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AHRIM Graduate Innovative Learning : Le nouveau départ des gradués au chômage

10 août 2016

Christina et Narvada nous racontent leur expérience.

Il y a eu de la colère, de l’amertume, l’envie de jeter l’éponge et finalement le besoin de se relever pour trouver un chemin et avancer. Alors que le chômage est au cœur des préoccupations et que des centaines de jeunes diplômés restent sans travail, ils sont actuellement 13 gradués à suivre la formation de l’AHRIM Graduate Innovative Learning (AGILE), un programme mis sur pied par l’Association des Hôteliers et Restaurateurs de l’île Maurice (AHRIM) et le Human Resource Development Council (HRDC), sous l’égide du ministère de l’Éducation et des Ressources humaines, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Scientifique, afin de répondre au problème du chômage parmi ces jeunes et de s’adresser à un besoin immédiat en termes de compétences dans le milieu de l’hôtellerie et du tourisme.

 

S’ils étaient quelque 344 candidats à s’enregistrer à ce programme, ils ne sont aujourd’hui que 13, après des exercices de sélection, à suivre cette formation qui comprend des formations en classe et des passages en stage professionnel dans une douzaine d’hôtels du pays pour une durée totale d’un an. Parmi ces jeunes gradués : Christina, 24 ans, qui a retrouvé l’espoir et la motivation après deux ans de galère. Ancienne étudiante de l’Université de Maurice, elle a été diplômée en 2014 après des études en histoire et en relations internationales. Si elle était impatiente à l’idée de se lancer dans le monde du travail, la jeune femme a vite déchanté. «J’ai fait tout ce qu’il fallait. J’ai envoyé mon CV dans plusieurs entreprises, mais je n’ai pas trouvé d’emploi dans mon domaine d’expertise»,explique-t-elle.

 

Lorsqu’elle se rend au bureau du travail il y a quelques mois, elle s’enregistre auprès du Graduate Training for Employment Scheme, une mesure budgétaire visant à résoudre le problème du chômage des jeunes diplômés et le déséquilibre vécu sur le marché de l’emploi. Son objectif est de créer des cours sur mesure dans des domaines, avec des perspectives d’emploi élevées afin d’améliorer l’employabilité des diplômés chômeurs dont la formation ne suffirait pas à répondre aux exigences du marché. Il faut savoir que le gouvernement finance à hauteur de Rs 80 000 par diplômé pour couvrir les coûts de la formation. De plus, le HRDC offre une allocation de Rs 6 000 mensuellement à chaque diplômé.

 

Bien que ce ne soit pas son domaine d’expertise, Christina accepte cette nouvelle formation comme un moyen de mettre toutes les chances de son côté et d’approfondir ses connaissances. Elle y rencontre d’autres gradués venant de différentes filières (ressources humaines, communication, marketing, finances, entrepreneuriat, français, histoire) et qui, comme elle, n’ont pas trouvé de travail dans leur domaine d’expertise. «C’est une expérience enrichissante. Le cours est instructif et nous permet d’acquérir plus de savoir et d’expérience. On touche à tout, que ce soit les finances ou le marketing»,dit-elle.

 

La formation se passe en plusieurs temps. Il y a les cours pratiques à l’École hôtelière, la théorie avec des cours en gestion d’entreprise chez Vatel, des sessions de travail et un stage en entreprise. Christina a, elle, intégré LePrince Mauriceen mai, où elle a l’occasion de toucher à tous les départements hôteliers. À la fin de ce stage en janvier de l’année prochaine, Christina et les autres jeunes en formation auront droit à un emploi à plein temps dans un établissement hôtelier dont le contrat sera d’un an minimum. «À travers la conception de ce programme, l’AHRIM a voulu tendre la main à ces jeunes diplômés sans emploi, à faire l’expérience du milieu hôtelier, avec de réelles opportunités d’emploi. Nous avons hâte d’aider ces jeunes en partageant nos connaissances et notre expertise. Nous sommes fiers de parler de ce jeune homme qui a pu obtenir un emploi à plein temps dans un grand groupe hôtelier. Nous sommes très fiers de ces premiers résultats et c’est le genre de réussite qui nous motive à mener à bien ce programme», a déclaré Jean-Louis Pismont, président de l’AHRIM, lors du lancement officiel de ce programme il y a quelques jours.

 

Ce genre d’exemple de réussite, c’est aussi ce qui motive Narvada, 24 ans, à s’accrocher. Détentrice d’une licence en communication avec une spécialisation en marketing et en communication Web, elle a cherché pendant des mois un travail après l’obtention de son diplôme de l’Institut Charles Telfair en 2015. Après plusieurs entretiens, tout ce qu’elle a trouvé, c’était un job dans un centre d’appels. Ce qui, confie la jeune femme, ne lui convenait pas. «C’était frustrant et décourageant. Dans ces moments-là, on ne sait plus quoi faire ni vers qui se tourner. Après avoir fourni tant d’efforts, l’avenir vous semble sombre», confie-t-elle. Lorsqu’un ami lui parle de l’AGILE, la jeune femme y voit l’opportunité d’élargir ses connaissances et la possibilité d’enfin trouver de l’emploi, même si ce n’est pas dans la filière où elle a étudié : «C’est une vraie opportunité car j’apprends des choses que je ne connaissais pas, comme l’allemand et le mandarin. Tout cela me servira, j’en suis sûre, à obtenir un job fixe.»

 

Motivée, Narvada a entamé un stage au sein de l’hôtel Oberoioù elle dit connaître pour la première une vraie incursion dans le monde du travail. Plus que jamais confiante face à l’avenir, elle attend désormais de compléter sa formation, précieux sésame pour enfin obtenir un emploi.

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