Publicité

Lalita Juggessur, 63 ans, assassinée chez elle

Sa sœur Kavita : «Se enn mari sok pou nou fami»

22 juin 2026

Les proches de Lalita Juggessur l'ont retrouvée morte dans la chambre à coucher.

Le village de Petit-Raffray est sous le choc après le meurtre brutal de Soobhowtee Juggessur, plus connue sous le nom de Lalita, âgée de 63 ans. Elle a été étouffée chez elle, ce vendredi 19 juin, et l’enquête policière s’oriente vers un vol ayant mal tourné. À la suite d'un important travail d'enquête et de renseignement mené par les officiers de la Field Intelligence Unit et de la CID de la Division de Goodlands, un suspect âgé de 30 ans, résidant à Petit Raffray, a été arrêté par la police le dimanche 21 juin. Son entourage, ébranlé, s’est confié.

Semaine après semaine, l’île semble s’enfoncer dans une spirale de violence que rien ne semble pouvoir freiner. En très peu de temps, une série de crimes violents est venue secouer l’île, installant un sentiment grandissant d’insécurité au sein de la population. Le dernier drame en date ne fait qu’illustrer, une fois de plus, cette sombre tendance. Ce vendredi 19 juin, la nuit tombait à peine sur Petit-Raffray lorsque l’horreur s’est invitée au domicile de Soobhowtee Juggessur, plus connue sous le nom de Lalita. Âgée de 63 ans, cette veuve sans histoire a croisé le chemin de la barbarie, étouffée dans sa propre maison par un individu dont l’identité n’avait pas encore été établie à l’heure où nous mettions sous presse. D’après les premiers recoupements d’informations des forces de l’ordre, il s’agirait d’un vol ayant mal tourné.

Domiciliée à la rue Mahatma Gandhi, Lalita Juggessur occupait seule le rez-de chaussée du domicile familial depuis le décès de son époux, survenu en août 2024. Sa fille Karuna habite dans le centre de l’île et son fils vit à l’étranger depuis plusieurs années. Il devrait rentrer à Maurice dans les plus brefs délais pour aider son entourage à organiser les funérailles. Au premier étage de la demeure vit sa nièce Medha et sa famille. C’est d’ailleurs cette dernière qui a fait la découverte macabre ce soir-là. Aux enquêteurs, elle a raconté avoir vue la sexagénaire pour la dernière fois aux alentours 6h30, lorsque celle-ci quittait son domicile pour se rendre au travail – elle était employée dans l’usine de textile Denim de L’Ile, située à Ile d’Ambre, Rivière-du-Rempart. C’est en début de soirée, en rentrant de chez sa mère, que Medha l’a trouvée sans vie, allongée sur le sol de sa chambre à coucher, la tête posée sur un oreiller.

Découverte macabre

Ce samedi 20 juin, pendant que les enquêteurs continuaient de mettre les bouchées doubles pour retrouver le suspect, les aînés de la famille se démenaient de tous côtés pour régler les formalités des funérailles. Rencontré au domicile familial, le fils de Medha, un adolescent de 14 ans, est revenu sur la chronologie des faits ayant mené à la découverte macabre. «Plus tôt, hier soir (NdlR, vendredi), ma mère et moi sommes allés rendre visite à mes grand-parents, qui habitent dans la localité. Kan nou'nn rant lakaz, ver 21 er, nou'nn remarke ki tou bann lalimier dan lakaz mo granmer ti tegn alor ki li abitie alim tou so bann lalimier kan li la. Li tegn partou kan li pe al dormi ver 22 er. Kan mo mama inn remarke ki ti ena enn boutey delwil deor, linn monte pou chek zimaz kamera.» Sur les images, poursuit le jeune homme, «nou'nn trouv granmer Lalita pe rant kot li ansam ek enn misie ki nou pa kone». Ayant le pressentiment que quelque chose de grave s’était produit, Medha aurait demandé à son fils d’alerter la police avant même de descendre s’enquérir de la situation. Ses soupçons se sont vite confirmés. Selon l’adolescent, «mo mama ena enn lakle lakaz granmer Lalila. Enn tonton inn al ansam ek li. Kouma zot finn ouver, zot finn trouv enn misie sove ale par lafnet». C’est à ce moment-là qu’ils ont constaté l’horreur.

D’après des sources policières, les images des caméras de surveillance ont révélé que Lalita Jaggessur avait regagné son domicile aux alentours de 17h52 ce jour-là. Un homme au visage difficile à identifier à cause de son écharpe rouge, qu’elle donnait l’impression de connaître, l’avait suivie jusqu’à sa demeure. Il portait aussi une casquette bleue, un manteau noir et blanc, un pantalon de couleur foncée et avait un sac sur les épaules. Il s’agirait d’un ressortissant étranger, selon les enquêteurs. On peut ensuite voir la sexagénaire lui remettre une paire de ciseaux pour découper le sac en question, qui semblait contenir des semences. Puis, toujours selon ces images, Lalita Juggessur a fini par entrer dans sa maison, suivie de cet individu. Les enquêteurs n’écartent pas la possibilité qu’une fois à l’intérieur, le suspect s’en serait pris à elle et l’aurait étouffée avec un oreiller pour lui dérober de l’argent. D’autant que, selon leurs renseignements, elle avait souvent de grosses sommes sur elle. L’autopsie pratiquée par le Dr Maxwell Monvoisin, médecin légiste de la police, ce samedi 20 juin, a attribué son décès à une asphyxia by smothering.

Dans son entourage, Lalita Juggessur, qui était l’aînée d’une fratrie de sept enfants, est décrite comme «une dame bien gentille et joviale». Mariée depuis l’âge de 16 ans, elle a perdu son époux il y a deux ans. Lorsqu’elle ne travaillait pas, elle passait le plus clair de son temps libre dans son potager, situé dans l’arrière cour. Émue, sa petite sœur Kavita, qui vit à Goodlands, refuse d’accepter les circonstances de sa mort. «Se enn mari sok pou nou fami. Mo ser inn konn zis travay dan so lavi. Li pa merit enn lamor koumsa.»

Publicité