C’est un lundi de Pâques qui restera gravé dans l’histoire de l’Église. Le décès du pape François, survenu au matin de la fête majeure du calendrier chrétien, le 21 avril 2025, avait bouleversé des millions de fidèles à travers le monde. Considéré comme une figure marquante de son époque, artisan d’une Église plus ouverte et plus proche des périphéries, il laissait derrière lui un héritage considérable — et une question brûlante : qui pour lui succéder, et dans quel esprit ? Un an plus tard, le pontificat de Léon XIV, son successeur, s’impose déjà comme une réponse singulière à cette interrogation.
Élu dans un conclave marqué par une forte attente de continuité autant que de renouveau, Léon XIV avait surpris dès ses premiers instants. Son apparition au balcon de la basilique Saint-Pierre, sobre et recueillie, tranchait avec l’effervescence du moment. Pas de grands gestes, mais une parole posée, presque méditative. Il avait alors insisté sur «l’humilité du service» et «la nécessité de marcher ensemble», des mots qui résonnaient comme un écho direct à l’esprit de son prédécesseur.
Et les premières semaines de son pontificat, puis les mois qui se sont succédés ont confirmé cette impression : Léon XIV n’est pas un pape de rupture, mais un pape de consolidation. Dès ses débuts, il a multiplié les gestes symboliques forts. Visite discrète dans des quartiers défavorisés, rencontres avec des migrants, dialogue renouvelé avec des représentants d’autres religions — autant d’initiatives qui s’inscrivent clairement dans la continuité du pontificat précédent. Ce qui fait qu’il a vite gagné les cœurs.

Les observateurs qui suivent les pas du Saint-Père sont unanimes : réduire Léon XIV à un simple héritier serait une erreur. Car très vite, dès son accession à la tête du Vatican, son style personnel s’est affirmé. Là où François privilégiait souvent la spontanéité et l’improvisation, Léon XIV adopte, pour sa part, une approche plus structurée, presque pédagogique. Ses homélies, soigneusement construites, témoignent d’une volonté de clarifier les grands enjeux contemporains : crise écologique, fractures sociales, perte de repères spirituels. Il ne cherche pas seulement à émouvoir, mais à expliquer, à ancrer la foi dans une réflexion profonde.
Sur le plan des réformes, sa première année aura été marquée par une volonté de poursuivre les chantiers engagés, tout en les stabilisant. La question de la gouvernance de l’Église, notamment, a fait l’objet d’une attention particulière. Léon XIV a insisté sur la collégialité, renforçant le rôle des conférences épiscopales et encourageant une prise de décision plus décentralisée. Un choix qui traduit sa conviction : «une Église universelle ne peut fonctionner sans écouter ses réalités locales».
Sur les sujets sociaux, le nouveau pape marche clairement dans les pas de François. Sa défense des plus vulnérables reste constante, tout comme son appel à une économie plus juste. Mais son ton diffère. Moins incisif, parfois plus nuancé, Léon XIV privilégie le dialogue à la confrontation. Certains y voient une forme de prudence ; d’autres, une stratégie d’apaisement dans un monde déjà saturé de tensions. Ses déclarations les plus marquantes illustrent bien cette posture. Son intervention sur l’environnement, où il a rappelé que «la création n’est pas un décor, mais une responsabilité», a beaucoup interpellé. Dans la lignée des appels écologiques de son prédécesseur, il insiste sur une conversion intérieure autant que sur des actions concrètes. Là encore, son approche se veut moins militante que contemplative, invitant à une prise de conscience progressive.
Au-delà des discours, c’est la personnalité de Léon XIV qui intrigue et séduit. Discret, réservé, parfois perçu comme énigmatique, il contraste avec l’image plus chaleureuse et accessible de François. Pourtant, ceux qui l’approchent décrivent un homme profondément attentif, doté d’une grande capacité d’écoute. Son calme apparent masque une détermination réelle, notamment lorsqu’il s’agit de défendre l’unité de l’Église.
Un équilibriste
Cette première année aura également révélé un pape soucieux de réconcilier des sensibilités parfois opposées. Dans un contexte ecclésial marqué par des tensions internes, Léon XIV joue un rôle d’équilibriste. Il évite les positions tranchées, cherchant plutôt à construire des ponts — une tâche délicate, mais essentielle. Alors que s’achève cette première année de pontificat, une chose apparaît clairement : Léon XIV s’inscrit dans une continuité assumée, tout en imprimant progressivement sa propre marque. Moins spectaculaire que son prédécesseur, peut-être, mais tout aussi déterminé à faire évoluer l’Église dans un monde en mutation. Reste à savoir si ce style plus mesuré saura répondre aux défis immenses qui l’attendent.
Il y a quelques semaines encore, soit le 28 mars, le pape Léon XIV a effectué une visite qualifiée d’historique à Monaco ; la première d’un souverain pontife en près de cinq siècles. Invité par le Prince Albert II, et pour souligner la volonté de l’Église de s’adresser aux plus riches pour favoriser le partage, malgré le cadre luxueux de la Principauté de Monaco, le Saint-Père a dénoncé «les abîmes entre pauvres et riches» dans ce paradis fiscal, prônant la solidarité et la défense de la vie de la conception à la fin naturelle.
Léon XIV a rencontré la communauté catholique et a mené des temps de prière dans la cathédrale de l’Immaculée-Conception et, comme à chacun de ses déplacements, sa présence a ému et touché plus d’un. Notre compatriote Kinsley Dufresne-Paris fait partie de ceux qui ont pu voir le Saint-Père de près lors de son passage à Monaco. «Les mots ne suffisent pas pour exprimer ce sentiment presque indescriptible… Il faut le vivre au moins une fois dans sa vie ! Assister à cette venue exceptionnelle a été, une fois encore pour moi, un moment profondément émouvant. C’était la deuxième fois que je vivais un tel événement, la première fois remontant à 2019, quand le pape François était en visite à Maurice, et pourtant, cette fois-ci encore l’émotion était toujours aussi forte»,nous confie notre compatriote.
Le jeune Mauricien se dit particulièrement touché par la simplicité qui émanait du pape. «Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est la proximité. Le voir de plus près a rendu ce moment encore plus intense voire irréel. Au-delà de mes ressentis personnels, voir autant de personnes réunies, de tous âges et de toutes origines, partageant un même élan spirituel, m’a particulièrement touché. Cela nous montre à quel point la foi peut être une force invisible mais profondément unificatrice. Et surtout, au-delà de son image de luxe et de prestige, Monaco est, dans ces moments de rassemblement, un véritable carrefour où des personnes venues d’horizons différents s’y retrouvent, unies non pas par le paraître, mais par la foi», ajoute Kinsley Dufresne-Paris en revenant sur ce moment qui l’a marqué.
À partir de ce lundi 13 avril et cela jusqu’au 23 avril, le pape effectuera un voyage apostolique majeur en Afrique. Il passera ainsi 10 jours en Afrique, avec quatre pays visités : Algérie, Cameroun, Angola et Guinée équatoriale. Au programme : messes, rencontres politiques, visites sociales et appels à la paix dans des régions sensibles. Ce déplacement mêle diplomatie, dialogue interreligieux et soutien aux communautés chrétiennes locales, et est déjà qualifié comme historique. Voilà presque une année depuis que le monde suit les pas du successeur du pape François, qui, bien que sous les feux des projecteurs, trace sans bruit son chemin...