Ils ne formaient qu’un dans ce combat. Guillaume Rousselin et sa sœur Karen partageaient un amour fraternel profond, un lien qui s’est encore renforcé face à la maladie du jeune homme, un lymphome de Hodgkin de stade 4. Pendant des semaines, Karen a tout fait pour accompagner son frère dans son combat contre cette grave condition qui le rongeait peu à peu.
La semaine dernière, face aux difficultés administratives rencontrées pour la prise en charge de ses soins, Karen avait partagé sa détresse sur Facebook. Ses mots ont rapidement touché le cœur de nombreux Mauriciens. Un véritable élan de solidarité s’est alors créé autour de Guillaume et de sa famille, leur redonnant une lueur d’espoir dans cette épreuve. Admis à l’Aegle Hospital, à Rose-Belle, puis à la clinique du Bon Pasteur, Guillaume s’est battu jusqu’au bout. Mais le mercredi 19 août, il a, hélas, rendu son dernier souffle. Pour Karen, la douleur est immense. Mais au milieu du chagrin, elle tient à saluer la générosité de ceux qui ont tendu la main à son frère.
Elle explique que Guillaume était profondément reconnaissant envers ceux qui l’avaient soutenu et qu’il souhaitait, un jour, pouvoir leur rendre le double de cette générosité. «Je tiens à remercier tous les Mauriciens qui ont cotisé pour nous. Mon frère, quand il était encore là, me disait que lorsqu’il irait mieux, il voudrait rendre la pareille à toutes les personnes qui nous avaient aidés. Pour toutes les donations que nous avons reçues, je vais respecter la volonté de mon frère et les partager avec la famille qui nous a soutenus», confie Karen.
Elle dit également beaucoup regretter les lenteurs administratives qui ont rendu ce combat plus difficile encore. «Je suis d’accord que mon frère était malade, je ne dis pas le contraire. Mais les lenteurs des procédures administratives ont aussi contribué à son décès aujourd’hui. Quand on l’a diagnostiqué, son état était déjà avancé. Je ne mets la faute sur personne, mais combien de personnes atteintes de cancer ont pu s’en sortir ? Mon frère, lui, n’a pas pu survivre en l’espace de trois mois», témoigne-t-elle. «C’est dur, il est vrai, mais je suis soulagée qu’il ne souffre plus. Nous étions là pour l’encourager, mais c’est lui qui souffrait», nous partage la jeune femme, bouleversée.
Au-delà de sa propre douleur, Karen pense surtout à ses parents. Elle déplore également le manque de considération dont son frère aurait été victime après son décès, notamment de la part de ses employeurs. Aujourd’hui encore, Karen attendait un document attestant que Guillaume était dans l’incapacité de travailler, document nécessaire pour certaines démarches administratives liées à ses soins. Celui-ci, regrette-t-elle, ne lui aurait jamais été remis. Mais malgré les épreuves, Karen choisit de retenir les bons souvenirs. «Les cinq jours que nous avons passés à la clinique d’Aegle Hospital, à Rose-Belle, étaient comme une retraite entre mon frère et moi. Nous étions là, en silence. Il m’a même demandé de lui lire son article dans 5-Plus, qu’il avait aimé», raconte-t-elle.
«Je suis toujours en train de l’honorer, de le rendre fier. J’espère le revoir dans un autre monde, où nous pourrons être réunis à nouveau», confie Karen. Elle remercie aussi le père Sylvest pour son accompagnement et sa bénédiction, ainsi que la docteure Yasminta Bundhoo, présente jusqu’au bout aux côtés de Guillaume.