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21 mars 2026 12:44
Cette ONG propose d’accompagner les détenus dans leur réinsertion à travers un programme unique alliant développement personnel, intelligence émotionnelle et soft skills. Fondée par Aurélie Decarpentrie, éducatrice spécialisée et coach, Libre en soi vise à redonner confiance, autonomie et perspectives à ceux qui souhaitent se reconstruire.
Parce que tout le monde, même ceux qui ont un jour fauté, mérite une seconde chance. Une chance de se remettre debout, de faire amende honorable, de se reconstruire et de retrouver sa place au sein de la société. Une chance aussi de mener une vie digne et stable. Pour les aider à reprendre confiance en eux et à accomplir ce travail de réinsertion, une nouvelle association a récemment vu le jour.
Libre en soi a été créée par Aurélie Decarpentrie, éducatrice spécialisée en accompagnement psycho-éducatif et coach neurosensoriel, avec un objectif clair : venir en aide aux jeunes et aux adultes en milieu carcéral à travers un programme de formation axé sur le développement des soft skills, de l’intelligence émotionnelle et de la gestion des émotions. L’association vise également à promouvoir une image de soi positive et à permettre aux bénéficiaires de retrouver confiance en eux-mêmes. Cette initiative, explique la fondatrice de l’ONG, est avant tout le reflet d’un engagement personnel pour accompagner celles et ceux qui cherchent à se reconstruire.

«J’ai toujours eu envie d’être une petite flamme d’espérance. Je pense avoir une grande capacité d’empathie, d’amour, de compassion et de voir le beau en chacun, ce qui m’amène aujourd’hui à travailler avec ces bénéficiaires. Mon envie de contribuer à créer une société où chacun trouve sa place et se respecte est ma plus grande motivation. Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu travailler avec les jeunes en difficulté, et le milieu carcéral m’a toujours interpellée. Aujourd’hui, j’ai la chance de créer ma propre ONG afin de mettre en place ce projet. Entre-temps, un deuxième projet a émergé : celui de développer un programme d’éducation à l’intelligence émotionnelle dans les écoles.»
La mission première de Libre en soi, poursuit notre interlocutrice, est de se consacrer au bien-être personnel et à l’épanouissement des détenus tout en leur donnant les outils nécessaires pour une réinsertion réussie. Le projet se décline en deux phases. La première se déroule derrière les murs de la prison, où le détenu recevra une formation ; et, une fois dehors, la seconde phase consistera à lui offrir un suivi afin de le soutenir dans ses nouvelles ambitions. Le déroulement des sessions sera, dans la majorité des cas, structuré autour de trois axes : une partie activité, une partie théorique et une phase d’exercices et de mise en pratique. Chaque session invite également à une réflexion personnelle sur des thématiques variées telles que les émotions, la confiance, l’identité ou encore la liberté.
Surmonter les défis
«Pour moi, les soft skills, le développement personnel et l’intelligence émotionnelle ne font qu’un. Développer ses soft skills, c’est se développer personnellement et devenir émotionnellement plus intelligent. Ces notions renvoient toutes à des qualités et des compétences essentielles pour réussir dans la vie et être heureux. Les études et recherches menées sur le sujet montrent d’ailleurs que la réussite et le bonheur dépendent bien davantage de l’intelligence émotionnelle que de l’intelligence cognitive», souligne Aurélie Decarpentrie. Tout ce travail vise à permettre aux bénéficiaires de surmonter progressivement les défis psychologiques et sociaux qu’impose l’incarcération. «Certains n’ont pas eu la chance de bénéficier d’un environnement propice pour développer une conscience plus aiguë, comme celle que l’on acquiert dans des formations sur les soft skills, le développement personnel ou l’intelligence émotionnelle. Pour certains, il s’agit d’un véritable challenge que de s’engager dans cette réflexion personnelle. Pouvoir remettre en question certaines croyances sur soi, sur la vie ou certaines façons de voir les choses représente un véritable défi. Il faut également sortir de sa zone de confort, ce qui est souvent difficile, même lorsque la situation n’est pas brillante, satisfaisante, voire même malheureuse. Changer ainsi demande beaucoup de courage, de travail, de détermination et de patience.»
Sur ce parcours, Aurélie Decarpentrie souhaite être ce rempart auquel on s’accroche. «En permettant aux détenus d’accéder à cette formation, on leur offre davantage de chances pour une réinsertion positive. Bien sûr, on ne peut pas s’attendre à un taux de réussite de 100 %. Moi, je ne suis qu’une main tendue ; ensuite, c’est à eux de l’attraper ou pas. Les choix qu’ils font leur appartiennent. Mais pour moi, c’est l’un des meilleurs moyens d’augmenter le taux de réinsertion.»
À l’issue du programme, les bénéficiaires devraient être capables de se percevoir de manière plus positive et de développer des comportements plus responsables, empathiques et ouverts aux autres. Ils devraient également mieux comprendre les conséquences de leurs actes et montrer une plus grande tolérance à la frustration, tout en ressentant moins d’anxiété, de tristesse, de repli sur soi, de délinquance ou de signes de dépression.
Le programme vise aussi à les encourager à adopter des stratégies de conciliation pour résoudre les conflits, à faire face aux situations problématiques qu’ils rencontrent et à trouver des solutions saines et constructives, entre autres compétences essentielles pour leur réinsertion. «En ayant travaillé sur eux avec honnêteté, en ayant planifié un but qui fait sens pour eux avec des objectifs concrets et en ayant un soutien et un accompagnement sur le long terme, les détenus ayant accepté de “prendre cette main tendue” auront plus de chances de réussir leur réinsertion.»
Pour concrétiser ce projet ambitieux, l’association Libre en soi organise actuellement une campagne de levée de fonds sur la plateforme Small Step Matters et invite le public à soutenir son action en faveur de la réinsertion des détenus. «Les fonds serviront à financer le matériel nécessaire pour un fonctionnement optimal du projet et offrir les moyens aux formateurs de travailler dans de bonnes conditions.» En soutenant Libre en soi, chacun peut contribuer à donner aux détenus les outils nécessaires pour se reconstruire et envisager un avenir meilleur. C’est l’appel d’Aurélie Decarpentrie.
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