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À 32 ans, Guillaume Rousselin est atteint d’un lymphome de Hodgkin de stade 4

Sa sœur Karen : «Kot bann institisyon pa finn ed nou, se bann Morisien ki pe fer li»

17 août 2026

La famille Rousselin appelle à la solidarité continue des Mauriciens pour sauver la vie de Guillaume.

Il y a trois mois, la vie des membres de cette famille a basculé lorsque le diagnostic de leur proche est tombé. Âgé de 32 ans, Guillaume Rousselin doit se battre contre un lymphome de Hodgkin de stade 4. Face aux lenteurs administratives pour débloquer les aides financières pour ses soins, ils ont pu compter sur un élan de générosité populaire pour poursuivre ses traitements durant cette période critique où chaque minute compte. Profondément reconnaissante, la famille appelle à maintenir cet élan car son combat étant loin d’être terminé. Témoignage.

Là où les frères et sœurs partagent un passé, certains partagent une seule et même existence ; un lien si fusionnel où la douleur de l’un fait immédiatement saigner le cœur de l’autre. Alors, quand la maladie a frappé Guillaume Rousselin, 32 ans, le costume de confidente de Karen, sa sœur ainée, s’est effacé pour laisser place à une armure de combat, la poussant à déplacer des montagnes. Face à l’attente insoutenable des procédures administratives, à des semaines qui s’éternisent au cours d’une période critique où le temps est un luxe dont ils ne disposent pas, elle a livré sa détresse et son urgence sur les réseaux sociaux. En l’espace de seulement 24 heures, son cri du cœur a trouvé un écho puissant chez les Mauriciens, déclenchant une immense vague de sympathie et de solidarité, permettant ainsi à Guillaume de poursuivre ses soins médicaux essentiels. « Kot bann institisyon pa finn ed nou, se bann Morisien ki pe fer li », nous confie-t-elle, émue et reconnaissante. Bien que le soulagement soit réel, le combat est encore long et le soutien financier demeure vital pour surmonter toutes les étapes médicales qui les attendent encore.

Dans la bouche de sa sœur, les mots se teintent d’une immense admiration pour ce frère qu’elle décrit comme un jeune homme d’une bonté sans pareille. «Il est super gentil. Il a toujours aidé dans la localité, a souvent fait des donations pour les enfants dans le besoin.» Ambitieux et débrouillard, il travaillait à plein temps tout en gérant sa propre entreprise dans la vente de nourriture il y a encore quelques mois. Véritable passionné de cuisine, il passait beaucoup de temps aux fourneaux, même à la maison. «Li ti kontan pou ed mo mama kwi lakaz. Se limem ki ti pe fer bann bon ti manze kot nou.» Très à cheval sur son hygiène de vie, «li ti pe al so gym toulezour ek zame li ti pe manz deor. Il veillait toujours à manger équilibré». Cette vie à cent à l’heure était portée par de grandes ambitions et des projets qu’il souhaitait concrétiser. D’ailleurs, avec sa petite amie, il venait de faire l’acquisition d’une maison. Un rêve suspendu, car il est tombé gravement malade très peu de temps après en avoir obtenu les clés, sans avoir pu s’y installer.

C’est au début du mois de mai que les premiers symptômes de la maladie ont fait leur apparition, mais les mauvais diagnostics se sont enchainés. Ne se sentant pas très en forme, il s’était rendu à l’hôpital, où on lui avait attribué le chikungunya et donné des médicaments. Environ deux semaines plus tard, ne voyant aucune amélioration dans son état de santé, sa sœur lui avait recommandé de se rendre à la New ENT Hospital car «li ti gagn enn bos kot so licou». Cette fois encore, «un médecin lui a dit que c’était probablement une sinusite qui avait entrainé une accumulation de fluide. On lui a simplement prescrit des antibiotiques pour une semaine». S’inquiétant de ne pas le voir aller mieux, Karen lui avait alors demandé de consulter un médecin privé pour en avoir le cœur net. «Se la ki dokter-la inn dir li ki linn perdi boukou pwa ek ki sa boss dan so likou-la pa normal.» La douche froide a été totale lorsque des examens approfondis ont révélé la terrible réalité : un lymphome de Hodgkin de stade 4.

«Nous ne pouvions plus rester les bras croisés...»

Grâce à ce médecin privé, Guillaume a commencé son traitement en urgence dans un établissement public des Plaines-Wilhems. Hélas, les soins qu’il aurait reçus sur place ne lui ont pas été favorables. «A son arrivée dans l’établissement, mon frère était déjà affaibli, il avait un début de jaunisse, mais il pouvait encore se déplacer. Après son admission, les médecins nous ont indiqué qu’ils préféraient qu’il soit alité pour sa santé et son bien-être. Au bout de deux semaines, il a développé des escarres et ne recevait aucun traitement pour cela. Sa ti pe koumans vinn enn stress pou li ; li ti pe per ki li infekte. Nou pa ti pe kapav trouv so leta dan lopital. Au lieu de voir des améliorations, nous voyions le contraire. So lizie ti pe vinn pli zonn, so lame ek so figir ousi. Cela nous faisait mal de le voir ainsi.» Après un PET scan, «les médecins nous ont indiqué que son foie ne se régénérait pas, que ce serait difficile de le soumettre à une chimiothérapie au risque de le perdre. Ces informations ont été difficiles à assimiler». C’est ainsi contre avis médical que les proches de Guillaume l’ont fait quitter l’établissement, préférant s’en remettre à un médecin privé. «Nous ne pouvions plus rester les bras croisés. Nou ti pe trouve ki nou pou perdi li. Au stade où il en est, les ganglions sont presque tous cancéreux dans son corps. Ils sont présents dans sa gorge, au niveau de son thorax, dans les poumons et dans le corps.»

