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La famille Lunganyu bloquée à Maurice : un rêve de départ en suspens

14 mars 2026

Le couple et leurs enfants font appel à votre générosité.

À un souffle de l’avenir, de cette vie qui semble leur tendre les bras. Mais la famille Lunganyu n’y est pas encore. «Je suis vraiment stressé. Aujourd’hui, nous avons besoin de vous», confie Freddy Lunganyu, la voix chargée d’inquiétude. Ces mots résument une attente anxieuse qui dure depuis près de deux ans pour lui et les siens. Bloqués à Maurice, son épouse Nancy et lui, ne peuvent ni travailler ni scolariser leurs enfants : Bendi, 14 ans, Defi, 12 ans, et Noah, 7 ans. Les deux plus jeunes, Tabiri, 18 mois, et Zion, 6 mois, sont nés sur le sol mauricien. Les Lunganyu, originaires du Sud-Kivu en République démocratique du Congo, ont fui la guerre civile qui ravage leur pays depuis des années.

Ce qui les empêche d’aller de l’avant, alors que les démarches administratives sont bouclées, c’est l’argent. Si l’appel à l’aide de la famille, dans les colonnes de 5-Plus il y a quelques semaines, lui a permis de se rapprocher de son rêve, elle a encore besoin d’un coup de pouce. «Nous sommes bloqués pour l’achat de nos billets d’avion. Nous n’avons pas encore le montant total», explique le père de famille, qui remercie les Mauricien.nes pour leur soutien et leur générosité. Il a été dans une agence de voyage de la capitale, il y a quelques jours : «Le montant total à payer est de Rs 484 888. Pour l’instant, nous avons Rs 314 800, donc il nous manque encore Rs 170 088 pour pouvoir tout régler.» Pour aider Freddy et sa famille, il est possible de le contacter directement au 5474 3658 ou via Caritas, par l’intermédiaire de Cursley Goindoorajoo, au 5259 7123.

Le parcours de Freddy et les siens est un long chemin de souffrance et de survie, alors ils espèrent trouver une nouvelle lueur de vie et d’espoir dans ce nouveau départ. Il y a quelque temps, le père de famille nous racontait la perte tragique de sa fille aînée, tuée dans une école lors d’une montée en violence du conflit armé en 2017 : «Elle a été assassinée dans une école. J’ai dû fuir le pays. Mon papa était dans la politique. Il a aussi été victime de meurtre.» Avec son épouse et leurs deux premiers enfants, ils entament, alors, une fuite nocturne à pied, franchissent des rivières, traversent des pays, jusqu’à un camp de réfugiés en Zambie, où naîtra Noah, symbole d’espoir au milieu de l’adversité.

Une autre vie se profile lorsqu’ils réussissent à vendre la maison familiale au Congo pour financer leur voyage vers les îles Cook. Mais à l’arrivée à Maurice, en juillet 2024, tout s’arrête brutalement : sans visa de transit pour l’Australie, la famille se retrouve bloquée. Nancy, enceinte de sept mois, fait un malaise et donne naissance à Tabiri à l’hôpital. Freddy décrit le choc : «Je ne comprenais rien. Je ne comprends toujours pas : pourquoi nous bloquer ici à Maurice?»

Malgré le statut de réfugiés politiques obtenu depuis février 2025, la situation est restée précaire. Sans travail, avec peu de ressources et des enfants non scolarisés, Freddy se sent «abandonné par les autorités mauriciennes» : «Pendant ces deux ans où nous avons été bloqués inutilement à Maurice, j’ai dépensé tout l’argent que j’avais. Je n’ai plus rien. Je souffre énormément.» Le destin des Lunganyu illustre le paradoxe vécu par de nombreux réfugiés : protégés sur le papier, mais laissés à la merci d’un système qui ne facilite pas leur vie quotidienne.

Heureusement, Caritas leur apporte un soutien vital, notamment pour le logement et l’alimentaire. Aujourd’hui, la famille rêve de rejoindre Singapour. Ils sont à un souffle de pouvoir y arriver…

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