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Par Cloé L'Aimable
10 janvier 2026 12:16
Vous avez déjà entendu parler du Dry January ? Peut-être à la radio, sur les réseaux sociaux ou autour d’un repas entre amis. Eh bien, c’est justement le bon moment d’en parler. Le Dry January, c’est ce défi qui consiste à passer le mois de janvier sans alcool. Après les fêtes et les excès, c’est une pause bienvenue pour le corps, mais aussi pour la tête. Ce n’est pas seulement une mode ou une contrainte. C’est une occasion de se demander : «Et si je pouvais commencer l’année autrement ? Et si je donnais vraiment une chance à ma santé ? » Pour vous aider à relever ce défi et à débuter l’année avec de bonnes habitudes, le Dr Nazim Subrottee nous explique en quoi ce mois sans alcool peut faire une réelle différence dans votre quotidien.
L’objectif du Dry January, n’est pas de conduire à une abstinence totale ou de culpabiliser les consommateurs, mais de prendre du recul pour interroger sa consommation.
Que se passe-t-il dans le corps pendant 30 jours sans alcool ?
Selon le docteur Nazim Subrottee, Arrêter l’alcool pendant un mois n’est pas qu’un défi personnel : c’est un véritable processus de réparation intérieure. Dès que l’on fait une pause, le corps commence à se rééquilibrer. Même si tout ne se voit pas immédiatement dans le miroir, à l’intérieur, beaucoup de choses changent déjà. Dès les premiers jours, notre corps se détoxifie. Le foie travaille plus sereinement, les toxines sont éliminées plus efficacement et la fatigue liée aux lendemains difficiles diminue. On ressent souvent un sommeil plus profond et des réveils un peu plus légers.
Semaine 1 : la glycémie se stabilise. Les variations de sucre dans le sang deviennent moins importantes, ce qui aide à réduire les coups de fatigue et les fringales. Le corps s’hydrate mieux, car l’alcool déshydrate fortement. Résultat : une meilleure hydratation générale, une peau moins sèche et parfois moins de maux de tête.
Semaine 2 : on observe une diminution des reflux acides et de l’inflammation digestive. L’estomac et l’intestin fonctionnent plus calmement. Les ballonnements peuvent diminuer et la digestion devient plus confortable. Beaucoup de personnes disent se sentir «plus légères.»
Semaines 3 et 4 : des effets plus profonds apparaissent. On note une baisse de la tension artérielle, ce qui est bénéfique pour le cœur et la santé cardiovasculaire. Le cerveau en profite aussi : les fonctions cognitives s’améliorent. La concentration est meilleure, la mémoire plus claire, le brouillard mental s’estompe.
Sommeil, peau et énergie : quels bénéfices ?
«Quand on fait une pause avec l’alcool pendant un mois, les changements les plus visibles concernent souvent le sommeil, la peau et le niveau d’énergie», explique le docteur.
Sommeil
L’alcool donne parfois l’impression d’aider à s’endormir, mais en réalité, il perturbe le sommeil paradoxal, la phase la plus réparatrice. Sans alcool, le sommeil devient plus profond, plus continu et de meilleure qualité. Les réveils nocturnes diminuent et on se lève moins fatiguer, plus reposé, avec la sensation d’avoir vraiment récupéré.
Peau
L’alcool déshydrate l’organisme et peut dilater les capillaires, ce qui favorise rougeurs et teint terne. Après un mois d’arrêt, on observe souvent un teint plus clair et plus lumineux, une réduction des cernes et une peau qui retrouve souplesse et élasticité. L’hydratation naturelle revient, et cela se voit.
Énergie
Sans l’effet sédatif de l’éthanol et grâce à un meilleur sommeil, le corps retrouve son rythme. La fatigue chronique diminue et le niveau d’énergie dans la journée augmente considérablement. On se sent plus dynamique, plus motivé et plus concentré, sans ce «coup de mou» fréquent après la consommation d’alcool.
Le foie peut-il se régénérer en un mois ?
C’est une question que beaucoup se posent lorsqu’ils commencent le Dry January : mon foie peut-il vraiment se réparer en 30 jours ? La réponse est : oui, en grande partie. Le foie est un organe extraordinaire, doté d’une capacité de régénération unique dans notre corps.Lorsque l’on arrête l’alcool pendant un mois, le foie peut enfin souffler et se réparer.
