La longévité est souvent le reflet d’une vie remplie d’amour, de courage et de précieux souvenirs. Et des souvenirs, Marie Ursule Moutien, née Janvier, en a des centaines à raconter. À 102 ans, celle que tout le monde appelle affectueusement «Tante Yaya» continue de partager son amour et ses valeurs avec son entourage. Habitante de la rue John Kennedy, à Vacoas, elle vit aujourd’hui auprès de sa nièce, qui veille sur elle au quotidien. Malgré son âge, Marie Ursule a conservé des habitudes qui lui tiennent à cœur. Coquette dans l’âme, elle aime prendre soin d’elle et ne manque jamais une occasion de se faire belle.
Son filleul Harold Janvier, raconte : «Ma marraine a toujours été une femme débrouillarde et très coquette. Chaque matin, elle commence sa journée par une prière. Même à son âge, elle tient à prendre son bain toute seule, même si cela lui prend parfois plus de deux heures. Ensuite, elle aime regarder la télévision, mais surtout, elle aime être bien apprêtée.»
Tout au long de sa vie, Marie Ursule a veillé sur ceux qui lui étaient chers. Elle avait quatre frères et trois sœurs, qui ont tous quitté ce monde. Généreuse, attentionnée et profondément attachée aux valeurs familiales, elle est connue pour son grand cœur, sa douceur et son calme. Pour ses proches, «Tante Yaya» est cette présence rassurante qui a toujours su écouter et conseiller. La vie ne l’a pourtant pas épargnée. Devenue veuve alors qu’elle était dans la quarantaine, elle a dû apprendre à avancer sans celui avec qui elle avait choisi de construire sa vie. Le couple n’a jamais eu d’enfant, mais ils avaient décidé d’adopter.
Marie Ursule n’a jamais exercé de métier, mais elle a consacré une grande partie de son temps à la couture, une passion qui occupait ses journées. Très croyante, elle ne manquait jamais la messe du dimanche dans le passé, un rendez-vous qui lui tenait particulièrement à cœur. Aujourd’hui, son état de santé ne lui permet plus de s’y rendre, mais sa foi demeure intacte. «Elle reste une femme très courageuse. Même si ma marraine n’a plus de dents, elle adore manger son poulet croustillant. Et le week-end, avant le dîner, elle apprécie toujours un petit verre de whisky», confie Harold Janvier.
En 102 ans d’existence, Marie Ursule Janvier a aussi traversé des moments difficiles, dont certains sont restés gravés dans sa mémoire. Parmi eux, le passage dévastateur du cyclone Carol, en 1960. Aujourd’hui encore, elle raconte avec émotion cette période où sa maison avait été détruite par les vents violents. Grande lectrice, «Tante Yaya» n’a jamais perdu son amour pour les journaux. À 102 ans, elle veille toujours à recevoir son exemplaire de 5-Plus dimanche, ainsi que celui de La Vie Catholique, ses deux lectures préférées. Une habitude qu’elle a conservée au fil des années et qui lui permet de rester connectée à l’actualité et à sa foi.
Pour cette femme au grand cœur, le secret d’une si longue vie ne réside pas dans une recette miracle. Il se trouve plutôt dans sa manière de voir la vie : faire le bien autour de soi, vivre en paix avec les autres et prendre soin de soi, malgré le poids des années.
«Bravo à toi, Tante Yaya, pour tes 102 ans. Que Dieu continue de te protéger, de te garder en bonne santé et de t’accorder encore de belles années entourées de toute ta famille. Merci pour tout l’amour, les valeurs et les souvenirs que tu nous as transmis. Nous t’aimons très fort», lui adresse avec émotion son filleul Harold Janvier pour ses 102 ans.