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Bibi Benazeer Mungralie, 21 ans, meurt après avoir perdu son bébé

Sa mère : «Finn fer li atann tro lontan pou akouse»

1 juin 2026

Reshma Kaudeer est complètement anéantie depuis le décès tragique de son aînée.

Ce qui devait être le plus beau chapitre de sa vie s’est transformé en horrible tragédie. Bibi Benazeer Mungralie, 21 ans, enceinte de son premier enfant, est décédée quatre jours après avoir perdu son bébé à l’hôpital. Entre douleur, incompréhension et colère, sa famille dénonce une longue attente, des complications dramatiques, et réclame aujourd’hui toute la vérité sur les circonstances de ce drame qui a jetté à terre une famille entière.

En quelques jours, une jeune femme pleine de vie, impatiente de devenir mère, et le petit garçon qu’elle portait ont disparu. Laissant derrière eux des rêves brisés, des questions jusqu'ici sans réponses et, surtout, une famille dévastée. «Mo zanfan finn pas enn martir», lâche Reshma Kaudeer, 42 ans, avec une douleur qui transperce le coeur. Dans la petite maison de sa sœur à Petite-Rivière, où elle s’est réfugiée pour reprendre ses esprits, elle a dû mal à faire face à l'insoutenable.

Ce 27 mai, sa fille Bibi Benazeer Mungralie aurait dû célébrer ses 22 ans. Mais au lieu d’une fête d'anniversaire, la famille s'est retrouvée plongée dans le deuil. Car la jeune femme est décédée le 23 mai après plusieurs jours passés en soins intensifs à l’hôpital SSRN suivant la perte de son bébé. Selon ses proches, sa grossesse se déroulait bien. Les examens et échographies effectués dans le privé montraient un bébé «en pleine forme».

Elle attendait ce premier enfant avec impatience. Un sentiment partagé par son concubin Mohammad Azhar Lallmohamed – qui a fêté ses 24 ans le 24 mai, soit le lendemain du décès de la jeune femme. Le couple prévoyait même de commencer les achats pour le bébé à la fin du mois. L’accouchement était attendu pour début septembre. «Mo tifi ti extra kontan pou gagn so baba», raconte Reshma. Elle ajoute, bouleversée : «Ziskaler mo ena video mo tifi kot bebe pe bouze dan so vant.»

«Bebe bouze dan so vant»

Tout a basculé dans la nuit du 19 mai. Vers minuit, Bibi Benazeer a été conduite à l’hôpital après avoir ressenti des contractions et eu des saignements. Selon la famille, une injection lui aurait été administrée par le personnel médical avant qu’on lui explique qu’aucun spécialiste n’était disponible cette nuit-là. Elle aurait alors eu le choix entre être admise et rentrer chez elle. Elle a alors signé pour passer le reste de la nuit chez elle.

Quelques heures plus tard, vers 3 heures, les douleurs sont devenues atroces. «Li pa ti pe kapav tini ditou. Mo ti pe tann li kriye ek douler», affirme Reshma. Cette dernière et le couple se rendent une fois de plus à l’hôpital. Mais selon la quadragénaire, l’attente aurait encore duré avant qu’un médecin ne puisse l’examiner. Et ce n’est que vers 9 heures qu’un spécialiste aurait décidé de pratiquer une intervention chirurgicale.

Entre-temps, la situation se serait gravement détériorée. La famille affirme avoir appris que le cordon et le placenta étaient déjà sortis alors que le bébé se trouvait toujours dans le ventre de sa mère. L'enfant, un petit garçon dont le prénom n’avait même pas encore été choisi, naîtra sans vie. «Finn fer li atann tro lontan pou akouse. Sa mem finn fer tibaba-la mor ek mo tifi gagn infeksion», confie sa mère avec douleur.

Après l’opération, l’état de Bibi Benazeer s'est dégradée rapidement, avec d’importantes pertes de sang. Sa famille explique qu’elle a été transférée en soins intensifs, plongée dans le coma, et n'a jamais repris connaissance. Pendant quatre jours, les proches ont gardé espoir. «Mo ti krwar mo pou retrouv mo tifi», lâche sa mère. Mais le matin du 23 mai au matin, tous ses espoirs se sont effondrés quand les médecins ont annoncé son décès.

