Entre incompréhension et indignation, les parents des victimes présumées de Percy Duval dénoncent une décision qui, selon eux, expose à nouveau leurs enfants à la peur. Arrêté par la police de Rivière-Noire, cet habitant de Tamarin est soupçonné d’avoir mis en place un véritable système pour abuser sexuellement de jeunes enfants : il aurait invité des amies de sa fille à venir dormir chez eux à Tamarin avant de passer à l'acte.
Malgré la gravité des accusations et l’opposition de la police à deux reprises, le suspect a obtenu la libération conditionelle le 27 avril, après seulement deux semaines en détention, contre une caution de Rs 60 000. Une décision vécue comme une énorme gifle par les familles. «Nos enfants vivent dans la peur. Ils savent que cet homme est à nouveau en liberté», lâche le père d’une victime présumée. Sa fille n’avait que 4 ans lorsqu'elle aurait été victimes des abus allégués. Elle en a aujourd’hui 14. Dix ans de silence, dix ans d’attente et, au final, un sentiment d’abandon.
Ce parent affirme avoir alerté les autorités dès l’époque, notamment le bureau de l’Ombudsperson for Children. Une enquête aurait été initiée. Le suspect aurait même été interrogé. Mais il n'y aurait eu aucune suite judiciaire concrète. «On nous a dit de ne pas porter plainte pour éviter de traumatiser l’enfant. Aujourd’hui, on paie le prix de cette décision.» Du côté des familles, la colère est immense. Certaines dénoncent des pressions en coulisses pour faciliter la remise en liberté du suspect. D’autres évoquent des menaces directes.
«Un membre de sa famille aurait parlé de tuer les victimes», affirme une mère, encore sous le choc. Cette dernière ne comprend pas non plus les conditions entourant la procédure : «Lors de la parade d’identification, il n’était même pas menotté. Il donnait l’impression de narguer les victimes.» Sa fille, aujourd’hui suivie psychologiquement, n’a pas dormi la nuit où elle a appris que son agresseur présumé était libre.
Tableau glaçant
Les témoignages des victimes présumées dressent un tableau glaçant. Des victimes qui ne se connaissaient pas entre elles. Certaines qui dénoncent des abus répétés sur plusieurs années. Une autre qui affirme avoir été contrainte à des actes sexuels. Une proximité familiale dans certains cas, qui aurait facilité le silence et la dissimulation. Et pendant ce temps, le suspect, lui, nie et garde le silence face aux enquêteurs.
Autre élément troublant : il aurait consigné des plaintes pour diffamation contre certaines familles avant même son arrestation. Une démarche perçue comme une tentative d’intimidation supplémentaire. Aujourd’hui, les familles refusent de se taire. Elles interpellent directement les autorités. «Le Directeur des poursuites publiques doit intervenir. La ministre Arianne Navarre-Marie doit également réagir. Cette décision doit être contestée.» Elles réclament une prise de position claire de la ministre concernée.
Malgré tout, elles saluent le travail de la police, de la Child Development Unit et le soutien psychologique mis en place par le ministère de l’Égalité des genres. Arianne Navarre-Marie, de son côté, ne semble pas rester indifférente à cette affaire ni aux cris du coeur de ces familles. Elle prévoit de les rencontrer ce lundi 4 mai pour parler de tout ça et décider de la marche à suivre.
Pour les familles, l’essentiel est aussi, et surtout, de comprendre comment, dans une affaire aussi grave, un suspect visé par six plaintes a pu retrouver la liberté si rapidement. Selon Pedostop, seule une minorité de victimes, soit 3 sur 10, osent aller jusqu’au bout des démarches judiciaires. Honte, peur, pression sociale : autant de freins qui étouffent la parole. Dans cette affaire, les familles des six victimes présumées veulent briser ce silence. Elles demandent aux éventuelles autres victimes de venir de l'avant. Car pour elles, une chose est claire : ce combat dépasse leur propre histoire. C’est une question de justice. De protection des enfants. Et de guérison.
