Pendant 20 jours, il a mené un combat acharné sous le regard impuissant de ses proches qui espéraient un miracle. Hélas, les séquelles de la violence subie ont fini par l’emporter, transformant l’espoir des membres de son entourage en une douleur immense et définitive. Agressé par sa concubine le 2 avril dernier, Eric Adroit s’est éteint au département des soins intensifs de l’hôpital Dr A. G. Jeetoo le mercredi 22 avril, peu après la mi-journée. Une autopsie pratiquée par le Dr Seewooruttun, médecin légiste de la police, a attribué son décès à une septicémie.
Séparé de son ancienne compagne, Eric Adroit, un soudeur de 52 ans, fréquentait une autre femme depuis quelque temps. Celle-ci était venue s’installer chez lui, à Circonstance, Saint-Pierre. Dans une déclaration faite à la police après l’agression, Michael, le frère de la victime, domicilié à la même adresse, a indiqué que ce soir-là, il se trouvait au premier étage lorsqu’il a entendu le couple se disputer. Lorsqu’il est allé les voir au rez-de-chaussée, il a retrouvé son frère allongé sur le sol, saignant d’une blessure à la tête.
L’un des fils d’Eric Adroit, qui vit avec sa mère, raconte : «Nou finn tann dir ki zot ti pe lager, lerla madam-la inn bles mo papa.» Sans tarder, Michael a alerté le SAMU qui a conduit le quinquagénaire à l’hôpital. Après avoir reçu les premiers soins, il a été admis au département des soins intensifs. «Depi li'nn admet lopital, li pa'nn korek. Dokter ti fini dir nou ki so leta ti kritik, ki li ant lavi ek lamor», indique son fils. Arrêtée, Maligaye Soobrayen, 60 ans, la concubine du quinquagénaire, a d’abord été inculpée pour agression préméditée. Après le décès d’Eric Adroit, cette charge provisoire a été requalifiée en meurtre. Elle reste en détention policière.
Eric Adroit est décrit par son fils comme un homme «korek, trankil, ki kontan koze». Même s’ils ne vivaient plus ensemble, «nous avions gardé de bonnes relations. Souvan mo ti pe rann li vizit, gete si li korek», dit-il. L’enquête suit son cours afin de faire la lumière sur le motif et les circonstances de la tragédie.