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28 janvier 2026 09:54
C'est un document qui n'arrête pas de faire parler de lui. Réuni en Conseil des ministres spécial le lundi 26 janvier, le gouvernement a arrêté les principales modalités de mise en œuvre du rapport du Pay Research Bureau (PRB) 2026. Ainsi, l’application du rapport en deux phases est maintenue avec 50 % du salaire révisé dans le rapport du PRB 2026 avec effet à partir de janvier 2026, et 100 % du salaire révisé en janvier 2027. Un tableau de conversion consolidé précisant les salaires applicables à partir de janvier 2026 et janvier 2027 a aussi été rendu public par le ministère de la Fonction publique.
À l'issue du Conseil des ministres spécial, le syndicaliste Suttyhudeo Tengur n'a pas manqué de faire entendre sa voix sur cette chaude actualité. «La mise en œuvre progressive du PRB 2026 déstabilise le service public», souligne-t-il. «Le communiqué publié à l’issue de la réunion spéciale du Conseil des ministres du 26 janvier marque une rupture préoccupante avec les principes fondamentaux qui régissent la rémunération dans la fonction publique mauricienne. En décidant de mettre en œuvre le Rapport du Pay Research Bureau (PRB) 2026 en deux phases — 50 % des salaires révisés en janvier 2026 et l’application intégrale seulement à partir de janvier 2027 — le Gouvernement a substantiellement modifié l’architecture d’un exercice salarial conçu pour être appliqué en une seule fois», ajoute Suttyhudeo Tengur.
Pour lui, cette annonce suscite plusieurs questions. «Cette décision soulève de graves questions d’équité, de légalité et de crédibilité institutionnelle. Le PRB est une instance technique et indépendante, dont le mandat consiste à examiner les structures salariales dans leur globalité, en veillant au respect de la relativité interne, à la cohérence des carrières et à la préservation du pouvoir d’achat réel. Ses recommandations forment un tout indissociable. En imposant une mise en œuvre partielle, le Conseil des ministres substitue une logique budgétaire conjoncturelle à une construction salariale rigoureusement établie, transformant ainsi une révision salariale en un ajustement différé supporté quasi exclusivement par les agents publics», explique Suttyhudeo Tengur, négociateur pour la Government Hindi Teachers Union.
Il commente aussi la Table de Conversion Générale. «La décision de publier une Table de Conversion Générale consolidée présentant deux réalités salariales distinctes pour un même grade est particulièrement alarmante. Une grille salariale maîtresse ne peut fonctionner par fragments sans perdre toute cohérence. Une telle approche engendre inévitablement un écrasement des écarts salariaux, des phénomènes de télescopage entre grades, une déformation des incitations à la promotion et une insécurité juridique dans la détermination des rémunérations. À terme, c’est la crédibilité même du système salarial qui se trouve érodée», précise le syndicaliste dans sa lettre ouverte aux éducateurs du primaire...
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