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Journée mondiale de la lutte contre le SIDA

L’urgence de sensibiliser les plus jeunes

29 novembre 2025

Ce lundi 1er décembre marquera la Journée mondiale de la lutte contre le sida, un rappel essentiel que l’épidémie de VIH demeure bien présente, en particulier parmi les plus jeunes. Si le sujet reste encore difficile à aborder, c’est souvent en raison des tabous, du manque d’informations fiables ou de la peur de mal faire. Pourtant, parler de prévention n’a jamais été aussi nécessaire. Consciente de ces défis, PILS (une association de lutte contre le sida fondée en 1996) poursuit et renforce son engagement auprès de la jeunesse.

Pour beaucoup de jeunes, parler du VIH reste difficile, voire impossible, car ils se sentent mal à l'aise, ont peur d’être jugés ou ne savent tout simplement pas quoi dire. Derrière ce silence, il y a pourtant des histoires bien réelles : celles de garçons et de filles qui auraient voulu être mieux informés, de familles qui peinent à comprendre et de personnes vivant avec le virus qui cherchent à être traitées avec dignité. C’est pour éviter d'autres tristes histoires comme celles-là que la prévention doit être prise au sérieux. «Chez les jeunes comme chez les adultes, une méconnaissance persistante du VIH demeure. Beaucoup ignorent les véritables enjeux liés à la transmission, à la prévention ou aux traitements, et ne se protègent donc pas toujours. Cette absence d’information ouvre la voie à des comportements à risque qui exposent chacun à une infection pourtant évitable», souligne Pils.

Mais au-delà des chiffres, l’ignorance a un coût immense : elle alimente la stigmatisation et la discrimination envers les personnes vivant avec le VIH et leurs proches. Malgré les avancées scientifiques et les connaissances disponibles, des perceptions rétrogrades continuent de circuler. Peurs infondées, jugements moraux et préjugés s’expriment encore dans la société, dans les foyers et, parfois même, dans certains services de santé. Sans raison valable, bien des gens voient encore ceux vivant avec le VIH comme dangereux. Une vision injuste, douloureuse et dépassée qui ne fait que renforcer la solitude de ces personnes qui ont le plus besoin d’empathie et de compréhension.

Le virus du VIH ne fait pas de distinction : il peut toucher n’importe qui, vous comme moi, si nous ne faisons pas attention. Toute personne qui ne se protège pas lors d’un rapport sexuel ou qui utilise des substances injectables sans matériel stérile s’expose à une infection. C’est pour répondre à cette réalité encore trop souvent sous-estimée que l’ONG PILS œuvre depuis 1996. «Notre première mission est la prévention, que ce soit auprès du grand public ou de communautés spécifiques. Nous sommes également engagés dans le plaidoyer afin d’améliorer les droits et la qualité de vie de toutes les personnes, en particulier celles en situation de vulnérabilité. Cela implique des actions et des échanges réguliers avec les autorités pour soutenir des changements concrets», partage PILS.

Au-delà de la sensibilisation, l'ONG accompagne aussi les personnes vivant avec le VIH et leurs proches sur les plans médical, psychologique et social. «Avec l’ouverture du Centre Banian, premier centre de santé sexuelle que nous co-gérons avec le ministère de la Santé, nous offrons un véritable one-stop shop pour les services liés au VIH, aux IST, aux hépatites et à la santé sexuelle en général.» Ce centre se veut également un havre de tranquillité pour les personnes vulnérables. Chaque journée y débute avec un petit-déjeuner offert aux usagers, quelles que soient leurs conditions ou leurs réalités.

«Administrations frileuses»

Par ailleurs, PILS informe activement et sensibilise largement autour de la PrEP (Prophylaxie pré-exposition), un traitement médicamenteux gratuit qui prévient l’infection au VIH, même en cas d’exposition. «C’est l’une des avancées majeures dans la réponse au VIH, et nous militons pour qu’elle soit mieux connue et accessible.»

Ce n’est pas tout. PILS mène aussi des campagnes de sensibilisation grand public, mais également des actions ciblées, notamment auprès des jeunes. Derrière ces interventions, il y a une réelle volonté d’aller à la rencontre de ceux qui, parfois, n’ont personne à qui poser leurs questions ou exprimer leurs inquiétudes. «Nous souhaiterions être davantage présents dans les établissements scolaires et universitaires, mais nous faisons face à des administrations frileuses. Malgré les signaux d’alerte et la situation préoccupante, certaines institutions restent réticentes à aborder la question de la santé sexuelle ou celle de la consommation de substances de manière claire et ouverte. Pendant que ces décideurs maintiennent le silence, les jeunes s’informent autrement et s’exposent potentiellement à des risques», souligne le porte-parole de l’ONG.

Car au-delà des campagnes, il y a des jeunes qui se cherchent, qui grandissent dans un monde où l’accès à l’information est immense… mais pas toujours fiable. Bien s’informer est essentiel, mais cela ne suffit pas. Le dépistage reste l’arme la plus puissante pour faire face au VIH. Connaître son statut, c’est reprendre le contrôle. C’est savoir qu’en cas de résultat positif, un traitement peut être commencé immédiatement, permettant de vivre en bonne santé et d’éviter toute transmission du virus.

Tout au long du mois de novembre, PILS a multiplié les initiatives pour aller vers la population et ouvrir l’espace de dialogue autour de la santé sexuelle. L’équipe a organisé plusieurs campagnes de sensibilisation, mais aussi la Semaine internationale du dépistage et son désormais incontournable Sextival, un moment pensé pour informer autrement, avec bienveillance et proximité. Cette année, une conférence entièrement dédiée à la stigmatisation vient renforcer ces actions. Fondée sur les conclusions du rapport «People Living With HIV Stigma Index», elle met en lumière une réalité dure mais essentielle à affronter : la stigmatisation reste l’un des plus grands défis de la réponse au VIH.

Menée à Maurice et à Rodrigues, l'étude en question montre que la discrimination ne se limite pas à des paroles blessantes. Elle se traduit par des violations de droits, des ruptures dans le parcours de soins, des abandons de traitement… et parfois même des drames, allant jusqu’à des décès évitables. À travers cette conférence, l’objectif est clair : faire entendre les voix de celles et ceux qui vivent le VIH au quotidien, rappeler que la dignité n’est pas négociable et mobiliser la société pour créer un environnement où chacun peut se soigner, se protéger et vivre sans peur d’être jugé.

Le Sextival : deux jours dédiés à la santé sexuelle avec l’ONG PILS

À l’occasion de la Journée mondiale de la lutte contre le sida, PILS a organisé, les 28 et 29 novembre, un événement entièrement dédié à la santé sexuelle. Ce premier Sextival s’est tenu à la Rue St Georges, à Port-Louis, et a réuni plusieurs partenaires engagés dans la promotion de la santé sexuelle et du bien-être. Pendant ces deux journées, le public a pu profiter d’une panoplie d’activités interactives ainsi que de stands d’information et de prévention. L’ambiance était assurée grâce à la présence de ventes de nourriture, d’animations musicales et d’un concours de karaoké. Avec ce Sextival, PILS souhaitait offrir un espace d’échange, de sensibilisation et de convivialité afin de rappeler l’importance de la prévention et de l’accès à l’information en matière de santé sexuelle.

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