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Maurilait

50 ans et toujours au cœur du quotidien des Mauriciens

28 avril 2026

Qui ne connaît pas ces produits qui ont bercé notre enfance ? Du petit pot de yaourt à la crème glacée, en passant par le lait aromatisé, ces saveurs font aujourd’hui encore partie du quotidien de nombreux Mauriciens. C’est dans la zone industrielle de Phoenix que nous poussons les portes de Maurilait. Et la surprise est immédiate. Dans la cour, un grand arbre, une atmosphère presque tranquille, un cachet discret… Rien ne laisse présager ce qui se joue derrière. Ici, pas de façade froide ni de blocs imposants. L’usine se dévoile autrement. Très vite, on comprend. Des bureaux à la chaîne de production, jusqu'à la cantine, tout s’articule comme une petite communauté. Une mécanique humaine bien huilée qui, depuis 50 ans, permet à des produits comme Yoplait, Dahi, Perette, Miko ou encore Candia de se retrouver chaque jour dans nos foyers. Mais Maurilait, ce n’est pas qu’une histoire de lait. C’est aussi une capacité à évoluer, à surprendre, à innover, notamment à travers ses saveurs locales, ses yaourts à la goyave, au corossol ou au moringa, ses produits inspirés des tendances internationales, sa diversification avec sa marque de jus «J»... Aujourd’hui, c’est environ 150 références qui composent son univers. Derrière ces produits, il y a surtout des femmes et des hommes. Ceux qu’on ne voit jamais, mais sans qui rien ne serait possible. Ceux qui font battre le cœur de cette entreprise. À vos pailles… prêts ? Immersion !

Christine Fidèle Chellumben et Arline Vilbrun sont aux fourneaux de la cantine depuis 12 et 15 ans respectivement. Au menu ce jour-là une quiche au jambon accompagnée de salade.

Derrière ses dossiers, Melanie Sookun garde le sourire. Dans les bureaux des ressources humaines, l’ambiance est détendue, presque familiale. Ici, on échange, on plaisante, on se connaît. Une atmosphère qu’elle a découverte il y a plus de 15 ans, en rejoignant Maurilait à la réception pour un poste temporaire. «C’était pour trois mois… et je suis restée.» Depuis, son parcours a évolué avec l’entreprise. Aujourd’hui HR Coordinator, elle incarne cette capacité à faire grandir les talents en interne. «On m’a donné ma chance. J’ai appris sur le terrain.» Au fil des années, elle a vu Maurilait se transformer, se moderniser, tout en gardant cette dimension humaine. «On se sent soutenu. Il y a une vraie proximité.» Un état d’esprit qui s’est particulièrement ressenti durant les moments plus difficiles, comme la pandémie. Mais au-delà du travail, ce sont aussi les petits moments qui comptent. Le «Bingo Baja», organisé à l’heure du déjeuner, en est un bon exemple : un instant simple où les équipes se retrouvent, rient et soufflent, entre gato pima, baja et chana puri. Avec le temps, un attachement se crée. «Quand je vois quelqu’un choisir un de nos produits au supermarché, ça me fait quelque chose.» Elle sourit : «Moi, c’est le Yopi chocolat mon préféré.» Et pour elle, l’avenir passe par les jeunes. «Il faut oser venir, apprendre, s’impliquer. On peut évoluer ici.»

Valérie Babajee, c’est une présence. Enn zanfan lakaz, comme elle se décrit elle-même. Un sourire franc, une énergie qui traverse les années sans s’essouffler. À Maurilait, elle a passé 46 ans de sa vie. Elle replonge sans effort dans ses débuts, à 15 ans, dans l’ancienne usine de Moka. «Lontan ti ena bokou travay… tou ti maniel.» Nettoyage, remplissage, production… des journées bien remplies, mais une ambiance déjà bien ancrée. Très vite, les souvenirs affluent. Les anciens produits, ceux qu’on ne retrouve plus aujourd’hui. «Nou ti pe fer fromaz Saint-Marcellin, la crème fraîche pour les hôtels. Puis, il y a avait le fromage Calin exotique… sa ou kapav manz 5-sa !» Un éclat de rire, comme un retour direct dans ces années-là. Mais derrière ces souvenirs, il y a aussi une réalité plus dure. «Mo mama ti labourez.» Très tôt, il a fallu travailler et aider. Et elle ne s’est jamais arrêtée. Quand l’usine s’installe à Phoenix, elle fait partie de l’aventure. Mieux encore, elle en marque une étape. «Mo ti parmi bann premie madam isi. Aster ena plis madam… mo bien kontan.» Elle a vu les méthodes évoluer, les machines remplacer les gestes. «Aster tou inn vinn pli modernn.» Elle le constate aussi dans la production. Auparavant, le yaourt passait par litre… aujourd’hui, avec la technologie, ce sont des tonnes qui sont transformées. Et dès le départ, Maurilait avait déjà fait le choix du yaourt nature. Quand elle y repense, elle glisse : «Lontan, Morisien ti bien kontan disik… get zordi, zot fer plis atansion.» Malgré tout, quelque chose est resté intact. Ce qui la retient ici, ce n’est pas juste le travail. C’est ce qu’il y a autour. «Ici, c’est le respect… et la joie de vivre.» Puis elle lâche, simplement : «Mo enn Maurilaitière… mo fier. Kan mo trouv enn dimounn pe manz enn yaourt, mo dir ena mo lame ladan.»