Child grooming allégué : Avin Chetraj Parmanund obtient la liberté provisoire
Le promoteur immobilier Avin Chetraj Parmanund a été libéré sous caution après avoir comparu devant le tribunal de Pamplemousses dans une affaire d’allégations de child grooming. Il a été arrêté le 17 avril après une plainte déposée par une adolescente de 13 ans, amie de sa fille. Il est accusé d’avoir envoyé des messages à caractère sexuel et des propositions inappropriées. Il nie les accusations.
Il a été libéré le lundi 27 avril après avoir payé une caution de Rs 10 000, sous conditions imposées par la cour. La police indique que des messages ont été fournis, des captures d’écran ont été remises, et une analyse du téléphone est en cours.
La Financial Crimes Commission enquête aussi sur Avin Chetraj dans une affaire de blanchiment d’argent lié à des transactions immobilières, incluant un duplex d’une valeur de Rs 4,9 millions. La victime présumée est un ancien directeur de la Tourism Authority. Le promoteur reconnaît avoir reçu Rs 4,9 millions comme paiement partiel mais nie toute fraude, affirmant que le projet a été retardé mais reste en cours. Les autorités continuent de rassembler des preuves et d’examiner les données numériques et financières. Les deux enquêtes se poursuivent et pourraient évoluer dans les prochaines semaines.
Frédéric Pavaday libéré sous caution après deux mois de détention
L’ancien enseignant de musique de la Loreto Junior School de Curepipe, Frédéric Pavaday, a été libéré sous caution le 28 avril après plus de deux mois en détention dans une affaire d’allégations d’attouchements sur mineures. Il a fourni une caution de Rs 70 000 et signé une reconnaissance de dette de Rs 300 000 devant le tribunal de Curepipe. Le bureau du DPP n’a pas objecté à sa remise en liberté sous conditions. La police a indiqué en cour que l’enquête n’est plus à un stade préliminaire et que des vérifications techniques sont toujours en cours.
Des conditions strictes ont toutefois été imposées au suspect : il doit, entre autres, se présenter au poste de police de sa localité entre 6 heures et 18 heures, informer les autorités de ses déplacements et ne pas contacter les victimes présumées ou les témoins. Selon la police, plusieurs dépositions ont été recueillies, incluant celles de trois anciennes élèves. L’homme conteste les accusations et nie toute relation sexuelle avec une mineure, même s’il admet avoir été en contact avec une des victimes présumées. Trois plaintes ont été enregistrées dans cette affaire, certaines portant sur des faits anciens remontant à plusieurs années.
Deux adolescentes accusent un proche d'attouchements
Deux jeunes filles de 14 et 17 ans ont dénoncé des attouchements présumés et des faits de violence survenus dans la nuit du 26 avril. La plus jeune, élève en Grade 8, affirme que, pendant son sommeil, un homme de 30 ans lui aurait caressé les jambes par-dessus ses vêtements. Prise de peur, elle s’est réveillée et a immédiatement informé une tante.
La seconde adolescente rapporte des faits impliquant le même individu survenus plus tôt dans la journée. Elle explique qu’il l’aurait saisie par la hanche près d’une boutique. Après qu'elle l'aurait repoussé, il aurait lancé une barre de fer dans sa direction, la blessant à la jambe droite. La jeune fille affirme également qu'au cours de la nuit, l’homme serait entré dans sa chambre et l’aurait caressée au visage, à la poitrine et à la jambe, par-dessus ses vêtements. Effrayée, elle a également alerté une proche. Le suspect a été arrêté le lendemain et placé en détention. Il fait l’objet d’une accusation provisoire d’attentat à la pudeur.
**Enquête policière sur des échanges suspects impliquant une mineure **
La police a ouvert une enquête suite à une plainte déposée par un parent. Ce dernier a signalé un incident survenu le 26 avril concernant l’utilisation d’un téléphone familial par sa fille mineure. L’enfant utilisait l’appareil pour des échanges sur les réseaux sociaux lorsqu’il a remarqué une conversation suspecte avec un utilisateur inconnu. En consultant les messages, il a découvert plusieurs contenus jugés inappropriés. Il a ensuite effectué un appel vidéo avec l’interlocuteur, durant lequel il aurait été brièvement exposé à un comportement à caractère sexuel explicite avant que l’appel ne soit interrompu. D’autres messages similaires auraient été retrouvés. Interrogée, l'enfant n’a pas pu expliquer la situation.