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Par Rehade Jhuboo
18 janvier 2026 10:49
C'est la grande finale, les deux sélections visent le titre suprême. Les Lions de l’Atlas, avec le soutien populaire, affrontent les Lions de la Teranga pour régner sur l’Afrique.
Une finale royale. Le Maroc et le Sénégal, respectivement vainqueurs du Nigéria et de l’Égypte en demi-finale, s’affronteront pour le titre continental ce soir (23h00), en finale de la Coupe d'Afrique des nations 2025 de football. Cette affiche est celle que de nombreux spécialistes avaient annoncée. Le Maroc, pays hôte de la compétition, demi-finaliste de la Coupe du monde 2022 et médaillé de bronze aux Jeux olympiques de Paris 2024, voudra ajouter un deuxième sacre dans la compétition, cinquante ans après la victoire en Éthiopie, en 1976.
Placés dans le groupe A, les Marocains ont assuré l’essentiel pour se qualifier en huitièmes de finale en terminant en tête avec deux victoires (Comores et Zambie), malgré la frayeur rencontrée lors de la deuxième journée après le match nul concédé contre le Mali (1-1). Sans réellement briller devant un public pourtant en feu, les Lions d’Atlas ont sorti respectivement la Tanzanie (1-0), le Cameroun (2-0) et enfin le Nigeria (0-0, 4-2 tab) pour se retrouver en finale.
De son côté, le Sénégal est certainement la meilleure équipe d’Afrique de ces sept dernières années, tant sur le plan des performances que de la régularité. Finalistes malheureux en 2019 (défaite 1-0 contre l’Algérie), les Sénégalais s’étaient repris lors de l’édition suivante, au Cameroun, en 2021. Ils avaient alors remporté leur première CAN contre l’Égypte.

Les premiers matches de la compétition ont été relativement similaires pour le Sénégal. Avec deux succès obtenus contre le Botswana et le Bénin, les hommes de Pape Thiaw ont eu quelques sueurs froides après le nul face à la République démocratique du Congo. Pas aussi solides qu’attendus, les Lions de la Teranga ont tout de même écarté le Soudan (3-1), le Mali (1-0) et l’Égypte (1-0) pour se donner la chance d’affronter les locaux pour remporter le trophée.
Sortis en huitièmes de finale aux tirs au but contre la Côte d’Ivoire, futur vainqueur et pays hôte, en 2023, les coéquipiers de Sadio Mané ont réalisé un parcours solide pour se hisser en finale et affronter, encore une fois, le pays hôte du tournoi. Les Lions de l’Atlas attendent de régner sur l’Afrique depuis 1976, date de leur dernière victoire. L’attente semble interminable, et elle a rarement été aussi proche de prendre fin. En 20 participations, le Maroc n’a atteint que deux fois la finale, dont la plus récente en 2004 perdue contre la Tunisie.
Duel des Lions
Au Maroc et au Sénégal, les équipes nationales partagent le surnom de «Lions», mais avec des spécificités : le Maroc est les «Lions de l'Atlas» (référence au lion disparu de l'Atlas), tandis que le Sénégal est les «Lions de la Teranga». «Teranga» signifie hospitalité en wolof. Ces noms symbolisent la puissance et l'identité culturelle de chaque nation, avec le Maroc évoquant la force montagnarde et le Sénégal l'hospitalité.
Hakimi-Mané : le choc des icônes pour une étoile historique
Deux destins, une même soif de gloire. Le 18 janvier 2026, le stade Moulay Abdellah de Rabat devient l'épicentre du mondial de football africain. En finale de la CAN 2025, deux hommes cristallisent les espoirs de tout un peuple : Achraf Hakimi et Sadio Mané pour un duel entre deux géants qui ont redéfini le leadership africain sur la scène internationale.
D'un côté, Achraf Hakimi, l'enfant de Getafe devenu le prince de Rabat. À 27 ans, le latéral du PSG incarne la modernité technique. Il n'est pas qu'un défenseur ; il est le meneur de jeu excentré, la flèche incandescente qui porte sur ses épaules l'ambition d'un Maroc qui veut confirmer son statut de demi-finaliste mondial.
Il a refusé l’Espagne pour représenter le Maroc à 17 ans. Il a joué blessé une grande partie de la Coupe du Monde 2022, où il a atteint les demi-finales. Il a ramené une médaille olympique en tant que capitaine de son pays, il est le premier Ballon d’Or africain marocain depuis 1998.
Cette CAN a débuté sous une pression monumentale pour la star du PSG avec une course contre-la-montre pour être opérationnelle après une entorse de la cheville gauche lors de Paris-SG-Bayern Munich en Ligue des champions en novembre dernier. Mais il est revenu pour porter le brassard et les espoirs de 37 millions de Marocains sur ses terres. Pourtant, Achraf Hakimi a traversé le tournoi comme un ouragan.

On retiendra son quart de finale héroïque, où, alors que le Maroc était tenu en échec, il a délivré une passe décisive millimétrée avant de sauver un ballon sur sa ligne à la dernière minute. Il n'a pas seulement joué latéral ; il a été partout, haranguant les foules, dictant le tempo, transformant le couloir droit en une zone interdite pour ses adversaires. Son parcours est celui d'un homme qui a accepté d'être le visage d'une nation en mission. Pour lui, cette finale à domicile est le rendez-vous d'une vie, l'occasion de ramener un trophée qui fuit le Royaume depuis 1976.
De l'autre côté, il y aura Sadio Mané , le sage de Bambali. À 33 ans, l'attaquant d'Al-Nassr est dans le crépuscule majestueux de sa carrière. Déjà sacré en 2022, il porte en lui cette sérénité contagieuse et ce sens du sacrifice qui font du Sénégal une machine à gagner. Pour Sadio Mané, le défi était différent dans cette CAN 2025 : prouver que le «vieux lion» avait encore les crocs assez acérés pour régner sur la savane. Critiqué par certains après une phase de poules discrète, il a répondu de la plus belle des manières en demi-finale.
Dans un match fermé et physique, c'est lui qui a provoqué l'étincelle, inscrivant un but plein de malice avant de transformer le penalty décisif lors de la séance de tirs au but. Son parcours dans cette CAN 2025 a été une leçon de gestion émotionnelle. Il a su s'effacer quand l'équipe tournait bien, pour mieux surgir de l'ombre au moment où le Sénégal suffoquait. C'est le parcours d'un maître qui refuse de céder sa couronne sans un dernier combat d'anthologie.
Les deux stars arrivent en finale après avoir essuyé les doutes, la fatigue et la pression. Leurs parcours se rejoignent maintenant sur la pelouse de Rabat : l'un veut écrire la première page d'une nouvelle ère, l'autre veut clore son chapitre avec le plus beau des trophées africains. D'un côté, la fraîcheur et l'audace d'un Hakimi au sommet de son art, porté par la ferveur d'un peuple. De l'autre, la sagesse et le sang-froid d'un Mané qui joue peut-être ses dernières minutes sous le maillot national.
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