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Keshav Siboo

DJ à tout prix !

13 mai 2026

«Comme j’adore la musique bollywoodienne, l’Inde est la meilleure destination pour apprendre. Cette formation intensive au DJ Institute m’a permis de prendre conscience de mes capacités et de mon potentiel en tant qu’artiste mauricien», confie le jeune DJ

Derrière ses platines, il mixe, scratche et partage ses bonnes vibes. Passionné, il adore explorer toutes les possibilités qui s’offrent à lui et aime aller d’aventure en aventure où il cultive son amour pour le deejaying. Voulant toujours se perfectionner, il rentre d’Inde où il a vécu de belles aventures...

Sous la lumière tamisée qui pulse déjà au rythme des basses, il s’approche des platines comme on entre en scène. Avec ce mélange de calme maîtrisé et d’électricité contenue, il ajuste son casque, glisse un regard vers la foule encore en suspens, puis pose les doigts sur sa console. Et dans ce moment suspendu, tout commence.

Le premier beat tombe, précis, presque chirurgical. Il cale le tempo et enclenche une montée progressive, jouant avec l’égalisation pour sculpter l’espace sonore. Les basses grondent, les mids s’installent, les highs scintillent comme des éclats de lumière dans la nuit. Car derrière ses platines, il ne se contente pas de passer des morceaux : il raconte une histoire, enchaîne les tracks avec fluidité et maîtrise les transitions comme un funambule du groove.

La foule, elle, devient un organisme vivant. Une marée de corps qui vibre à l’unisson, électrisée par une énergie collective qui la dépasse. Chaque drop est une décharge, chaque break une respiration. Il joue avec le son, le guide, le surprend, l’élève. Ses mains déclenchent un loop, filtrent une nappe et lancent un sample inattendu. L’ambiance se densifie, prend forme, devient presque tangible. Dans cet échange invisible entre l’artiste et son public, la musique ne se contente plus d’être entendue : elle circule, elle s’envole, elle s’impose comme une force qui unit et libère. Et au centre de ce cyclone sonore, il y a Keshav Siboo, 28 ans, concentré, habité, qui orchestre le chaos avec une précision d’orfèvre.

Nous sommes donc dans l’univers de DJ KS, dans son petit monde musical qui fait battre son cœur. Vous l’avez deviné, nous sommes bien scotchés aux lèvres d’un DJ, ou plutôt scotchés à ses doigts avec lesquels il cultive sa passion et construit sa carrière. Le jeune homme, qui travaille au conseil de district de Moka et qui est le DJ résident du Domaine Naga, revient d’Inde où il a beaucoup appris et où il a fait résonner sa musique. Celui qui veut à tout prix partager sa vibe de DJ nous ouvre son cœur. «La musique a toujours été l’amour de ma vie. Je crois que j’ai été attiré par elle dès le jour de ma naissance. J’adore les rythmes de basse. Tout le reste dans la vie me semblait ennuyeux et sans intérêt comparé à la musique. Avec mon esprit insouciant, j’avais soif de liberté. Pour une personne créative comme moi, la possibilité de faire autre chose dans la vie était mince. J’ai donc trouvé ma liberté dans la musique. Tout a commencé sur les bancs de l’école Royal Holloway à Montagne-Blanche avec mes amis. J’étais toujours inspiré pendant les music days en voyant le DJ», nous confie celui qui se fait donc appeler DJ KS et qui dit avoir trouvé sa voie très tôt : «Je me souviens de mes 15 ans, lorsque j’ai essayé de mixer pour la première fois. Dès lors, j’ai su que c’était ma voie. J’ai toujours voulu approfondir mes connaissances et j’ai eu l’occasion de suivre une formation intensive au DJ Institute de Mumbai, la meilleure formation de DJ là-bas. Je suis très reconnaissant envers cette école de musique de m’avoir enseigné comment organiser et exporter de la musique depuis Rekordbox, le mixage harmonique, le changement de tempo, les transitions entre les morceaux, l’utilisation des boucles et l’utilisation d’effets tels que l’écho, le delay, la réverbération et bien plus encore. Mon rêve est devenu réalité. Je sens que ma place est dans la musique.»

Des bonnes vibes

Aujourd’hui, il trace son chemin, véhicule ses bonnes vibes et va d’aventure en aventure : «J’ai mixé lors de nombreuses occasions pour des soirées Bollywood sur des sets variés : musique EDM, tech house ou encore musique afro. J’ai eu l’occasion de me produire à de nombreux endroits, mais ma tournée de DJ à Mumbai reste une très belle expérience, notamment sur la grande scène du Glitté sur laquelle j’ai fait flotter mon drapeau mauricien, ou encore à l’Escobar à Bandra, un club huppé très prisé des célébrités de Bollywood. J’en suis très reconnaissant. À Maurice, j’ai joué dans de grands clubs comme le Suffren, le Safari Club, l’OMG, Lakaz Cascavelle, ou encore le Shotz, entre autres, et j’ai aussi animé de nombreux mariages...»

C’est avec gourmandise qu’il se nourrit de toutes les expériences qu’il vit : «Comme j’adore la musique bollywoodienne, l’Inde est la meilleure destination pour apprendre. Cette formation intensive au DJ Institute m’a permis de prendre conscience de mes capacités et de mon potentiel en tant qu’artiste mauricien. J’explore différentes techniques et de nouvelles façons d’aborder le mixage ; j’apprends à me perfectionner et à m’améliorer dans le milieu du deejaying. Je me souviens des difficultés rencontrées avant de monter sur la scène de Mumbai, et aujourd’hui, je peux dire que le travail acharné porte ses fruits. Le dévouement, le travail acharné, la patience et ma passion pour la musique ont payé.»

Plus déterminé que jamais, DJ KS n’est pas près de s’arrêter en si bon chemin. «J’ai toujours voulu être une source d’inspiration pour notre jeunesse. Si j’ai réussi en croyant fermement en moi, alors tout le monde peut y arriver. La persévérance, le dévouement et le travail acharné finissent par porter leurs fruits. J’encourage tous les jeunes à puiser au plus profond d’eux-mêmes pour découvrir leur potentiel : la drogue vous tuera, mais la musique vous guérira...»

Paroles d’un passionné...

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