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15 mars 2025 10:43
C’est un sujet brûlant aux USA... Les droits des personnes trans se retrouvent au coeur d’une guerre sociétale qui divise le pays. Ayant à plusieurs reprises brandi des menaces contre les membres de cette communauté, le président américain Donald Trump, a, une fois au pouvoir, mis à exécution ce qu’il avait déclaré et a ainsi promis de mettre fin au «délire transgenre». Ses actions interpellent et ne laissent pas insensibles...
Il y a comme un malaise qui plane... Une atmosphère lourde qui gagne du terrain et instaure un mal-être. Et ce sont certaines mesures aux États-Unis qui font régner ce sentiment. Cela depuis que le président Donald Trump a décidé de faire la guerre aux transgenres et à la diversité. Entre ceux qui applaudissent et ceux qui se disent victimisés, les dernières actions du nouvel homme fort de la Maison-Blanche ne laissent pas insensibles.
«Pour nous assurer que nous disposons de la force combattante la plus létale au monde, nous allons débarrasser notre armée de l'idéologie transgenre», a ainsi récemment déclaré Donald Trump devant des élus républicains en Floride. Il a signé un décret en ce sens le lundi 27 janvier, interdisant «l'idéologie radicale de genre» au sein de l’armée américaine. Ce document jugeant les militaires trans inaptes à servir le pays doit entrer en vigueur le 26 mars. Depuis, plusieurs voix montent au créneau pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme une injustice ou encore comme un retour en arrière. L’admission des personnes transgenres dans l’armée avait été autorisée en 2016, avant d’être officiellement acceptée le 1er juillet 2017.
D’une démarche choc à une autre, Trump s’en est également pris aux programmes de diversité, d’équité et d’inclusion au sein de la première armée du monde. Un décret signé également le 27 janvier fustige ainsi les «programmes de diversité, d'équité et d'inclusion (DEI) et les préférences raciales et sexuelles» mis en place ces dernières années. Soutenu par un électorat en partie très conservateur, le président américain a, à plusieurs reprises ces derniers mois, juré d’en finir avec ce qu’il qualifie de «délire transgenre», tout en fustigeant les politiques de diversité, promues par la gauche américaine. D’ailleurs, dès son investiture, il a affirmé que son administration n’allait «reconnaître» l’existence que de «deux sexes». Ce décret reconnaissant les genres masculin et féminin seulement s’apparente à un coup de massue, et compliquerait les démarches administratives pour les personnes transgenres.
Mettant à exécution ses menaces, il est venu de l’avant récemment avec une mesure pour mettre fin aux aides publiques aux agences fédérales pour les traitements de transition de genre des mineurs, médicamenteux comme chirurgicaux. Dans le même sillage d’actions de Trump qui interpellent, la publication récemment d’une liste de centaines de mots publiée dans le New York Times, que le chef de la Maison-Blanche a ordonné de faire supprimer de son administration. Parmi les mots en question, il y a : «LGBT» «féminisme» ou encore «transgenre». Selon l’article, ces mots ne figureraient plus au sein de son administration, et il semblerait que les changements ont déjà été notés sur plusieurs sites web des autorités. Autre attaque contre la communauté trans : Donald Trump vise, à travers un décret, à empêcher les athlètes transgenres de pratiquer des sports féminins. Cette mesure interdit ainsi aux personnes biologiquement assignées de sexe masculin à la naissance de participer à des événements sportifs pour femmes ou filles. «Avec ce décret, la guerre contre le sport féminin est terminée», a lancé Trump en signant le texte controversé lors d’une cérémonie à la Maison-Blanche, et cela sous les applaudissements de plusieurs dizaines d’athlètes féminines. Ce document prévoit de couper les subventions de l’État fédéral aux écoles qui permettraient à des élèves trans d’être membres d’équipes sportives féminines. Toutes ces actualités font souffler un vent d’incertitude sur la communauté trans. Selon des informations du Williams Institute, un groupe de réflexion de l’Université de Californie, il y a environ 1,3 million d’adultes (0,5 % de la population) et 300 000 jeunes entre 13 et 17 ans (1,4 %) qui s’identifient comme transgenres aux États-Unis. Les études révèlent aussi que les jeunes transgenres sont davantage victimes de dépressions et que leur taux de suicide est plus élevé que dans le reste de la population. Bien évidemment, toutes les mesures annoncées par le chef de la Maison-Blanche sont contestées et certaines sont même bloquées par la justice.
En effet, ces dernières semaines ont été ponctuées par des manifestations pour souligner l’injustice des décrets signés par Trump et par des recours à la justice. Sept familles d’enfants transgenres et/ou non binaires ont ainsi intenté une action en justice, le mardi 4 février, contre le décret signé par le président américain visant à mettre fin aux aides publiques pour les soins d’affirmation de genre pour les personnes transgenres de moins de 19 ans. D’autres contestations juridiques pointent aussi du doigt les récentes décisions du milliardaire américain qui fait en ce moment beaucoup parler de lui de par ses actions.
«Des extrémistes»
Ce sujet brûlant est diversement commenté et certains sont pour les mesures de Trump alors que d’autres condamnent ces décisions. Notre compatriote Kelly Wayne, visage connu dans le milieu trans et LGBT à Maurice et qui est aujourd’hui une artiste connue en France, a bien évidemment suivi tous les débats autour de la communauté transgenre aux USA. Pour elle, certaines façons de faire ont, hélas, provoqué la situation actuelle et elle dit donner tout simplement son avis sur la question. «Si Trump en est arrivé là, c’est la faute à de nombreux extrémistes LGBT. On lui a donné un bâton pour nous taper dessus. On a trop forcé les choses. Les wokistes (la défense des droits de groupes minoritaires : race, religion, orientation sexuelle, etc.), n’arrêtent pas de pousser le bouchon trop loin, encore plus loin. Quand on est minoritaire et qu’on se bat pour avoir des droits, il faut se dire qu’on vit dans une société où on n’est pas la majorité. La majorité l’emporte tout le temps. Il ne faut donc pas imposer ce qu’on ne veut pas que les autres nous imposent. Par exemple, moi, je ne suis pas d’accord sur le fait qu’on donne des autorisations à des enfants de pouvoir avoir des hormones très tôt. Ils ont poussé le bouchon trop loin, et maintenant Trump est là avec ces décrets», nous confie notre compatriote.
Il poursuit : «En tant que trans, j’ai beaucoup souffert. Je sais ce que j’ai vécu. Je conçois que dans certains pays, ce soit encore compliqué, comme à Maurice. Actuellement, je suis exilée en France depuis 13 ans par rapport à mes papiers. Je conçois qu’il faut travailler là-dessus pour qu’on avance, mais on peut le faire intelligemment sans devoir être dans la provoc. On ne peut pas se battre pour une cause en provoquant de la haine chez les autres. Bien évidemment, ça m’attriste ce qui arrive aux États-Unis, car il y a là-bas, une grande population de la communauté LGBT. C’est très triste... Je prends, par exemple, ce qui se passe avec Disney et ces wokistes qui ont commencé à mettre des LGBT partout. Il y a des choses qu’on fait et il y a des choses qu’on ne fait pas. On ne change pas les trucs existants juste à cause d’une idéologie. Attention, je ne suis pas contre des dessins animés avec des personnages LGBT, mais je dis juste qu’on ne devrait pas changer ce qui existe déjà. C’est ma vision des choses», souligne Kelly Wayne, artiste-peintre qui continue de faire son petit bonhomme de chemin et qui nous a donné son avis sur le débat lié à la communauté transgenre qui secoue actuellement les États-Unis...
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