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Par Elodie Dalloo
3 mars 2025 13:37
Ils étaient séparés depuis environ un an, mais avaient gardé contact, souhaitant «garder une bonne entente». Hélas, cette infirmière habitant la région de Plaines-Wilhems et âgée d’une trentaine d’années ne s’était pas imaginée qu’elle vivrait un calvaire entre les mains de l’homme qui a partagé sa vie pendant quatre ans. Dans la matinée du vendredi 21 février, celui-ci l’a forcée à grimper dans son véhicule et l’a emmenée dans son appartement où il a abusé d’elle. La raison : il n’aurait pas supporté qu’elle refuse de lui prêter une certaine somme d’argent. Après son agression, la jeune femme a consigné une déposition au poste de police le même jour et a été hospitalisée. Elle a été examinée par un médecin de la police qui a confirmé le viol, ayant décelé des lésions dans ses parties intimes. Son bourreau, un agent de sécurité âgé de 45 ans, devrait être appréhendé incessamment.
La voix cassée par l’émotion, la trentenaire revient difficilement sur cette journée fatidique. Ce matin-là, dit-elle, elle se trouvait dans l’enceinte d’un supermarché lorsqu’elle a croisé son ex-époux. «Plus tôt, il m’avait envoyé un texto pour me dire qu’il souhaitait m’emprunter la somme de Rs 5 000. Il avait eu des démêlés avec la justice l’an dernier, quelque temps après notre séparation. Je l’ai soutenu durant ces moments difficiles car nous étions encore mariés ; notre divorce n’avait pas encore été prononcé à l’époque. Plusieurs fois, je lui ai remis de l’argent pour régler les frais de justice. Ce jour-là, je lui avais répondu que ce ne serait pas possible. J’ignorais qu’il m’aurait attendue et suivie. Il a menacé de s’en prendre à moi, à ma famille, et m’a forcée à grimper dans son véhicule», relate-t-elle, émue. Il l’a ensuite conduite dans son appartement, dans l’ouest de l’île, où il lui a confisqué son cellulaire et a poursuivi ses menaces. «J’ai demandé à une amie de lui transférer une partie de la somme qu’il me réclamait, en espérant que cela le calmerait», poursuit-elle. Loin d’être satisfait, son bourreau s’est vengé en abusant d’elle sexuellement, puis l’a ramenée chez elle. «Je me suis sentie humiliée ; je n’aurais jamais pensé vivre une chose pareille un jour.»
Le même jour, la jeune femme s’est rendue au poste de police de sa localité sous les recommandations de sa mère pour y consigner une déposition. «Un ami lui avait appris que mon ex-mari m’avait forcée à le suivre car cela s’était passé sous ses yeux. Elle ignorait ce que j’avais subi jusqu’à ce que je le confie aux enquêteurs en sa présence.» Les limiers l’ont ensuite conduite au poste de police le plus proche du lieu où le délit avait été commis pour compléter sa déposition, puis l’ont emmenée à l’hôpital Victoria, à Candos, où elle a été admise. Elle y a séjourné pendant cinq jours, où elle a reçu la visite de psychiatres et psychologues, puis a été autorisée à rentrer chez elle le mercredi 26 février. Le lendemain, dit-elle, «j’ai à nouveau dû me rendre au poste de police pour finaliser ma déposition et j’ai remis aux enquêteurs les vêtements que je portais le jour de mon agression». À l’heure où nous mettions sous presse, son ex-mari n’avait pas encore été appréhendé. S’il s’agit bel et bien de la première fois qu’il l’agresse sexuellement, la victime confie que durant leurs années de vie commune, elle a souvent été malmenée à cause d’histoires d’argent. Après qu’ils ont emménagé ensemble, «il a commencé par m’éloigner de ma famille, puis a pris le contrôle sur nos finances. J’avais dû lui remettre ma carte bancaire. À chaque fin de mois, je n’avais aucune idée de ce qu’il faisait de mon salaire mais j’avais voulu croire que tout ce qu’il faisait était pour mon bien». Selon la jeune femme, «il n’était pas toxicomane mais avait le goût du luxe. Li ti kontan montre lizie dimoun».
Les choses se sont envenimées lorsqu’il a voulu l’obliger à revendre un terrain dont elle avait fait l’acquisition. «J’avais déjà contacté un emprunt pour lui offrir une voiture, mais il voulait que je revende le terrain afin d’utiliser l’argent pour d’autres dépenses superficielles. Lorsque je le lui reprochais, il se montrait violent, jusqu’à ce qu’il finisse par me mettre à la porte. J’ai toujours cru qu’il finirait par changer. Je lui demandais de prier, vu qu’il est issu d’une famille pieuse, étant le fils d’un pasteur, mais la situation n’a fait que s’aggraver.» Le traumatisme vécu, dit-elle, «m’a permis d’ouvrir les yeux, de réaliser que céder aux exigences de son partenaire ne le fera pas changer». Elle lance un appel à toutes celles vivant une situation similaire, leur demandant de «trouver le courage de mettre un terme à leur relation toxique avant qu’il ne soit trop tard».
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