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L’ASP Soomendra Hurree décède après un malaise au volant de sa voiture

Nivesh : «C’était le meilleur père dont on puisse rêver»

18 janvier 2026

Il était un héros silencieux, un pilier de force et de sagesse, un soutien indéfectible ayant servi de guide tout au long de sa vie. À sa famille, il a toujours enseigné le courage, la persévérance et l’amour. Pour ses collègues, il était une véritable source d’inspiration, un modèle. Nul ne s’était préparé au brusque départ de l’assistant surintendant de police (ASP) Soomendra Hurree, plus connu sous le nom de Sudesh, ce jeudi 15 janvier. Bien que son décès soudain laisse un vide immense, la richesse de son héritage moral continue de briller à travers les principes et valeurs qu’il a transmis à tous ceux l’ayant côtoyé.

Domicilié à Vacoas, le policier Soomendra Hurree, âgé de 57 ans, a eu une longue et belle carrière. Il comptait au-delà de 30 années de service dans la force policière. Il a travaillé dans divers postes de police, notamment ceux d’Eau-Coulée et de Midlands. Il a fait partie de la Divisional Supporting Unit (DSU), a été affecté à la Traffic Branch Unit (TBU) de Port-Louis, mais il a occupé la fonction de Police Prosecutor durant la majeure partie de son parcours. Ce n’est que récemment qu’il a été affecté à la TBU des Casernes de Curepipe.

Son aîné Nivesh – il était papa de deux enfants – raconte qu’il avait une hygiène de vie irréprochable. «Il ne fumait pas, ne prenait un verre que lors de grandes occasions et faisait très attention à son alimentation. Il a fait une crise cardiaque en 2009 et eu recours à un bypass l’année suivante. Depuis, il surveillait de près son taux de cholestérol et de glycémie.» Passionné par le sport, il faisait régulièrement de la marche, mais «il était déjà quelqu’un de très actif avant ses problèmes de santé», concède son fils. L’année dernière, ses ennuis de santé s’étaient à nouveau manifestés, «mais il avait récupéré et s’en était remis»... jusqu’à ce jeudi 15 janvier fatidique.

Ce matin-là, Soomendra Hurree avait pris le volant pour se rendre à la boutique du coin en voiture pour acheter du pain, comme il le faisait chaque matin. D’après son fils, il n’aurait montré aucun signe de fatigue inhabituelle et semblait en pleine possession de ses moyens. «Il était sur le point de rentrer à la maison pour se préparer pour le travail lorsqu’il a fait un malaise en voiture», explique Nivesh. Il pousuit : «Ce sont des voisins qui sont venus frapper à notre porte pour nous demander de les accompagner. Ils ont conduit mon frère sur les lieux mais lorsqu’il est arrivé sur place, il était déjà trop tard.»

Les faits se sont produits vers 7h30 aux abords de la Ligne Berthaud, à Vacoas, près du supermarché Winner’s. Après son malaise, la voiture du policier a d’abord percuté une voiture stationnée, et celle-ci a, à son tour, heurté un van. Les occupants des deux autres véhicules impliqués n’ont pas été blessés. Les conducteurs ont été soumis à un alcootest, qui s’est avéré négatif. Hélas, Soomendra Hurree a eu moins de chance. Lorsqu’un médecin SAMU l’a examiné, il a constaté que le haut gradé avait déjà rendu l’âme. L’autopsie pratiquée par le Dr Sunnassee, médecin légiste de la police, a attribué son décès à une fracture of neck vertebrae.

Les larmes dans la voix, Nivesh confie, ému : «Mo papa ti enn dimounn strikt, me sete meyer papa ki mo ti pour kapav gagne. Li'nn travay dir tout long so lavi, li'nn toultan get pou lezot avan li get pou li. Li pa ti egoist, li'nn bien get so fami, so lantouraz, so bann frer ek ser. Li ti ena enn gran leker.» Son cœur se serre lorsqu’il se remémore son plus beau souvenir de lui : «Li ti toultan fer mwa dormi lor so lebra letan mo ti tipti.» Ses regrets viennent s’ajouter à son incommensurable peine. «Li'nn fer boukou pou mwa avan li ale. Li'nn touzour fer tou pou so bann zanfan. Mo sagrin ki mo pa'nn gagn letan fer otan pou li ki seki li'nn fer pou mwa.» Il compte à présent concrétiser l’ambition de son père, qui aspirait à le voir gagner en autonomie. «So sel rev sete ki so bann zanfan dibout lor zot lipie ek kapav debrouye kan li nepli la.»

Une pluie d’hommages a été rendue au policier sur les réseaux sociaux. «Mo pa ti atann mo pou trouv otan komenter pozitif lor li. Boukou dimounn ki mo pa kone finn dir ki li'nn ed zot, ki li ti enn bon sef.» Les funérailles de Soomendra Hurree ont eu lieu le vendredi 16 janvier. Ses collègues de la force lui offert une belle cérémonie d'adieu.

La route fait trois autres victimes en l’espace de quelques jours

De nouvelles mesures ont été mises en place depuis le 1er janvier 2026, les contrôles routiers ont été renforcés, mais les accidents de la route semblent persister. Outre Pritam Mokram et Soomendra Hurree, trois personnes de plus ont perdu la vie tragiquement en l’espace de quelques jours. Peu après la mi-journée, le mercredi 14 janvier, un accident est survenu aux abords de la route principale de Pamplemousses, près du District Court. Parsad Babooram. Un habitant de Mon Goût, âgé de 78 ans, n’a pas survécu après qu’une voiture a percuté son tricycle de derrière. Le septuagénaire a été conduit à l’hôpital, où son décès a été constaté. Une autopsie a attribué son décès à des cranio cerebral injuries. Le conducteur de la voiture impliquée – un habitant de Péreybère âgé de 48 ans – a été soumis à un alcootest, qui s’est avéré négatif. Il fait l’objet d’une accusation provisoire d’homicide involontaire.

Le même jour, aux petites heures du matin, c’est aux abords de la rue Pope Hennessy, dans la capitale, qu’un autre usager de la route a perdu la vie. Mohammad Fazil Beedassy, un Portlouisien de 67 ans, était au volant de sa voiture lorsqu’il a dérapé et heurté une barrière métallique. L’impact du choc a été tel qu’il n’a pas survécu. L’autopsie a attribué son décès à une rupture du foie. Enfin, vers la mi-journée le même jour, Krishna Ramkhekawon – un habitant de New Grove âgé de 48 ans –, a succombé à ses blessures à l’hôpital, où il avait été admis suite à un accident de la route. Le samedi 10 janvier, il marchait aux abords de la Branch Road, dans sa localité, lorsqu’il a été renversé par une moto. Hospitalisé, il a fini par pousser son dernier soupir au département des soins intensifs. L’autopsie a attribué sa mort à des cranio cerebral injuries.

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