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Par Michaëlla Seblin
22 février 2026 10:00
Transparence et communication, ou les maillons essentiels qui garantissent la confiance ! La direction de l’école primaire de Lorette de Curepipe l’apprend aujourd’hui à ses dépens en découvrant qu’une bombe à retardement peut exploser à tout moment. La tempête médiatique dans laquelle se retrouve cette institution, après les allégations d’attouchements sexuels de la part d’un de ses ex-enseignants, projette l’image d’une direction perdue, qui, dans un premier temps, a refusé de donner sa version, provoquant ainsi l’indignation des parents, inquiets de la manière de faire de ces responsables. Sous pression, la direction a finalement consigné une plainte entourant deux mineures, ce vendredi 20 février !
Alors que l’affaire éclatait la semaine dernière et que nous rapportions les faits dans nos colonnes avec plusieurs témoignages au contenu troublant (une jeune femme qui se dit victime alors qu’elle était mineure, sa meilleure amie se présentant comme témoin, la prise de parole courageuse d’une enseignante qui en a parlé à sa direction, une maman évoquant des messages inappropriés sur le téléphone de sa fille en 2025), l’école, contactée, avait préféré se murer dans le silence.
Ce n’est que cette semaine que la direction a fait sortir un communiqué affirmant qu’après une plainte d’un présumé abus, l’école avait «sollicité l’avis d’un Senior Counsel avant de mettre en place un processus juridique rigoureux visant à faire la lumière sur les faits», qu’une enquête «independante a été diligentée», que «l’employé mis en cause fut suspendu de façon conservatoire dès le 18 août 2025» et qu’il ne fait plus partie de cette institution !
Ce que le communiqué ne dit pas, c’est que l’enseignant n’a été licencié qu’en janvier 2026. Si la direction nourrissait des doutes sur son comportement, pour quelles raisons ces informations n’avaient-elles pas été transmises aux autorités compétentes ? Lors d’une réunion avec les parents d’élèves de cette institution ce jeudi, plusieurs interrogations soulevées méritent qu’on s’y attarde : une école primaire a-t-elle les capacités pour enquêter sur des accusations relevant d’un acte criminel ? Comment expliquer le long intervalle entre les révélations d’août et un licenciement quatre mois plus tard, alors qu’un autre cas avait été signalé entre-temps, en octobre 2025 ?
C’est parce que toute cette affaire est entourée d’un voile d’opacité que plusieurs parents n’ont pas hésité à évoquer un possible cover-up, malgré les explications fournies par les porte-parole de l’établissement.
Cette onde de choc qui traverse la Junior School de Lorette de Curepipe sert de rappel aux responsables des institutions scolaires qui, souvent, ne savent pas comment gérer ce genre de situation. C’est ainsi que certains préfèrent se débarrasser du problème discrètement, s’attendant à ce que ce soit uniquement les victimes présumées qui prennent la responsabilité des plaintes, plutôt que d’y faire face, alors que la loi existe pour protéger les enfants. L’objectif est connu : préserver la réputation de l’institution.
C’est l’évêque Durhône qui, interrogé sur ce sujet, déclarait qu’il faut «écouter les victimes et ne pas rester indifférent». On ne peut qu’être d’accord sachant que l’école, censée être un endroit sécurisé pour les enfants, devient, dans certains cas, un lieu privilégié pour les prédateurs ! D’où l’importance des maillons essentiels que sont la transparence et la communication !
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