Blouse de laboratoire sur le dos, Navin Aujgobee nous accueille dans cet espace où tout se joue en coulisses. Ici, rien n’est laissé au hasard. Quality Process Lead, il encadre une équipe de six personnes et veille à chaque étape du processus. «On intervient du début à la fin. Il faut comprendre, corriger et améliorer.» Arrivé il y a 13 ans comme stagiaire après ses études, il n’est jamais reparti. «Ce qui m’a marqué, c’est la culture. On peut parler avec tout le monde… et surtout être écouté.» Très vite, ses idées sont testées, mises en place. Il évolue, passe de la production à la qualité, toujours dans cette dynamique d’amélioration. Dans l’usine, rien ne reste figé. «On teste, on ajuste, on s’adapte.» Derrière chaque produit, une exigence constante, un savoir-faire qui se construit avec le temps. «On apprend tous les jours… et on maîtrise ce qu’on fait.» Il marque une pause, puis sourit : «Moi, mon préféré, c’est le yaourt nature sucré.» À ses yeux, l’essentiel est là : «C’est un travail collectif. Et c’est ça qui fait la force de Maurilait.»

Avant de rencontrer Denis Ricaud, Production Operations Manager, un petit rituel s’impose : blouse de laboratoire, charlotte sur la tête, bouchons d’oreilles. On se rince les mains, on les sèche… Ici, on ne rigole pas avec l’hygiène. Dans l’usine, le ballet est constant. Ce jour-là, les lignes tournent : Perette, lait pasteurisé, yaourts aux parfums sucrés… Plus loin, dans une autre chambre, Valérie s’affaire à la mise en boîte des bâtonnets glacés Mikostar. Dans cet univers en mouvement, Denis Ricaud coordonne l’ensemble. Arrivé il y a plus de 30 ans sur la ligne Perette, il a gravi les échelons jusqu’à piloter aujourd’hui toute la production. «Mon rôle, c’est de m’assurer que tout se déroule dans les meilleures conditions, du traitement du lait jusqu’au produit fini.» De la réception des matières premières au conditionnement, en passant par la pasteurisation, tout est planifié en fonction de la demande. «Les machines sont plus performantes, on produit davantage… mais un défi persiste : la main-d’œuvre.» Malgré cela, la cadence tient et les volumes ont fortement augmenté au fil des années. Quand on évoque les produits phares, un sourire apparaît. «Perette reste une référence.» Et côté souvenirs, c'est «le Malaga, avec des raisins macérés au rhum». «Il faut continuer à innover et garantir la qualité», conclut-il. Un must pour faire face à des consommateurs toujours plus exigeants.

Dans un univers encore largement masculin, Ashley Clair trouve naturellement sa place. Maintenance Coordinator, elle évolue au cœur du process, là où tout commence. «S’il n’y a pas cette étape, il n’y a pas de produit fini.» Son rôle : veiller au bon fonctionnement des équipements, anticiper les pannes et intervenir pour que la production ne s’arrête jamais. À son arrivée il y a un peu plus d’un an après des études en électromécanique, elle découvre un environnement totalement nouveau. «J’ai tout appris sur le terrain.» Maintenance préventive, démontage, interventions en urgence... elle développe rapidement ses réflexes. «Il faut analyser, réfléchir vite et trouver des solutions.» Seule femme sur le terrain aujourd’hui, elle reconnaît que cela peut surprendre. «On pourrait penser que ce serait difficile, mais il n’y a pas de différence. L’équipe est là, on s’entraide.» Au-delà de la technique, c’est l’ambiance qui l’a marquée. «On m’avait dit que c’était une famille… et je l’ai vraiment ressenti.» Pour elle, l’exigence reste essentielle. «On vise toujours des produits d’excellence pour la population.» Et elle lance un appel : «J’encourage les jeunes à venir. Il n’y a pas que la maintenance… il y a beaucoup de domaines ici.» Son petit plaisir ? Les glaces Miko, avec une préférence pour le chocolat.

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