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40 heures : ferveur, partage et dévotion

21 mars 2026

Comme tous les ans, pendant le carême catholique, les différentes paroisses de l'île vivent au rythme des 40 heures dans une grande ferveur et une ambiance très particulière.

C'est un rendez-vous annuel et immanquable. Chaque année, durant le carême catholique, les Mauriciens répondent à l'appel des 40 heures, pour contempler le Saint-Sacrement – le Christ présent dans l’hostie consacrée pendant la messe et non consommée, placée dans un ostensoir – exposé dans différentes églises de l'île. Zoom sur ce pèlerinage riche en ferveur.

Une tradition incontournable du carême catholique. Durant cette période, les différentes églises de l’île vivent au rythme des 40 heures dans une grande ferveur et une ambiance très particulière. Et de nombreux Mauriciens, qu’ils soient de foi chrétienne ou pas, ne ratent pas l’occasion de prendre la route pour vivre pleinement ces moments forts durant lequel le Saint-Sacrement est exposé. Ils vont souvent d’église en église (apprêtées, pour l’occasion, de fleurs et de bougies) et en visitent parfois entre sept ou quatorze en une seule journée en revivant les quatorze stations du chemin de croix de Jésus. Un parcours de foi essentiel pour beaucoup en cette période menant à Pâques.

Et dans chaque région, dans chaque paroisse : une atmosphère de fête. La circulation ralentie et la présence de la foule et des policiers accueillent chaque visiteur. Sans oublier tout le folklore qui accompagne ce pèlerinage : la présence de bus, de vans, de voitures et des commerçants qui profitent de l’événement pour proposer quelques produits liés, ou pas, aux 40 heures. Si aux abords des églises, on trouve des chapelets, des médaillons, des statuettes, des cadres avec des images de divinités, des bougeoirs, des bibles, des livrets et autres objets de prières, un peu plus loin, les visiteurs peuvent trouver de tout : des légumes, des fruits à pain, différents snacks, des «glaçons rapés», des vêtements et autres jouets qui ne semblent pas déranger les visiteurs pour qui cela fait partie du folklore.

À chaque arrêt dans une église, les fidèles participent à un déroulé bien précis, entre l’offrande de dons pour l’église hôte, l’obtention des bougies pour permettre le recueillement devant le Saint-Sacrement, après une procession jusqu’à l’autel, où tout se déroule, dans un silence religieux.

Et dans la foule, l’île Maurice plurielle : des hommes, des femmes, des enfants, des jeunes, des personnes âgées et des fidèles de toutes les confessions religieuses venant des quatre coins de l’île, en groupe, en famille, entre amis, pour prier. C’est ce qui a touché Mikaël Gujadhur qui, pour vivre pleinement le carême chaque année, a répondu à l’appel des 40 heures à travers une sortie spéciale, dans la joie, la bonne humeur et la prière, avec ses proches. «Je suis frappé par l’engagement spirituel marqué de ce carême. Beaucoup plus de voitures, de bus, de mini-bus... Chacun, avec foi et dévotion, orienté vers le Saint-Sacrement. Les 40 heures de cette année offrent un visage multiculturel saisissant, confirmant la force du vivre-ensemble malgré tout. Nou res Morisien», confie le jeune homme content d’avoir pu vivre ces moments de ferveur.

Dans chaque église, les paroissiens se mobilisent, comme ici avec l'équipe dynamique et motivée de la chapelle Jésus Bon Pasteur, à Sébastopol

Dans les différents lieux, ce rendez-vous est aussi spécial pour les paroissiens qui mettent la main à la pâte pour accueillir les Mauriciens qui viennent visiter et prier dans leur église. Ce sont eux qui, entre faratas, jus frais, thé, café, pâtisseries et gato frir so so, aident à créer cet accueil chaleureux dans chaque église. Gilda Lamy et ses amis de la chapelle Jésus Bon Pasteur à Sébastopol ne diront pas le contraire. C’est avec le sourire, la main dans la farine pour préparer les faratas, que la petite équipe s’est donnée à cœur joie dans ses tâches. «C’est un plaisir pour nous de participer et de contribuer à ce que les pèlerinages des fidèles se passent bien. Certains viennent de loin, et c’est normal pour nous de les accueillir avec de quoi manger et boire. Et pour nous, membres de la communauté, c’était important de participer et de contribuer à faire en sorte que les 40 heures dans notre chapelle se passent bien», confie Gilda Lamy.

C’est une fierté pour elle de voir une personne ou les membres d’une famille apprécier, en échange d’un don selon les possibilités de chacun, ce que les membres de leur communauté ont préparé avec amour. «Les 40 heures, c’est un événement dans une paroisse. Ça fait chaud au cœur de voir la communauté s’impliquer», nous confie le père David, heureux que les choses se soient bien passées pour l’exposition du Saint-Sacrement à la chapelle Jésus Bon Pasteur. Giovanni Ramos est un autre fidèle qui se sent prêt à vivre la fête de Pâques après avoir vécu l’étape des 40 heures. «Dans le cadre du carême, j’ai choisi de donner une place particulière à la visite des églises où le Saint-Sacrement est exposé. Pour moi, ce n’est pas simplement une pratique religieuse, mais un véritable moment de rencontre avec Jésus. En entrant dans le silence de l’église, je ressens le besoin de m’arrêter, de me recentrer et de déposer tout ce qui m’habite. C’est un temps simple, mais profondément apaisant, où je me sens écouté et rejoint intérieurement. En passant du temps devant le Saint-Sacrement, je médite sur l’amour du Christ et je laisse ce moment transformer peu à peu ma manière de vivre. C’est devenu pour moi un chemin discret mais essentiel, qui m’aide à avancer avec plus de paix, de foi et de confiance», partage Giovanni.

Il aime bien, dit-il, prendre ce moment chaque année. «Ce qui me touche, c’est le contraste entre le silence à l’intérieur de l’église, où chacun prie calmement, et l’ambiance à l’extérieur. On y trouve des échoppes qui vendent des bougies, des fleurs et des images religieuses. Pour moi, cela montre une foi simple et sincère, vécue à la fois dans la prière et dans le partage», conclut le jeune homme qui, comme plusieurs Mauriciens, se prépare à fêter Pâques dans la ferveur, le partage et la dévotion...

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