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Asma Ayroles Harrad : Pour le meilleur et pour la mode

Mère de deux fils, Yasha et  Rehad, elle multiplie les collaborations fashion, que ce soit à Maurice ou à l’île de La Réunion.

Si vous êtes un habitué des défilés, vous l’avez sans doute déjà croisée. C’est d’ailleurs elle qui est en Une du dernier NewStyle, le magazine de Sachin Sagar. Rencontre avec une jeune modèle qui carbure aux défis.

«Quand j’étais petite, je rêvais de travailler dans un aéroport, de croiser des voyageurs du monde entier...» Ce rêve, Asma Ayroles Harrad n’a, hélas, pu le réaliser. Mais son envie de se nourrir des autres et d’autres cultures l’a toujours habitée et guidée dans toutes ses entreprises. C’est ce désir de vivre des expériences et de découvrir de nouveaux horizons qui l’a amenée jusque chez nous, elle qui cultive sa passion pour la mode et le catwalk d’un pays à l’autre. Si son visage vous dit quelque chose, c’est que depuis quelque temps déjà, elle s’associe à des événements fashion dans notre île. Des collaborations qui lui permettent de créer des liens et de se construire, elle qui porte toujours haut les valeurs que lui ont transmises ses parents.

 

«J’ai des origines yéménites par mon père, indiennes et malgaches par ma mère. Je suis née à Madagascar sur l’île  de Diego Suarez. J’ai vécu toute mon enfance dans un environnement multiculturel, où les croyances, les parfums se mélangeaient. J’ai grandi avec des valeurs de partage et de tolérance. Mon grand-père était de confession hindoue et ma grand-mère musulmane», confie celle qui puise sa force dans ses racines : «Il y a toujours eu du monde à la maison, nous parlions malgache, indien, arabe et français.»

 

Quand elle raconte son parcours, Asma ne peut pas ne pas évoquer la vie à Madagascar… Là où elle a appris que l’entraide n’était pas un vain mot : «La solidarité faisait partie de mon quotidien. Très tôt, je me suis investie dans une association qui venait en aide à des enfants. Elle était basée à l’Alliance française. C’est dans ce lieu que j’ai rencontré l’artiste Franck Ayroles qui deviendra mon mari. Il proposait tous les matins des cours de dessin aux enfants dont je m’occupais. J’ai découvert avec lui le monde artistique et la liberté... Moi qui rêvais de découvrir le monde, ma rencontre avec lui m’offrait cette possibilité. Jusqu’à ce jour, je m’occupe de sa communication artistique.»

 

Bien évidemment, la jeune femme ne peut pas se raconter sans s’attarder sur l’axe de sa vie qui l’a menée jusque chez nous : «J’ai commencé le mannequinat en France. J’ai été remarquée par un journaliste qui m’a dit que j’étais très photogénique.» Les choses, poursuit-elle, se sont vite enchaînées et depuis, elle va d’aventure en aventure : «J’ai commencé à défiler en France pour une jeune marque. J’ai fait des photos pour des catalogues et pour présenter les lieux touristiques.» La jeune femme ne cache pas avoir profité de toutes les opportunités qui s’offraient à elle : «Dès mon arrivée, j’ai trouvé un emploi chez Mc Donald. Malgré mes différentes expériences à Madagascar, je ne pouvais pas espérer autre chose. Je repartais de zéro dans un pays que je ne connaissais pas. Ensuite, j’ai travaillé pour des restaurants, dans des centres commerciaux, pour des grandes enseignes.» Fonceuse et obstinée – son «plus gros défaut», selon ses proches –, Asma a toujours cherché à se surpasser : «J’ai postulé dans les assurances, plus précisément dans une société d’assistance.» Mais tout en s’assurant une stabilité financière, elle n’a jamais perdu de vue ses objectifs : «Je n’ai jamais cessé de m’investir dans l’humanitaire, le papa de mes garçons soutient plusieurs ONG. Nous avons créé ensemble des événements, expositions, concerts, pour récolter des fonds. Nous avons également réalisé trois livres d’art, dont un avec la chanteuse Zazie et le journaliste Stéphane Bern, vendus au profit d’actions solidaires.»