Les traitements qu’il a ensuite reçus dans une clinique privée à Quatre-Bornes leur ont redonné espoir. «La doctoresse que nous avons rencontrée a été une véritable sauveuse. Gras a li, mo frer inn rekoumans so physio, inn rekoumans marse.» Bien que cette prise en charge se soit avérée bénéfique pour sa santé, l’asphyxie financière a été immédiate. «Nos parents sont âgés ; mon père a des problèmes cardiaques, tandis que ma mère a commencé à faire une rétention d’eau juste après que mon père ne tombe malade. J’ai quitté un emploi que j’exerçais depuis plus de 10 ans pour pouvoir prendre soin d’elle, sans m’imaginer que mon frère tomberait aussi malade. Tout s’est enchainé jusqu’à maintenant», lâche Karen, dépassée par la situation. Elle s’est même retrouvée dans l’obligation d’annuler la réception prévue pour son mariage, qui devait avoir lieu en septembre. Ne sachant plus à quel saint se vouer, elle s’est ainsi tournée vers la fondation OMCA. «Ils m’ont demandé de leur soumettre une liste de documents pour pouvoir entamer une collecte de fonds pour mon frère.» Si elle a été en mesure de réunir tous les documents nécessaires, seule l’obtention d’une signature auprès d’un représentant de l’église de sa localité s’est avérée compliquée. «Ce document stipulait simplement le fait que Guillaume habite à Beau-Bassin et qu’ils le connaissaient, mais ils ne l’ont pas signé jusqu’ici. Je me suis sentie abandonnée ; je n’ai eu aucun soutien de leur part, pas même moral. Je me suis sentie encore plus détruite que je ne l’étais.» De son côté, un préposé de l’église concernée a tenu à apporter une mise au point. Dans un communiqué, il indique, entre autres, n’avoir pas signé ledit document parce que «je n’ai pas obtenu de réponse suffisamment claire permettant de justifier cette demande». Pour ajouter aux malheurs de la famille Rousselin, la compagnie pour laquelle travaille Guillaume ne leur a toujours pas remis le document stipulant qu’il n’était plus en mesure de travailler depuis des mois, pour pouvoir justifier son incapacité à régler son emprunt bancaire. «Au bout de plusieurs semaines d’attente, je n’ai eu autre choix que de partager mon calvaire sur les réseaux.»

Après cette publication, l’élan de solidarité ne s’est pas fait attendre. Ce cri du cœur a instantanément bouleversé les Mauriciens, qui ont été nombreux à contribuer. «Nou vreman rekonesan pou sa kantite led ek donasyon ki nou pe kontign resevwar la, notamment de La Casa Properties. Dan nou bann moman difisil, nou santi nou ena boukou soutien. Morisien pann get devan deryer, zot tou inn ede koum zot kapav. Bann zanfan Cité Barkly ousi finn bien ed mwa ; zot ti bann premye kinn vinn tap mo laport pou soutenir mwa.» En l’espace de seulement 24 heures, près de Rs 200 000 ont été amassées. L’argent récolté permettra ainsi à Guillaume de poursuivre son traitement, mais son combat est loin d’être terminé. Ce samedi 15 août, c’est très affaibli, mais toujours en gardant le sourire que ce battant dans l’âme a été transféré en ambulance de son domicile à l’Aegle Cancer Hospital de Rose-Belle pour son admission. La famille est également en pourparlers avec un établissement hospitaliser de l’île de la Réunion pour que Guillaume puisse y poursuivre ses soins et ont pu, jusqu’ici, compter sur le support des Mamours, à leurs côtés dans leurs démarches.

Le cœur gros, Karen lâche, émue : «Enn sel frer mo ena, limem inn lager pou mwa. Depi mo tipti linn protez mwa, li ti toultan mo sipor moral, limem inn debout pou mwa toultan. Se pou sa ki mo pou lager pou li ziska dernye ler. Li mo pilie depi touzour. J’espère que mon pilier vivra encore longtemps, pour qu’il puisse être à mes côtés et m’accompagner dans mon cheminement de vie.» Elle encourage également tout un chacun à se faire dépister car «cancer pa get figir» et remercie tous ceux qui continuent de les soutenir dans cette épreuve douloureuse.

Ceux souhaitant leur apporter une aide financière peuvent contribuer sur le numéro de compte suivant : 000 113 704 925 (MCB)

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