L’exercice budgétaire est deryer laport ! «Sel lalians nou pou koze, se lalians kont inflation», a lancé Paul Bérenger, résumant ainsi la ligne du FMP : une combat la vie chère. Alors le principal porte-parole du Front Militan Progresis (FMP) estime que le gouvernement «ne peut plus embêter la population» face à la flambée des prix et à la pression inflationniste qui pèse sur les ménages mauriciens. Lors d’un point de presse tenu ce samedi 23 mai, il a dénoncé une série de facteurs locaux qui, selon lui, aggravent une inflation déjà importée. Pour l’ancien Premier ministre, le constat est clair : l’inflation ne vient pas uniquement de l’extérieur. Elle est également alimentée par des décisions internes. Il cite notamment «des taxes trop lourdes sur les produits pétroliers importés, la TVA, ainsi que l’absence d’action sérieuse contre certains monopoles et cartels présents à Maurice». Selon lui, ces éléments combinés réduisent le pouvoir d’achat et aggravent la situation des consommateurs. Il estime que le gouvernement dispose désormais d’une «marge de manœuvre améliorée et doit agir rapidement : «L’occasion sera le budget. Nous demandons des actions sans plus tarder », a-t-il insisté.
Inflation : taxes, carburants et absence de régulation pointés du doigt
Dans son analyse, le chef de file du FMP identifie plusieurs causes locales de l’inflation. Parmi elles, la fiscalité sur les produits pétroliers et la TVA, qu’il considère comme des leviers excessifs contribuant directement à la hausse des prix. Il estime que le gouvernement pourrait agir rapidement en réduisant certaines taxes, notamment sur les carburants, afin de soulager les consommateurs. Autre point soulevé : l’inaction face aux monopoles et aux cartels, qui limiterait la concurrence et maintiendrait artificiellement des prix élevés sur certains produits essentiels.
Monopoles et cartels : une polémique autour d’un comité interministériel
Paul Bérenger s’est également montré critique face à la récente décision de mettre sur pied un comité interministériel chargé de lutter contre les monopoles et cartels. Une initiative qu’il juge incompréhensible. Pour lui, cette mission relève déjà de la Competition Commission (CC): «N’est-ce pas son rôle ? » s’est-il interrogé, qualifiant cette démarche de «bourde», voire de décision « ridicule et dangereuse ». Il va plus loin en évoquant une remise en question de l’efficacité de l’institution elle-même. Selon lui, le problème ne vient pas seulement des structures existantes, mais aussi d’un manque de moyens et de pouvoirs réels pour agir. Il appelle ainsi à une réforme en profondeur : renforcer la loi et les équipes, élargir les compétences de la CC, et revoir certaines nominations à sa tête.
Stabilité monétaire et rôle de la Banque de Maurice
Paul Bérenger est également revenu sur la question de la stabilité de la roupie. Il rappelle que certaines périodes passées ont été marquées par une forte dépréciation de la monnaie, contribuant à l’inflation. Il salue une certaine stabilisation récente, tout en appelant à une vigilance accrue de la Banque de Maurice dans les jours à venir, notamment face aux fluctuations du dollar.
Mesures à long terme : alimentation, énergie et réforme des pensions
Au-delà des mesures immédiates, le FMP plaide pour des réformes structurelles. Paul Bérenger insiste sur l’urgence de renforcer la sécurité alimentaire et énergétique du pays.
Il appelle à une augmentation de la production locale agricole et à une accélération de la transition vers les énergies renouvelables, incluant l’utilisation de batteries modernes et de solutions de stockage. Autre chantier majeur selon lui : une réforme en profondeur du système de pension.
Appel à l’action avant le budget
Enfin, le leader du FMP met en garde contre une aggravation de la situation économique. Il estime que les conditions internationales, notamment les prévisions du Fonds monétaire international, laissent présager une inflation persistante, voire en hausse. Il appelle donc le gouvernement à prendre des mesures concrètes sans attendre : réduction des taxes, lutte réelle contre les abus de marché, renforcement des institutions et réformes structurelles.