 

Touche-à-tout

 

Malgré ses nombreuses obligations, elle reste fidèle à ses engagements : «Tant que j’aurai de l’énergie, je continuerai à apporter ma petite contribution, pour être utile et aider ceux qui en ont besoin.» Son passage dans d’autres îles de l’océan Indien a été salutaire pour elle, lui permettant de se créer d’autres souvenirs : «Après quelques années en France, j’avais envie de partir ou plutôt de revenir dans l’océan Indien. Je souhaitais me rapprocher de Madagascar et découvrir l’île de la Réunion, que je ne connaissais pas. Je voulais aussi que mes enfants découvrent d’autres cultures.» Car si elle est forte aujourd’hui, précise-t-elle, c’est surtout parce qu’elle carbure à l’amour échangé avec ses deux fils : «Je suis maman de deux garçons, Yasha, qui aura 14 ans, et Rehad, 10 ans.» Maman sur plusieurs fronts, elle leur a transmis sans difficulté sa passion pour la mode : «Ils sont inscrits dans une agence à Paris depuis leur plus jeune âge. Ils ont déjà tourné pour des pubs télé, posé pour des catalogues et ils aiment ça. Je suis une maman qui accompagne et encourage mes enfants dans leurs choix, mais je sais aussi être ferme dans leur éducation.»

 

Si aujourd’hui Asma est une femme complète, c’est aussi, souligne-t-elle, parce qu’elle n’a jamais eu peur de vivre des expériences : «À un moment, l’entreprise pour laquelle je travaille m’a offert la possibilité d’avoir trois années de disponibilité. C’est à dire que je pouvais partir explorer autre chose et revenir après trois ans et récupérer mon poste. Une vrai aubaine que je n’ai pas hésité à saisir.» C’est à ce moment-là qu’Asma a ouvert la parenthèse réunionnaise : «Nous nous sommes envolés pour la Réunion. Encore une fois, je repartais de zéro, mais très vite, soit 15 jours après notre arrivée, j’ai trouvé du travail et  j’ai fait de belles rencontres qui m’ont permis de continuer le mannequinat… Sûrement, le “mektoub” comme on dit chez nous. J’ai reçu beaucoup de propositions, pour défiler, faire des photos, tourner dans des pubs télé, des clips, des séries télévisées... Je suis devenue l’égérie de plusieurs marques.»

 

Curieuse et touche-à-tout avertie, Asma a tout tenté : «La Réunion m’a offert une multitude de projets dans lesquels je me suis épanouie. J’ai eu l’opportunité d’être présentatrice tout au long de l’événement du Salon du mariage et nous travaillons actuellement sur la prochaine édition. Miss Agency m’a permis de défiler aux côtés de grands noms de la mode comme Noémie Lenoir, Valérie Bègue, Flora Coquerel ou encore Ashley Everett, capitaine de danse de Beyoncé.»

 

Aujourd’hui, Maurice aussi fait définitivement partie de son histoire : «Mon histoire avec Maurice commence avec la rencontre du photographe Chetan Singh. Suite à une série de photos réalisée pour la créatrice Goyasmah, Saatchin Sagar du magazine Newstyle m’a contactée. Nous avons travaillé ensemble, ainsi qu’avec le Make-Up Artist Hans Dax, à La Réunion, pour la marque Ydjaby. Nous avons continué à collaborer sur d’autres projets, mais cette fois à Maurice.» Des amitiés et des relations ont soudé cet attachement qu’elle a développé pour notre île : «Ma rencontre avec Hans Dax m’a permis de faire partie du jury de Miss University Africa Mauritius, c’était une expérience nouvelle pour moi. J’espère avoir d’autres occasions d’être membre d’un jury. Ensuite, il y a eu la Fashion Day avec Christophe Guillarmé, organisée par le magazine Emma Mag. J’avais déjà travaillé avec celui-ci à plusieurs reprises, notamment pour le show de Tiffany McCall. Mon lien avec l’île Maurice ne s’arrête pas là, il y a aussi eu ma rencontre avec Ian Buck, une personne qui compte beaucoup pour moi, qui m’a permis de m’épanouir différemment.»

 

Forte de tout cela, Asma veut plus que jamais continuer à pousser ses limites et à enchaîner les expériences fashion car elle a définitivement décidé de vivre pour le meilleur et… pour la mode.