Interrogations

La cause of death mentionne une «coagulation intravasculaire disséminée entraînant une défaillance multiviscérale». Selon les médecins, ses reins, son foie et son cœur auraient cessé de fonctionner. Aujourd’hui, les interrogations s'ajoutent au chagrin. La famille affirme vouloir déposer une plainte officielle auprès du ministère de la Santé et de la police de Pamplemousses pour qu'il y ait une enquête approfondie sur les circonstances exactes de cette tragédie.

«Ki zot inn fer ek mo zanfan ? Nou pa pou res trankil. Nou anvi konn laverite», lance Reshma, des larmes aux yeux. Le drame est d’autant plus cruel pour cette famille que le père de Bibi Benazeer est décédé il y a trois ans à la suite d’une thrombose. Reshma, qui s'est retrouvée seule avec sa fille et son fils aujourd'hui âgé de 19 ans, a perdu son aînée et son petit-fils en l'espace de quelques jours. Comme un malheur n’arrive jamais seul, elle est actuellement sans emploi. Cette habitante de St-Pierre allègue avoir été injustement licenciée de son poste d’une chaîne internationale de restauration rapide à la suite d’un malentendu sur un jour de congé.

Mais pour l'heure, son deuil prend toute la place. Elle repense avec une douleur incommensurable à cette journée où sa fille lui a été enlevée. «8er30 finn dir mwa mo tifi finn mor. Me se 18 er ki nou'nn gagn so lekor ek 22 er ki nou'nn fer so lanterman St-Pierre», murmure Reshma. Mais avant cela, d'autres faits sont venus semer le trouble parmi les membres de la famille. «Lizie mo tifi ti zonn kan finn amenn li kot Al Insaan Funeral Centre pou prepar li pou so lanterman. So lizie ti inpe sorti ousi. Dan lopital zot ti kasiet so lizie kan nou ti al get li. Kan pe donn li so bin, nou finn aprann ki so ple ti ankor ouver. Pa ti rekoud li bien», s’insurge Reshma qui souhaite également clarifier quelque chose d'important autour du décès tragique de sa fille : «Zame mo tifi ti al fer kirtaz dan klinik avan al lopital kouma sertin dimounn pe rod fer kwar. Fos sa. Li ti pe extra kontan pou gagn so tibaba.»

Enquête interne

Le ministère de la Santé assure qu’une enquête interne est déjà en cours dans cette affaire. Des cadres de l’administration de l’hôpital de Pamplemousses ont rencontré Reshma et son gendre le jeudi 28 mai et les deux parties ont eu l’occasion de s’expliquer. Totefois, les explications fournies n’ont pas convaincu Reshma. «Bann dokter ki ti la finn tir dosie mo tifi ek lir tou seki ti ena ladan ek nou. Zot dir ki swa-dizan tibaba-la ti fini mor 48 er avan lakousman», confie l’habitante de St-Pierre.

Elle persiste et signe : «Nou anvi kone kifer dokter ki ti examinn mo tifi premie kout la pa ti dir nou sa. Nou anvi ousi kone kifer ti fer enn pikir ek mo tifi kan li ti vini premie fwa-la. Mo zann dir ki tibaba ti ankor pe bouze dan vant kan li ti amenn mo tifi lopital premie kout. Bann dokter dir nou ki mo tifi finn develop bann konplikasion apre lakousman. Nou anvi kone kifer lopital pa ti telefonn nou kan finn al oper li an irzans. Lopital mem ti dir nou leker tibaba ti pe bat feb kan ti admet mo tifi deziem kout. Nou anvi kone si mo tifi inn fer emorazi akoz inn koup-koup li plizir fwa.»

Reshma et les siens invitent toute personne détenant des informations pouvant l'aider dans sa quête de justice à se manifester. Elle lance également un appel à un avocat qui serait prêt à représenter la famille pro bono. Derrière les murs de la maison endeuillée à Pamplemousses, où résidait Bibi Benazeer Mungralie et son compagnon Mohammad Azhar Lallmohamed, une chambre pleine de projets est désormais vide. Aucun prénom n’avait encore été choisi pour le bébé. Le couple voulait garder la surprise jusqu’à la naissance. Aujourd’hui, il ne reste que des souvenirs, des vidéos d’un bébé qui bougeait encore dans le ventre de sa mère et une famille dévastée qui réclame des réponses.

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