Téléphone au volant, alcool, conduite sans permis, road rage ou courses sauvages : sur les routes mauriciennes, une nouvelle ère de sanctions s'ouvre dès aujourd'hui, mercredi 30 septembre. Car la route change de règles. Avec l'entrée en vigueur de huit des onze amendements apportés au Road Traffic Act 2026, le gouvernement durcit nettement le ton face aux comportements jugés dangereux sur les routes. Alcool au volant, conduite sans permis, excès de vitesse sous forme de courses sauvages, rage au volant ou encore téléphone en main : plusieurs infractions sont désormais assorties de sanctions plus lourdes. Présentant ces changements lors d'une conférence de presse, ce mardi 29 septembre, le ministre du Transport, Osman Mahomed, a détaillé les nouvelles dispositions qui sont entrées en vigueur à partir de minuit le 29 septembre. Ci-dessous, ce qui va changer.
● Alcool et drogues : le permis peut disparaître
C'est l'un des changements majeurs de cette réforme. Toute personne reconnue coupable d'avoir conduit ou circulé à vélo sous l'influence de l'alcool, de drogues ou d'une substance intoxicante verra son permis suspendu pour une période allant de deux à six mois. Et les sanctions financières et pénales prennent une autre dimension. Pour une première condamnation, l'amende ira de Rs 200 000 à Rs 500 000, avec jusqu'à cinq ans d'emprisonnement. En cas de récidive, la facture grimpe fortement : de Rs 500 000 à Rs 1 million, accompagnée d'une peine de 12 mois à huit ans de prison. Le contrevenant pourra également être interdit de détenir ou d'obtenir un permis de conduire à Maurice pendant au moins cinq ans.
● Tuer au volant sans permis : les sanctions s'alourdissent
Autre changement particulièrement sévère : lorsqu'une personne cause la mort d'un autre usager en conduisant un véhicule sans permis de conduire, permis provisoire ou permis international, elle commet désormais une infraction passible de lourdes sanctions. La première condamnation pourra entraîner une amende de Rs 200 000 à Rs 500 000 et jusqu'à cinq ans de prison. Pour une deuxième condamnation, l'amende pourra atteindre Rs 1 million, avec une peine allant de 12 mois à huit ans de prison, ainsi qu'une interdiction d'obtenir ou de détenir un permis pendant au moins cinq ans.
● Le « road rage » devient une infraction
Les comportements agressifs sur la route ne sont plus seulement une question de civisme. Désormais, les actes de road rage constituent une infraction. Toute personne reconnue coupable pourra écoper d'une amende comprise entre Rs 50 000 et Rs 100 000, ainsi que d'une peine pouvant aller jusqu'à 12 mois d'emprisonnement. Une manière de faire entrer la colère au volant dans le champ des sanctions pénales.
● Mort par conduite dangereuse, les amendes doublent
Autre coup de vis : les amendes prévues pour avoir causé la mort d'une personne par conduite dangereuse sont doublées. Elles passent à Rs 100 000 à Rs 250 000, avec une peine d'emprisonnement pouvant atteindre cinq ans. En cas de deuxième condamnation, l'amende sera comprise entre Rs 400 000 et Rs 800 000, tandis que la peine de prison ira de 12 mois à huit ans.
● Téléphone en main : désormais clairement sanctionné
C'est un changement qui concernera directement des milliers d'usagers. Utiliser un téléphone portable tenu en main ou tout autre appareil de communication interactif tenu en main en conduisant un véhicule ou en circulant à vélo constitue désormais une infraction. Autrement dit, le téléphone n'a plus sa place dans la main du conducteur ou du cycliste lorsqu'il est en mouvement.
● Refuser de s'arrêter, échappement modifié et courses sauvages dans le viseur
La réforme ne s'arrête pas là. Un conducteur qui ne se conforme pas à l'ordre d'arrêt donné par un policier sera passible d'une amende comprise entre Rs 25 000 et Rs 100 000. Les automobilistes utilisant un véhicule équipé d'un silencieux modifié, rendant le bruit des gaz d'échappement plus important, risquent quant à eux une amende pouvant atteindre Rs 10 000. Même logique pour les courses ou épreuves de vitesse non autorisées sur la voie publique : l'amende passe désormais à Rs 50 000 à Rs 100 000.
● Mais tout n'entre pas en vigueur
Certains changements devront encore attendre. La disposition permettant à la police de saisir un véhicule lorsqu'une personne conduit ou circule à vélo sous l'influence de l'alcool, de drogues ou d'une substance intoxicante, avant de le transporter vers un lieu sécurisé, sera mise en œuvre ultérieurement. Même chose pour l'utilisation des caméras Safe City afin de détecter les infractions au Code de la route. Cette mesure sera introduite à une étape ultérieure, à travers les dispositions prévues dans le Finance Bill.
● Le permis numérique arrive sur la route
Autre nouveauté, cette fois-ci numérique : à partir de janvier 2027, les conducteurs devront être en possession soit de leur permis de conduire original, soit de leur Digital Driving Licence (DDL). Le ministre de l'Information Technology, Communication and Innovation, Avinash Ramtohul, a d'ailleurs lancé un appel aux automobilistes : vérifier dès maintenant que toutes les informations relatives à leur permis numérique sont bien disponibles sur l'application KOREK! Et la digitalisation ne s'arrête pas au permis. Le système de paiement en ligne des amendes pour les infractions ne donnant pas lieu à des points de pénalité doit être lancé le 30 octobre, une fois la loi officiellement proclamée. En onze amendements, dont huit ont pris effet depuis ce mardi soir, le Road Traffic Act change donc de visage. Pour les usagers de la route, le message du gouvernement est clair : les comportements dangereux coûteront désormais beaucoup plus cher — en argent, en liberté et, dans certains cas, en droit de conduire.