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Grève de la faim et de la soif : Gandhi se dit «prêt à mourir»

2 juin 2014

Mustapha Mohamed ne compte pas abandonner la partie.

Plusieurs jours sans boire ni manger. Et Mustapha Mohamed, plus connu comme Gandhi, s’écroule. «J’ai vomi l’acide qu’il y avait sur mon estomac. Je n’en peux plus. Ma santé se détériore», confie l’homme qui combat au Jardin de la Compagnie. Ses sympathisants, peu nombreux, ont dû l’accompagner pour qu’il se douche. L’homme est affaibli. Mais il ne rompt pas : «Je suis prêt à mourir. Ces malheureux-là méritent qu’on s’occupe d’eux.» Aujourd’hui, dimanche 1er juin, il entame son quinzième jour de grève afin que les pêcheurs de bancs, qui sont au chômage, puissent bénéficier d’une allocation et de la promesse d’un emploi sur des bateaux de pêche.

Malgré les appels de ces personnes en difficulté et du syndicaliste Jack Bizlall pour que Gandhi mette fin à sa grève à cause de son état de santé, ce dernier ne veut rien entendre : «Je veux une garantie du Premier ministre. Je veux que Navin Ramgoolam s’intéresse au cas de ces pêcheurs. Il est comme un chef de famille, il doit s’occuper de ses enfants. Il ne peut pas fermer les yeux.» Il s’étonne du manque de réaction des autorités concernant la situation difficile de ces pêcheurs qui recherchent du travail depuis longtemps : «Je veux les faire réagir. Pourquoi le ministère de la Pêche et celui de la Sécurité sociale ne font-ils aucun geste de solidarité ? Ce n’est
pas normal.»

L’homme, qui n’en est pas à sa première grève de la faim, a été examiné par un médecin qui juge que son état de santé inspire de vives inquiétudes. Gandhi le dit lui-même : «J’ai du mal à respirer. Je ne me sens vraiment pas bien.» S’il a reçu la visite du Front Solidarité Mauricien de Cehl Meeah, de l’Union Populaire d’Alain Bertrand et du MSM représenté par Leela Devi Dookhun, le MMM, lui, joue aux abonnés absents : «Ce parti est trop occupé à vouloir manger gato maryaz», confie-t-il.

Gandhi souhaite un soutien politique, mais aussi un soutien populaire. Néanmoins, la prise de conscience se fait attendre, dit-il. Mais il ne perd pas espoir : «C’est pour ça que je continue.» Et il reste persuadé que Navin Ramgoolam se manifestera avant qu’il ne soit trop tard…

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