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Affaire Jacquelin Juliette

Rama Valayden : «Un expert sud-africain sera sollicité pour pratiquer une contre-autopsie»

29 mars 2025

Les proches de cet habitant de Goodlands rejettent la thèse d’une mort naturelle.

La magistrate Neela Ramdewor-Naugah siégeant au tribunal de Pamplemousses a agréé à la demande d’exhumation de la dépouille de Jacqueline Juliette pour une contre-autopsie suivant les allégations de brutalités policières dont aurait été victime cet habitant de Goodlands avant son décès, en janvier 2023. Cette affaire avait fait le buzz après la diffusion d’une bande sonore par Misie Moustass lors de la campagne électorale en vue des législatives de 2024.

Il a gagné une autre bataille dans sa quête habituelle contre des cas de brutalités policières alléguées. La magistrate Neela Ramdewor-Naugah siégeant au tribunal de Pamplemousses a agréé à la demande de Rama Valayden. L’avocat avait réclamé l’exhumation de la dépouille de Jacquelin Juliette afin qu’une contre-autopsie soit effectuée. Cet habitant de Goodlands est décédé dans des circonstances troublantes le 5 janvier 2023. Ses proches avancent qu’il a succombé à ses blessures après avoir été victime de brutalités policières lors d’une descente musclée de la brigade anti-drogue dans son quartier à Résidence Ste-Claire.

Si dans son rapport, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, Chief Police Medical Officer, a établi qu’il a succombé à un œdème pulmonaire, soit une mort naturelle, l’entourage de la victime se dit toujours convaincu qu’il est décédé après avoir été malmené par la police. Une vidéo de son interpellation avait d’ailleurs fait le buzz sur les réseaux sociaux au moment des faits. Cette affaire est revenue sur le tapis de manière fracassante en 2024, en pleine campagne électorale, lorsqu’une bande sonore diffusée par le fameux Misie Moustass avait fait état d’une conversation troublante entre l’ancien commissaire de police Anil Kumar Dip et le Dr Sudesh Kumar Gungadin, responsable du département médico-légal de la police.

Les allégations de Misie Moustass ont apporté de l’eau au moulin de Valayden. «Tou dimoun ti riy mwa kan mo ti dir ki ena britalite polisier dan sa case-la. Mazistra-la inn dakor pou deter lekor misie-la pou fer enn kont-otopsi», se réjouit l’avocat des Juliette. Il ajoute que c’est «un expert sud-africain qui sera sollicité pour pratiquer une contre-autopsie». Valayden souligne que les autorités n’ont pas encore arrêté une date précise pour l’exhumation et la contre-autopsie.

Lors des débats au tribunal de Pamplemousses pour soutenir sa demande, l’avocat de la famille Juliette avait avancé plusieurs points saillants. Son confrère Nataraj Muneesamy, du bureau du Directeur des poursuites publiques, avait également mis en avant plusieurs éléments importants. Il avait déclaré que l’exhumation du corps de Jacquelin Juliette était nécessaire car cela apportera un éclairage à la cour sur «la réelle cause de son décès».

Lors des débats présidés par la magistrate Neela Ramdewor-Naugah, le constable Horeesoran a également déposé en cour. Il avait consigné, à l’époque, les dépositions de trois proches du défunt : Christophe Pierre-Louis, Sweta Juliette et Caroline Pierre-Louis. La fameuse bande sonore de Misie Moustass a également été diffusée en cour.

L’affaire sera à nouveau appelée en cour le 17 avril. On en saura alors un peu plus sur la date de l’exhumation et de la contre-autopsie. Cette nouvelle étape donnera peut-être une nouvelle direction à l'enquête.

Deux vidéos sur «La vérité sur la mort de Jacquelin Juliette» font le buzz

Elles font le tour des réseaux sociaux depuis que la cour de Pamplemousses a donné son accord pour l’exhumation de la dépouille de Jacquelin Juliette pour une contre-autopsie. Elles, ce sont deux vidéos intitulées «La vérité sur la mort de Jacquelin Juliette». On y voit celui-ci dans la rue, portant un t-shirt jaune. Tout laisse croire que l’habitant de Goodlands avait rejoint d’autres habitants de son quartier pour commenter la descente musclée de la police plus tôt.

Jacquelin semble, alors, être en bonne forme. Il a toutefois poussé son dernier soupir peu après. Le rapport d’autopsie indique qu’il a connu une mort naturelle après avoir fait un œdème pulmonaire. La famille affirme, elle, le contraire. L’affaire est toujours diversement commentée aux Casernes centrales. Certains se demandent pourquoi la magistrate Neela Ramdewor-Naugah siégeant au tribunal de Pamplemousses n’a pas cru bon d’auditionner le Dr Sudesh Kumar Gungadin pour prendre note des différents rapports et des photos prises pendant l’autopsie avant d’agréer à la demande de la famille pour une exhumation et une contre-autopsie.

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