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29 mars 2025 17:30
C’est pour elle un rendez-vous incontournable. Une tradition à laquelle elle ne peut pas déroger... Car chaque année, Nelly, 39 ans, ne rate pas l’occasion de prendre la route pour vivre pleinement les 40 heures, ce moment fort du carême catholique, durant lequel le Saint-Sacrement est exposé. Les fidèles viennent se recueillir devant celui-ci durant cette période spéciale qui mène vers Pâques.
C’est dans la ferveur, en compagnie de sa famille, que Nelly va ainsi d’église en église, pour vivre un pèlerinage spirituel qui lui permet de confier ses prières, mais aussi pour partager une sortie spéciale avec ses proches. «Les 40 heures sont ancrées dans les traditions mauriciennes et pour moi, on ne peut pas dire qu'on a eu un bon carême si on n'a pas vécu l’adoration du Saint-Sacrement au moins une fois. Voilà plusieurs années que je fais comme un road trip avec ma famille pendant le carême, pour aller dans plusieurs églises à travers l’île et nous imprégner de cette ambiance très particulière qui entoure les 40 heures. Puis, on y voit des Mauriciens de divers horizons, de différentes communautés et venant des quatre coins du pays», nous confie Nelly, le sourire aux lèvres.
Pour elle, 40 heures riment avec prières et découvertes. Et cette année, cette habitante de Curepipe a choisi des régions qu’elle a rarement l’occasion de visiter : «Toutes ces bâtisses sont très belles à voir et à visiter. J’ai été séduite par la Chapelle Mater-Dolorisa à Case-Noyale, mais aussi par la Chapelle le-Seigneur-de-la-Pêche-Miraculeuse à La Gaulette. Les infrastructures sont toutes différentes et impressionnantes et chaque lieu raconte sa propre histoire», poursuit cette mère de famille qui trouve important que ses enfants puissent vivre ces découvertes avec elle : «Il y a tout un folklore qui entoure les 40 heures. On prend la route en groupe, entre amis ou en famille et on va visiter 7 ou 14 églises, selon la tradition. De nombreuses personnes associent aussi les 40 heures à un chemin de croix où des prières sont lues à chaque arrêt. Ce que j’aime aussi avec les 40 heures, c’est ce qui émane de chaque lieu visité. À l’intérieur, c’est calme et solennel et à l’extérieur, on ressent toute la fierté des habitants et des paroissiens qui sont heureux d’accueillir des fidèles de toute l’île au sein de leur église. Nous nous imprégnons aussi de l’atmosphère qui règne dans chaque région et nous rencontrons également les habitants», ajoute Nelly, qui, après avoir prié dans un lieu, prend toujours le temps de déguster un bon petit café : «Ça fait partie du charme des 40 heures d'acheter un petit gâteau ou autre après. Je me dis que je contribue un peu à des fonds qui pourraient permettre des développements au sein de l’église visitée...»
D’une église à l’autre, la même ferveur anime les fidèles qui défilent en petits groupes devant le Saint-Sacrement. Ils viennent prier, déposer une bougie, faire un don, avant de partir se restaurer. Puis, ils reprennent la route – en voiture, en van ou à bord d’un bus affrété pour l’occasion – vers la prochaine escale, où la magie des 40 heures continuera d’opérer… Cette magie et cette dévotion qui émanent de ces escales dans différentes églises de l’île, Danny Philippe les connaît très bien. Depuis le début du carême et jusqu’à la fête de Pâques, c’est en famille et dans la prière qu’il vit à fond les 40 heures. «Avec le rythme de vie de chacun, c'est important pour nous de dire stop et de se consacrer à ces moments de prières. Chaque escale dans une église est accompagnée d'un chemin de croix qui nous permet de bien nous préparer pour la Pâques. Du plus petit au plus grand, on vit ces sorties comme de vrais moments de partage. Ça fait vraiment plaisir de voir l’engouement des Mauriciens de tous bords pour les 40 heures. C’est beau à voir et à vivre. Ce temps de carême 2025 est aussi très spécial pour notre famille, car un des nôtres, un de nos petits sera baptisé le dimanche de Pâques. C’est vraiment particulier pour nous de cheminer ensemble vers cette célébration», nous dit Danny Philippe toujours apaisé après chaque pèlerinage spirituel sur la route des 40 heures...
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