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Manifestation

Le Front Syndical Commun maintient la pression

27 juin 2026

Ils seront présents demain devant le Parlement à midi avant de remettre une lettre au Premier ministre.

Des représentants du Front Syndical Commun, plateforme qui regroupe plusieurs fédérations et confédérations syndicales, se dit prêt à se dresser contre les mesures annoncées par le gouvernement. La première action aura lieu demain devant le Parlement.

Pas question de jeter les armes. L’heure, disent-ils, est à la mobilisation générale face à ce qu’ils considèrent comme une menace des droits acquis des travailleurs. Devant la vague de colère et de contestation qu’a déclenchée la réforme des pensions, les différentes fédérations et confédérations syndicales du pays, réunies sous la bannière du Front Syndical Commun, organiseront demain, lundi 29 juin, à midi une manifestation pacifique devant le Parlement afin de faire entendre leur indignation et leur désaccord autour de la Stage Age Pension au détriment de la Basic Retirement Pension universelle. Malgré l’abandon du «means test» annoncé ce jeudi par le Premier ministre, les syndicalistes restent sur leur garde.

Pour Atma Shanto, les mesures annoncées dans le dernier budget constituent un véritable démantèlement du système de pension de vieillesse et remettent en cause le droit à la retraite à 60 ans. Les mesures annoncées, dit-il, ne représentent pas une avancée sociale mais plutôt un recul pour les travailleurs du pays. «On vient nous dire que ces mesures s’appuient sur des recommandations d’experts et de la Banque mondiale. Or, lorsqu’il s’agit d’améliorer un système de pension, il est essentiel qu’il y ait un véritable processus de consultation et que les recommandations soient adaptées à la réalité du pays. Nous estimons qu’une personne qui a travaillé toute sa vie et contribué au développement du pays doit pouvoir bénéficier d’une retraite décente. Aujourd’hui, nous constatons une profonde colère et beaucoup d’amertume au sein de la population face à cette réforme.»

C’est pour cette raison que le Front Syndical Commun est venu de l’avant avec cette première offensive. «Face à cette situation, nous avons décidé d’organiser une manifestation devant l’Assemblée nationale le lundi 29 juin à partir de midi. Nous remettrons également une lettre au Premier ministre afin d’exprimer officiellement notre opposition à cette réforme. Cette manifestation n’est qu’une première étape.»

«La bataille est loin d’être gagnée»

Bien que le «means test» soit aujourd’hui de l’histoire ancienne, Clency Bibi est d’avis qu’il est important de maintenir la pression sur le gouvernement car la bataille n’est pas totalement gagnée. C’est pour cette raison que la manifestation de demain est importante, indique le syndicaliste. «Pour nous, la bataille est loin d’être gagnée. Certes, certaines annonces ont été faites, mais il faut rester vigilant, car rien n’est encore définitivement acquis. Nous savons que certaines propositions devront encore être examinées par le Conseil des ministres. À ce stade, beaucoup d’éléments restent flous et il subsiste encore de nombreuses interrogations. D’ailleurs, les déclarations contradictoires des différents membres du gouvernement ne font qu’accentuer la confusion.»

Au-delà de la question des pensions, affirme Clency Bibi, il existe de nombreux autres problèmes qui préoccupent les travailleurs et la population en général. «Il y a également des inquiétudes concernant la privatisation des pensions, les modifications envisagées aux lois du travail ainsi que plusieurs engagements pris dans le manifeste électoral qui, selon nous, ne sont pas respectés. À cela s’ajoute l’augmentation du coût des assurances et d’autres mesures qui risquent d’avoir un impact direct sur le pouvoir d’achat des travailleurs et de l’ensemble de la population. Plus nous analysons les mesures annoncées, plus nous constatons qu’elles auront des répercussions importantes sur le quotidien des Mauriciens.»

Reaz Chuttoo est aussi d’avis que plusieurs mesures du budget représentent de véritables menaces pour les droits des salariés et pour leur sécurité financière à long terme. La disparition du Portable Retirement Gratuity Fund et du National Savings Fund est, dit-il, particulièrement préoccupante. «Le gouvernement affirme qu’il n’est pas question de privatiser le système de pension. Pourtant, la création d’une Pension Authority soulève de nombreuses interrogations. Nous voulons savoir quel sera le sort des fonds actuellement détenus dans les différents régimes de pension. Nous sommes également préoccupés par la disparition du PRGF et du NSF, qui risque d’avoir des conséquences directes sur les prestations dont bénéficieront les travailleurs du secteur privé à leur retraite.»

La manifestation de ce lundi est donc, affirme-t-il, très clair :* «le message que nous voulons adresser au Premier ministre est clair : nous lui demandons de suspendre cette réforme et d’engager un véritable dialogue avec les syndicats et les autres parties concernées afin d’examiner ensemble les différentes options. Il existe actuellement beaucoup de confusion autour des mesures annoncées, y compris au sein même du gouvernement.»* C’est pour cette raison, souligne le syndicaliste, qu’une large consultation est indispensable avant toute mise en œuvre de la réforme.

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