascale Chan de l'équipe Safe From Harm de la MSA.

Pour Sharon Betty-Melisse, membre de l’équipe Safe From Harm de la MSA, l’expérience internationale vécue en Afrique-du-Sud a été bien plus qu’une participation à un événement scout. Elle a constitué une véritable étape personnelle et professionnelle, marquée par les rencontres, les défis et une nouvelle vision de l’accompagnement des jeunes.

Son aventure scoute a commencé comme helper au 1st Upper Plaines-Wilhems Scout Group, à Vacoas. Elle a ensuite évolué comme Cub Scout Leader avant de rejoindre le 10th Upper Plaines-Wilhems Scout Group fin 2022. Au fil des années, elle a assumé différentes responsabilités, notamment celles de secrétaire de groupe, d’Assistant Group Scout Leader et de Rover Advisor. Au niveau national, elle est aujourd’hui Listening Ear et Case Manager au sein de la Commission Safe From Harm, tout en étant ADC Safe From Harm de son district.

«J’ai grandi et je suis devenue la personne que je suis aujourd’hui grâce à mon Group Scout Leader, ma commissaire Pascale Chan et tous ceux qui ont cru en moi», confie-t-elle. Sa participation en Afrique-du-Sud, sa première activité scoute internationale, s’est faite comme International Service Team au sein de l’équipe Safe From Harm. Sa mission consistait à contribuer au bien-être et à la sécurité des participants et des IST, tout en accompagnant les organisateurs dans la gestion de certaines situations. La délégation mauricienne au 2nd Africa Scout Moot comprenait 50 personnes.

Les débuts n’ont toutefois pas été simples. «Je ne savais pas vraiment comment me positionner dans un environnement international, avec des méthodes de travail différentes», raconte-t-elle. Et il y avait aussi le froid. «Je n’étais clairement pas préparée à ce point-là», plaisante-t-elle. Mais une fois ses repères trouvés, Sharon a pleinement profité de l’expérience. Les repas partagés autour de la table, les échanges culturels et les liens noués avec les membres de son équipe figurent parmi ses plus beaux souvenirs. Elle revient surtout avec une conviction renforcée : «Le scoutisme est une véritable école de la vie». Elle souhaite désormais donner davantage de responsabilités aux jeunes, développer des projets avec eux et pour eux, et rêve même de voir un jour le scoutisme davantage intégré au système éducatif mauricien. «J’ai la tête remplie d’idées et je veux foncer pour aider l’Association et nos jeunes», dit-elle.

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