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8 mars 2026 19:29
À l’occasion de la Journée des droits des femmes, aussi connue comme la Journée de la femme, trois Mauriciennes inspirantes, Pascale Chan Shin Yu, Mohsena Olath Carramtally et Brigitte Bheeka, montrent que l’engagement, l’éducation et le soutien mutuel permettent aux femmes de se relever, de s’épanouir et de transformer la société.
Pascale Chan Shin Yu : une vie guidée par les valeurs et le service aux autres
Elle partage un témoignage empreint de valeurs, de gratitude et d’espoir. Divorcée et fière maman d’un jeune homme de 21 ans, Pascale Chan Shin Yu consacre sa vie au service des autres. Elle travaille comme Senior Educational Social Worker au ministère de l’Éducation et des Ressources humaines, et depuis 2024, elle est aussi Commissaire nationale Safe from Harm au sein de la Mauritius Scouts Association.
Son engagement dans le social ne doit rien au hasard. Il est profondément enraciné dans l’éducation qu’elle a reçue. «Mes parents ont été mes premiers modèles», confie-t-elle avec émotion. Les valeurs qu’ils lui ont transmises l’ont naturellement guidée vers une vie où l’aide aux autres est primordiale. Très jeune, elle s’est aussi construite à travers le scoutisme.
La devise «Fully Human, Fully Alive» a marqué son parcours et continue d’éclairer chacune de ses responsabilités, que ce soit dans sa famille, dans son travail ou dans son engagement citoyen. Au fil des années, elle a assumé différentes responsabilités au sein du mouvement scout, au niveau du groupe, du district et au niveau national.
Mais Pascale Chan Shin Yu insiste sur un point essentiel : personne ne réussit seul. Tout au long de son parcours, des gens ont cru en elle, l’ont encouragée et soutenue. «À toutes celles et ceux qui ont vu en moi des capacités, qui m’ont donné confiance et qui continuent à me soutenir aujourd’hui, je veux dire merci. Vous avez été des lumières sur mon chemin», dit-elle avec reconnaissance.
À l’occasion de cette journée dédiée aux femmes, son message est simple mais puissant. Elle invite les jeunes filles et les femmes à croire en elles et à être fières de ce qu’elles sont. Pour elle, l’éducation reste une clé fondamentale : «L’éducation académique est notre passeport pour l’avenir.» Elle rappelle aussi que chaque femme possède des talents et des qualités uniques.
En prenant conscience de ces forces, les femmes peuvent accomplir de grandes choses, non seulement pour elles-mêmes, mais également pour leur entourage. «Nous avons aussi un devoir envers les autres. Nous devons veiller à ce que chaque personne autour de nous puisse vivre un parcours digne et respectable», affirme-t-elle.
Selon elle, les femmes jouent un rôle essentiel dans la construction de la société. Aux côtés des hommes, elles contribuent chaque jour à façonner l’avenir du pays. C’est pourquoi elle encourage chaque femme à participer pleinement au développement de la société mauricienne, chacune avec ses compétences, ses valeurs et sa sensibilité.
Pascale Chan Shin Yu adresse aussi un message rempli de gratitude à toutes les personnes qui ont croisé sa route. «Vous avez été mes modèles, mes inspirations. Grâce à vous, je suis devenue la personne que je suis aujourd’hui.»
Un message qui rappelle que derrière chaque parcours engagé se cache souvent une histoire de valeurs, de courage et de transmission.
Mohsena Olath Carramtally : quand l’engagement devient une vocation
Elle partage un parcours marqué par l’engagement social et le service aux autres à l’occasion de l'International Women’s Day. Mohsena Olath Carramtally, 44 ans, a commencé sa carrière en travaillant pendant six ans pour SOS Villages, où elle accompagnait des enfants et des familles vulnérables afin de prévenir l’abandon d’enfants. Cette expérience de terrain lui a permis de développer une meilleure compréhension des réalités familiales et sociales.
Depuis bientôt 12 ans, elle travaille au sein de l’Association des hémophiles de l’île Maurice, où elle occupe le poste de responsable des opérations et des programmes. Elle y coordonne les activités de l’organisation et supervise les programmes de soutien destinés aux patients et à leur famille. Elle est également vice-présidente du sous-comité psychosocial de la World Federation of Hemophilia, contribuant ainsi aux discussions internationales autour de la prise en charge des personnes vivant avec des troubles de la coagulation.
