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Bonne-Terre, Camp-Diable... : des nouvelles zones rouges dans la tourmente

9 mai 2021

Natacha Ramchurn, Ivan Rose et Mohammad Fawzi Allymun, des habitants des nouvelles régions touchées, parlent de leur état d’esprit par rapport à la situation dans leur localité.

Comme une sonnette d’alarme, pour rappeler qu’il est toujours là… Le coronavirus continue à tenir le pays en haleine. Une semaine après que l’île Maurice soit passée à sa deuxième phase de déconfinement, avec plus de liberté de mouvement et la reprise d’activités dans différents secteurs, il y a eu des nouveaux cas de contamination dans la communauté, entraînant ainsi la proclamation de nouvelles zones rouges, isolant les habitants des localités concernées pour qu’ils n’aient pas accès à d’autres endroits. Des nouvelles régions, notamment Camp-Diable dans le Sud – qui rejoint ainsi d’autres villages également isolés – et Bonne-Terre dans le centre, se retrouvent cette semaine aussi dans la tourmente, étant désormais sous le coup de nouvelles restrictions pour contrôler la propagation du virus.

 

Ceinturés par des barrages de sécurité, ces endroits sont coupés de tout et la vie y tourne désormais au ralenti. Le mot d’ordre est : vigilance. Natacha Ramchurn, une habitante de Camp-Diable, en sait quelque chose. Plus que jamais, les précautions d’usage sont de mise, doublées d’une grande dose de patience, de courage et de sacrifice, en attendant un retour à la normale. «Il me paraît invraisemblable, à notre époque, qu’un virus nous tienne tous à sa merci. Je suis confinée chez moi en zone rouge et en télétravail», nous confie la jeune femme, en évoquant cette «triste actualité» qui a bouleversé son quotidien.

 

La région du Sud étant, ces derniers temps, sous l’emprise de la Covid-19, elle sait que chacun doit y mettre du sien pour que ce cauchemar soit vite une histoire du passé. «Je retiens de cette période le mot solidarité car actuellement, tout le monde doit se serrer les coudes et se protéger, protéger sa famille et son entourage car le virus ne choisit pas les gens, il est juste derrière chaque porte. Même après le déconfinement, il fallait toujours suivre les restrictions : port du masque, social distancing et autres mais être en zone rouge demande encore plus de vigilance et les gens doivent commencer à être plus responsables et sortir uniquement en cas de besoin...»

 

Vaincre ce virus ensemble

 

Même si le stress et les tourments générés par la situation l’affectent, Natacha est confiante : «Même en étant en télétravail, on peut être proches de nos collègues avec les différents réseaux qui existent actuellement : Teams, WhatsApp, Facebook, etc. Ça aide à ne pas se sentir seuls. Nous passons tous par une mauvaise passe actuellement, alors il faut penser à son entourage et tout faire pour se protéger en restant chez soi. Avec la coopération de tous, nous pouvons vaincre ce virus», souligne la jeune femme qui suit la situation de très près.

 

Ivan Rose, qui habite aussi la région, espère comme Natacha que les choses ne s’envenimeront pas. «Il y a une peur, l’atmosphère est tendue mais en faisant tout ce qu’il faut, on espère que le virus ne se propagera pas davantage», dit-il. Pour lui, c’est le quotidien de nombreuses familles qui est bouleversé : «À Cité EDC, par exemple, 80 % des habitants sont des Self-Employed. Ils sont maçons, soudeurs et travaillent dans des champs agricoles, entre autres. C’est pour dire que, sans le Self-Employed Assistance Scheme et des aides d’ONG et autres organismes, entre autres, pour des food packs notamment, les choses allaient être difficiles pour de nombreuses personnes. C’est pour cela qu’on s’attend à ce que les choses soient vite maîtrisées afin que les habitants puissent reprendre leurs activités», témoigne Ivan Rose, président de la Zenfant Camp Diable Social Association.

 

Une autre région, Bonne-Terre, s’est aussi réveillée durant la semaine écoulée avec la mauvaise nouvelle qu’une dizaine de cas de contamination – reliés au cluster de Camp-Diable – y avaient été dépistés. Depuis samedi matin, les entrées et sorties de cette région sont sous strict contrôle de la police et l’équipe de contact tracing était à pied d’œuvre pour retracer le parcours des personnes testées positives à la Covid-19. Mohammad Fawzi Allymun, un habitant de la localité, digère encore cette nouvelle. «Comme n’importe qui, j’en ai pris plein la figure, comme on dit. C’est assez démoralisant, surtout que je me disais que la vie allait prendre son cours normal. Et ce qui irrite le plus, c’est le manque de communication de la part des autorités concernées, encore une fois. Sans crier gare, elles ont décrété la région zone rouge, prenant par surprise les habitants. C’était vraiment la pagaille au réveil, ce samedi matin ! Je dois avouer que je ne m’attendais pas du tout à un tel développement. D’autant que nous avons déjà entamé les préparatifs pour l’Eid qui sera célébrée in sha Allah dans quelques jours, le jeudi 13 ou le vendredi 14 mai. Même si mes proches et moi avons continué à respecter les gestes barrières, nous ne pensions pas que la région serait à nouveau touchée en si peu de temps. Je ne veux pas paraître trop pessimiste mais je suis assez inquiet, vu le nombre élevé de cas recensés rien qu’à Bonne-Terre», déclare-t-il.

 

Comme beaucoup de Mauriciens en ce moment, il réalise que le virus n’a pas encore dit son dernier mot...

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