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Par Rehade Jhuboo
22 mars 2025 21:03
Rompre le jeûne est le moment le plus attendu de la journée par les personnes de foi islamique. Cela requiert une certaine préparation, notamment dans les mosquées qui accueillent les fidèles.
Il est 18h22. En ce mercredi 19 mars, les fidèles du Mahébourg Jummah Mosque se pressent pour accomplir l’iftar (le moment de rompre le jeûne). Des dattes et de l’eau suffisent, selon les recommandations prophétiques, mais les succulents gâteaux salés chauds ajoutent une touche mauricienne.
Pour Allymoodeen Goolamy, 67 ans, préparer l’iftar est un plaisir. Sa spécialité : les jus de fruit frais qu’il prépare à la maison, avec l’aide de son épouse. «Depi zanfan mo okip iftar dan masjid, lepok feu Azize Gopaul. Mo kontan prepar bann ju spesial pandan ramadan avek bann frui fre : bergamot, pastek, melon, goyav, mang, grenadinn. Fer extra so sa lane-la dan Mahébourg, bien bizin bwar enn bon glase», explique-t-il. Parfois, il penche pour un cocktail, mélangeant plusieurs fruits et un sirop pour obtenir des saveurs inexplorées qui attirent les habitants d’autres localités. Avec Assim Mamoojee, Muhammad Azimkhan, Ali Sinisk, Jamiil Durbarry et Altaaf Beegun, ils assurent un service impeccable pour qu’à l’heure H tous soient prêts.
Pendant le ramadan, comme dans bon nombre de mosquées, il règne une certaine effervescence où chacun est aux petits soins pour recevoir les fidèles qui sont beaucoup plus nombreux. *«Après une longue journée de jeune où le musulman se prive de nourriture et des tentations de la vie mondaine juste pour le plaisir du Créateur, l’iftar est un moment de contentement et de remerciement à Dieu pour les bienfaits qu’il nous accorde, contrairement à ceux qui n’ont pas la même chance que nous et vivent dans des régions pauvres où il y a souvent la guerre et la famine», déclare Ashraf Peer.
Pendant le ramadan, les fidèles réguliers et ceux de passage se croisent dans la fraternité. Si la plupart font l’iftar chez eux, en famille, d’autres viennent le faire à la mosquée, en sortant du travail ou parce qu’ils n’ont personne pour préparer des gâteaux pour eux. Il y a aussi beaucoup d’enfants en bas âge qui viennent parce qu’ils adorent les douceurs et l’alouda à cette période, qui sont offerts par de généreux donateurs.
Après la cinquième prière quotidienne (esha), place aux taraweeh, les prières supplémentaires qui n’ont lieu que pendant le mois du ramadan. C’est le moment où les mosquées sont remplies, avec cette année au Mahébourg Jummah Mosque, la présence de deux imams étrangers, invités par la mosquée et qui se partagent la tâche. L’imam Awale du Bénin, qui est un ami de longue date de Maurice et dont la voix de velours est très appréciée par les fidèles, et un nouveau, Anis Ahmad Sidyot, 20 ans, qui vient du Gujarat, en Inde, dont la puissance vocale étonne plus d’un.
Ismaël Sayed Hossen, 76 ans, qui a vécu 54 ans en Angleterre, est très ému. C’est le premier ramadan qu’il passe entièrement à Maurice… «Je remercie Dieu pour toutes les faveurs qu’il nous donne. Je vis mon premier ramadan ici depuis 53 ans. Même si je suis loin de chez moi et de ma famille cette fois, je me sens très heureux d’être là. L’ambiance est fantastique. Je remercie tous les Mahébourgeois pour leur accueil. Ils sont très bien organisés. Les services qu’on a ici sont first class, pour l’iftar et après, les taraweeh aussi. La lecture coranique des deux imams est admirable ainsi que les bons conseils quotidiens de l’imam Ammaar Zubayr Nunkoo. Li enn gran faver pou gagn tousala dan nou landrwa dan mwa sakre.» Ainsi va la vie durant ce mois de ramadan, qui s’achève dans une semaine.
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