Dans de nombreux cas, la stéatose hépatique, c’est-à-dire l’accumulation de graisse dans le foie, diminue de façon significative, parfois d’environ 15 à 20 % après 30 jours sans alcool. Cela améliore son fonctionnement et réduit la fatigue, les lourdeurs digestives et le risque de complications futures. Cependant, il est important d’être honnête, si des lésions plus graves, comme une cirrhose, sont déjà présentes, un mois ne suffira pas pour les effacer. Ces dommages sont en grande partie irréversibles. En revanche, arrêter l’alcool pendant un mois aide à stopper l’aggravation, protège ce qu’il reste de tissu sain et améliore la qualité de vie.
L’alcool augmente-t-il les risques de maladies docteur ?
On entend souvent dire qu’un petit verre «ne fait pas de mal», ou même que c’est «bon pour la santé». Pourtant, la réalité est différente. L’alcool n’est pas anodin : il est classé comme cancérogène certain. Cela veut dire qu’il peut réellement augmenter le risque de maladies graves lorsque l’on en consomme régulièrement.
Concrètement, l’alcool peut augmenter le risque de certains cancers, notamment du sein, du foie, du colon, ainsi que ceux de la bouche et de l’œsophage. Ce n’est pas toujours visible tout de suite, mais les effets s’additionnent avec le temps.
Il agit aussi sur le cerveau. Une consommation répétée peut entraîner des troubles de la mémoire, une baisse de la concentration et même une atrophie cérébrale précoce. Beaucoup de personnes décrivent un brouillard mental, une fatigue intellectuelle, ou l’impression de ne plus être «aussi vive qu'avant».
L’alcool fatigue également tout le système digestif. Il peut provoquer une gastrite chronique, une pancréatite et des maladies du foie. Ce sont parfois des douleurs abdominales, des nausées, une lourdeur permanente… signes que le corps n’en peut plus. Et le cœur ? Là aussi, il faut tordre le cou à une idée reçue : le fameux «petit verre de vin bon pour le cœur» n’est pas une vérité scientifique.
En réalité, l’alcool, est un vrai danger. Pourquoi ? eh bien:
Augmente la tension artérielle
Favorise les palpitations et arythmies
Augmente le risque d’AVC hémorragique
Peut affaiblir le muscle cardiaque
Tout cela peut paraître inquiétant, mais le but n’est pas de faire peur. Le but est d’ouvrir les yeux avec bienveillance : savoir permet de mieux comprendre pourquoi réduire ou arrêter l’alcool, même pour un mois, peut changer beaucoup de choses pour votre santé, aujourd’hui et pour plus tard.
Perd-on forcément du poids pendant le Dry January ?
Beaucoup se posent la question en se lançant dans un mois sans alcool : «Est-ce que je vais perdre du poids ?». La réponse est : oui, c’est possible… mais pas garanti. «L’alcool est en réalité très calorique. Il apporte environ 7 kcal par gramme d’éthanol pur, presque autant que la graisse. Sans qu’on s’en rende compte, chaque verre ajoute des calories dont le corps n’a pas forcément besoin», explique Dr. Nazim Subrottee.
Pour donner une idée:
Un verre de vin, c’est environ 80 à 100 kcal
Une pinte de bière, c’est autour de 200 kcal
En plus, l’alcool ne se contente pas d’apporter des calories : il bloque la combustion des graisses. Le corps se concentre d’abord sur l’élimination de l’alcool et met en pause la dépense des graisses stockées.
Mais attention au piège classique ! Si l’on remplace l’alcool par des boissons très sucrées (sodas, jus industriels, mocktails hyper sucrés) ou si l’on compense en grignotant davantage, la perte de poids sera limitée, voire inexistante. Ce n’est donc pas seulement arrêter l’alcool qui compte, mais aussi ce qu’on met à la place.
Un autre avantage, auquel on ne pense pas toujours, concerne le poids et le portefeuille. L’alcool est très calorique et coûte cher. En l’arrêtant pendant un mois, on peut réduire son apport calorique et faire des économies.
Ce défi n’est pas réservé aux gros buveurs. Il s’adresse à tout le monde : à ceux qui boivent un verre de temps en temps, comme à ceux qui ont pris l’habitude d’en consommer plus souvent. Le but n’est pas de culpabiliser, mais d’essayer, de voir ce que cela change, de reprendre le contrôle et d’écouter son corps.
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