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17 juillet 2022 15:54
Les porte-monnaies ont le blues. Car avec les récentes hausses des prix, semaine après semaine, de plusieurs produits de consommation, y compris les nouveaux tarifs du carburant, du gaz et du transport en commun, de nombreux Mauriciens ont le moral en berne, leur budget se retrouvant dans le rouge. Le coût de la vie est en hausse et le pouvoir d’achat en baisse. Malgré un contrôle sur les marges de profits des importateurs, les prix continuent de grimper, comme pour certains grains secs et produits en conserve ou encore le poulet congelé qui connaît une majoration d’environ 10%, entre autres produits.
«Aujourd’hui, faire les courses donne mal à la tête. Tout coûte cher. Le lait, le fromage, les conserves, le papier toilette. Scruter les promos ne sert plus à rien. Avant, une brique de lait en promo coûtait Rs 42,95, maintenant c’est Rs 53,95. Un sachet de 10 rouleaux de papier toilette, c’est Rs 130. Une boîte de thon en miettes coûte Rs 30, toujours en promo. Ne parlons même pas de la boîte de thon solide. Bientôt, on paiera une boîte à Rs 60/ Rs 70. Un poulet entier, c’est Rs 250 minimum. Nous sommes une famille de trois et notre budget pour les courses a doublé, si ce n’est plus. On essaie de kase-ranze, mais c’est compliqué. Un mois, on achète de l’agneau et un autre non. On fait des sacrifices, mais impossible de faire l’impasse sur le lait, les couches, le papier toilette, par exemple. C’est décourageant et révoltant de voir à quel point aujourd’hui, les Mauriciens doivent réfléchir à deux fois pour acheter de la nourriture de base», nous confie Sarah, une habitante de Moka.
Dans plusieurs familles, c’est en ce moment le même constat et le même casse-tête avec le budget pour les dépenses en ce qu’il s’agit de la nourriture. Suite à une question du député du MMM, Deven Nagalingum lors de la séance parlementaire du mardi 12 juillet, le ministre du Commerce Soodesh Callichurn a donné des précisions sur cette hausse continuelle des prix des produits alimentaires. Il a précisé qu’ «un retour à la normale des prix n’est pas pour demain» et cela, à cause de la situation qui découle de la guerre en Ukraine et des conséquences de la pandémie de la Covid-19.
«It is not economically viable to continue with the subsidy mechanism», a déclaré Soodesh Callichurn, tout en précisant qu'avec la formule de prix contrôlés et l’introduction du maximum mark-up, les prix sont de 8% à 23% moins chers que les prix réels. Le ministre a aussi souligné qu’il y a des inspections à travers l’île pour prévenir des abus. Il a également donné l’assurance, au cours de la semaine écoulée, que le prix de l’huile comestible qui sera subventionnée par l’État coûtera moins cher de Rs 90.
Suttyhudeo Tengur, président de l’Association pour la Protection de l’Environnement et des Consommateurs (APEC), suit la situation de près. «Face à la flambée quotidienne des prix qui enfonce les démunis dans la pauvreté, le ministre de l’Industrie, du commerce et de la protection des consommateurs, Soodesh Callychurn, a su prendre la décision appropriée pour redonner ses lettres de noblesse à la State Trading Corporation (STC), créée en octobre 1982, pour qu’elle fonctionne désormais comme the trading arm of the Government of Mauritius, comme stipulé clairement dans la législation cadre de cette institution. En effet, la décision ministérielle permet à la STC d’avoir une présence sur le marché au même titre que les autres importateurs ou grossistes. La STC mettait sur le marché du riz (avec un pourcentage de brisures), de la farine et depuis quelque temps le riz basmati», souligne Suttyhudeo Tengur.
Il espère que les mesures prises par les autorités pourront soulager les Mauriciens. «Depuis la décision gouvernementale de ne plus subventionner les prix de sept denrées de base, les opérateurs commerciaux sont immédiatement passés à l’action avec des hausses allant à plus de 100% pour l’huile comestible et dans une moindre mesure pour le lait en poudre et d’autres produits dont les saucisses et les conserves en boîte. L’importation de quelque 500 tonnes d’huile comestible qui vont débarquer la semaine prochaine et de quelque 90 tonnes de gros pois provenant de Madagascar (ce grain sec a littéralement disparu des étagères des surfaces commerciales depuis la semaine dernière et des rumeurs circulent à l'effet que ce produit se vendrait à Rs 90 le demi-kilo) va permettre aux consommateurs de pousser un ouf de soulagement (...) Nous souhaitons que la STC continue sur sa lancée pour assurer la sécurité et la protection des consommateurs, du moins dans le court terme. Cette intervention n’est que salutaire pour le grand public», explique le président de l’APEC au moment où le coût du panier de la ménagère dans le pays ne cesse de donner le tournis.
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