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1 novembre 2025 10:10
Donner une deuxième chance à ceux qui ont des difficultés scolaires. C’est la mission de cette école alternative, membre du réseau ANFEN, qui offre un accompagnement personnalisé et adapté aux élèves afin de leur donner tous les outils dont ils ont besoin. Une campagne de levée de fonds est actuellement en cours pour soutenir leurs actions.
La vie ne s’arrête pas après un échec scolaire. Derrière chaque enfant qui éprouve des difficultés académiques, il y a un potentiel qui demande à être découvert et à émerger. Et parce que chaque enfant mérite une seconde chance pour apprendre, grandir, s’épanouir et rêver, To Rev Nu Vision se place comme cette rambarde, ce soutien solide sur lequel il peut s’appuyer pour avancer vers un avenir prometteur. Fondé en 2024 par Mary Joyce Philippe et Christabelle Panier, ce centre d’apprentissage, qui fait partie du réseau ANFEN (Adolescent Non Formal Education Network), transmet des valeurs essentielles et les bases académiques nécessaires.
Ces fondations permettent ensuite aux élèves de poursuivre des études professionnelles ou d’intégrer par la suite un collège du «mainstream». Si le projet a été conçu pour accueillir une vingtaine, aujourd’hui la To Rev Nu Vision Foundation lance un appel à la générosité du public pour les aider à preparer la rentrée de janvier et d’accueillir davantage de bénéficiaires. D’ailleurs, une campagne a, en ce moment, lieu sur la plateforme digitale Small Step Matters, où les Mauriciens sont invités à faire un don pour soutenir cette cause.
Derrière cet appel, un fait frappant sur le terrain explique l’urgence de l’action, car encore aujourd’hui, souligne Mary-Joyce Philippe, de nombreux enfants ne savent ni lire ni écrire à la fin de leur cycle primaire. C’est ce constat clair et net qui a motivé la création de To Rev Nu Vision Foundation. «C’est vrai que l’éducation est gratuite et que le gouvernement fait beaucoup, mais les classes restent trop remplies et, face à un objectif très rigide, l’enseignant n’a pas vraiment le temps de s’occuper de chaque enfant de la manière dont il aurait voulu le faire. Ce qui fait qu’au fur et à mesure, l’enfant continue en échec. Au bout du compte, l’enfant est brisé et pense qu’il ne peut pas apprendre. Ce type de cas de figure, il y en a malheureusement beaucoup trop.»
Face à cette réalité, Mary-Joyce Philippe, Christabelle Panier et leur équipe ont choisi d’agir plutôt que de rester les bras croisés. À travers To Rev Nu Vision, qui se trouve à Beau-Bassin, elles offrent à ces enfants un espace où l’erreur et le fait de ne pas savoir ne sont plus synonymes d’échec, transformant ainsi cet état en une nouvelle possibilité de recommencer et d’apprendre. «Notre centre s’adresse aux enfants entre 12 et 16 ans, qui ont fait la CPE et qui ont échoué, mais qui, en plus de ça, n’arrivent pas à lire ou à écrire leur nom. La mission de notre centre est de remettre ces enfants debout et de leur dire qu’ils ont de la valeur.»
Leur faire comprendre cela, souligne notre interlocutrice, est la base même d’un apprentissage réussi. Plus l’enfant a confiance en lui, plus il sera apte à apprendre. «Ce qu’on voit, c’est que pendant toutes ces années où l’enfant a accumulé les échecs, son self-esteem a été blessé. Il se sent écrasé, ne se fait plus confiance.»
Refaire les bases
Entre les mains bienveillantes de l’équipe de To Rev Nu Vision, ils apprennent ainsi à reconstruire et consolider leurs bases tout en retrouvant confiance en eux, à adopter une discipline positive et à s’ouvrir à de nouvelles perspectives. «On reprend les bases comme l’anglais, le français, les mathématiques, les connaissances générales, l’IT et, dans les après-midis, on fait des ateliers où on met en pratique tout ce qu’on a appris plus tôt. Si, par exemple, le matin il a appris à mesurer, il va faire de la couture où il va mettre en pratique ce qu’il a appris. Par exemple, il va devoir faire un sac. C’est la concrétisation de ce qu’il a appris en classe.» C’est ce qui, selon notre interlocutrice, peut vraiment faire la différence. «Apprendre dans le concret est très important. Malheureusement, aujourd’hui, notre système éducatif ne fonctionne pas de cette manière. Chaque enfant apprend différemment. Certains apprennent par l’écoute, d’autres par la vue ou encore par le toucher. C’est tout cela que nous mettons en avant dans notre centre.»
Ce qui est le plus important aujourd’hui, confie Mary-Joyce Philippe, c’est que ces enfants, qui se sentent perdus dans un système éducatif qui ne leur correspond pas, ne soient pas laissés sur le bas-côté et retrouvent espoir et confiance en eux afin qu’ils puissent avancer sereinement vers l’avenir. «Académiquement, l’enfant doit pouvoir lire et écrire, mais aussi comprendre ce qu’il va écrire et ce qu’il va lire. Il doit pouvoir réagir s’il y a des questions. Tout ce travail tend vers un objectif, qui est que l’enfant puisse prendre part aux examens où il pourra avoir accès aux cours de la MITD à la fin de son cycle, soit à l’âge de 15 ans et demi, 16 ans.»
Dans cette optique, le travail et l’accompagnement que propose To Rev Nu Vision opèrent comme une bouée de sauvetage pour ces jeunes en rupture avec le système traditionnel. L’association mise ainsi sur une approche individualisée, centrée sur les besoins et le rythme de chaque élève pour qu’il puisse repartir sur de nouvelles bases. «Ce qu’il faut comprendre, c’est que pour apprendre un métier, il faut savoir lire, mesurer, compter. Donc, si l’enfant ne comprend pas tout ça, comment est-ce qu’il va faire ? C’est justement pour cela que nous sommes là. Nous allons leur donner les bases pour qu’ils puissent avoir accès à ces formations.»
Sur le long terme, le centre espère pouvoir établir plus d’ateliers pour les enfants, afin qu’ils puissent apprendre des métiers comme la plomberie, le jardinage, la menuiserie. L’objectif est de leur offrir un premier contact concret avec ces professions, de leur transmettre des notions pratiques et de développer des compétences qui pourront leur servir dans leur avenir professionnel ou personnel. «Nous voulons leur donner un avant-goût de ce qu’ils aimeraient faire, ce qui leur permettra de faire un choix beaucoup plus éclairé le moment venu.» C’est pour cela, lance Mary-Joyce Philippe, que la levée de fonds est cruciale et qu’ils font appel, à travers Small Step Matters, à la générosité des Mauriciens. L’argent récolté permettra aussi de payer un salaire à l’équipe qui, depuis janvier, travaille bénévolement. Ce serait, dit-elle, une manière concrète de soutenir ces enfants, de leur offrir davantage d’ateliers, encadrement sur mesure, et surtout, de leur donner les chances qu’ils méritent pour bien démarrer dans la vie.
Pour soutenir une campagne Small Step Matters
• Avec une contribution CSR : contact : manager@smallstepmatters.org ou coordinator@smallstepmatters.org
• Faire une donation par virement sur le compte MCB : 000444289887, en indiquant la référence du projet choisi, par exemple « Vision » pour celui-ci.
• Par Juice, à travers «Pay a Merchant», sélectionner Small Step Matters, et indiquer une référence.
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