Mariée et mère de deux filles âgées de 18 et 10 ans, Mohsena Olath Carramtally s’implique aussi dans le domaine sportif comme assistante secrétaire de la Mauritius Brazilian Jiu-Jitsu Federation, où elle participe à plusieurs initiatives sociales.
Son engagement trouve ses racines dans son enfance, marquée par les actions communautaires menées avec sa mère et par son passage à la Mauritius Scouts Association, qui lui a transmis des valeurs de solidarité, de courage et de service. À l’occasion de cette journée dédiée aux femmes, elle souhaite également rappeler l’importance de la santé mentale. Selon elle, les femmes, souvent engagées sur plusieurs fronts – familial, professionnel et associatif – doivent aussi penser à elles-mêmes.
Elle encourage ainsi les femmes à s’accorder du temps pour se reposer, à parler de leurs émotions et à rechercher du soutien lorsque c'est nécessaire. «Prendre soin de sa santé mentale n’est pas une faiblesse, mais un acte de courage», souligne-t-elle, invitant chacune à se rappeler qu’il est aussi important de prendre soin de soi que des autres.
Brigitte Bheeka : Elle transforme la vie des femmes grâce à l’éducation
À 65 ans, Brigitte Bheeka se consacre au service des autres, en particulier les femmes et des enfants. Animatrice d’alphabétisation pour adultes, elle œuvre depuis des années pour aider celles qui, dans le passé, n’ont pas eu accès à l’éducation, notamment les femmes d’un certain âge. Son engagement social remonte à sa jeunesse.
Très sensible à ceux qui traversent des difficultés et à ceux qui ont besoin de soutien moral, elle s’est impliquée comme bénévole auprès de Caritas, accompagnant des femmes qui n’avaient pas eu la chance de suivre un parcours scolaire classique. Dans les générations passées, les garçons avaient souvent priorité dans l’éducation, tandis que les filles étaient envoyées dans des centres pour apprendre la couture.
Grâce à l’alphabétisation, Brigitte Bheeka leur enseigne à lire, écrire et compter, des compétences qui transforment leur quotidien. «Cela les aide à retrouver l’estime de soi, à ne plus dépendre des autres pour remplir des documents à la banque, à savoir quels bus prendre, à écrire et envoyer un message, à lire un SMS sur leur téléphone ou un livre», explique-t-elle.
Pour celles qui suivent ses cours, apprendre devient un moyen de s’épanouir, de se sentir respectables dans leurs rôles de femmes, de mamans et de grand-mères. Ayant elle-même suivi une formation avant de devenir animatrice, Brigitte comprend combien l’éducation peut changer la vie. Elle déplore toutefois le regard encore parfois négatif de la société mauricienne envers les veuves, les femmes divorcées, les mères célibataires ou celles qui élèvent seules leurs enfants.
«On subit en silence, on déprime, on se sent inutiles et dépendants des autres», confie-t-elle. Veuve depuis 21 ans, Brigitte Bheeka a personnellement connu ces difficultés. Mais elle constate que les choses évoluent : les femmes ont aujourd’hui des droits, elles sont indépendantes, elles travaillent, elles demandent le respect et marchent la tête haute.
Elle illustre cette force dans un poème émouvant, Lafors ki mars lor later, qui rend hommage aux femmes qui se battent en silence : «Fam to pa zis enn presans. To enn personn ki fer lemond avanse. Dan to lizie ena bann zistwar. Dan to leker enan revolision trankil. To leve sak gramatin. Pa parski lavi fasil. Me parski to kone to valer depas tou difikilte. To lavwa parfwa trankil me kan li leve li fer montagn tranble. Fam to ena enn lamer ki pa kapav mezire. To enn fam ki pa kapav soufle mem kan lemond esey kas twa, to rebatir twa, to reviv. A tou bann mama, ser, kamarad, ek tou bann fam ki pe lite en silans. Mo dir : zot pa zis enn revolision ki pe ekrir limanite.»
À travers son engagement, Brigitte Bheeka rappelle que l’éducation et le soutien sont des clés pour redonner force et dignité aux femmes, et que chaque femme possède la capacité à se relever et à transformer sa vie malgré les obstacles.
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