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Lutte contre la discrimination : les droits des femmes passés à la loupe

Comment faire respecter et promouvoir les droits humains, particulièrement ceux des femmes et des enfants ? Cette question a été au centre d’une conférence de trois jours organisée par la Commission nationale des droits humains (NHRC). Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet de la promotion des droits de l’homme à Maurice et à Rodrigues, financé par l’Union européenne. Celui-ci a été lancé en novembre 2017 et a permis de sensibiliser, jusqu’à présent, plus de 10 000 personnes aux droits humains. 

 

Pour l’occasion, Nicole Ameline, membre du comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), a animé plusieurs ateliers de travail axés sur le thème «Procédures du CEDAW à l’égard des femmes : les enjeux pour Maurice». Elle a derrière elle un riche parcours dans le combat pour le respect des droits humains. Reconnue sur le plan international pour son engagement, elle a présidé le comité CEDAW et a été ministre de la Parité et de l’Égalité professionnelle en France. Pendant trois jours, elle a donc exploré les droits humains, plus particulièrement ceux des femmes, tout en présentant les mécanismes de protection des droits de l’homme en France.

 

Plusieurs points ont été évoqués. Parmi eux, la traduction de l’ensemble de ce que prévoit CEDAW au niveau local, la mise en application des recommandations reçues lors de l’Examen périodique universel de 2018, le Gender Equality Bill qui sera présenté à la rentrée parlementaire. Une loi qui, affirme Vincent Degert, ambassadeur de l’Union européenne à Maurice, favoriserait la modernisation du cadre juridique, tout en donnant l’opportunité aux femmes de s’affirmer économiquement, politiquement et socialement.

 

Pour lui, la sensibilisation est la clé du changement. «La discrimination à l’égard des femmes, plus généralement les violations des droits humains, sont encore, malheureusement, trop souvent une réalité à travers le monde, y compris au sein de l’Union européenne. Pour que les femmes puissent pleinement jouer leur rôle dans la société et pour lutter contre les discriminations dont elles sont victimes, il faut inlassablement continuer à former et à sensibiliser l’ensemble des acteurs publics et privés ainsi que tous les citoyens.» Par ailleurs, il faudrait, selon lui, s’attaquer aux questions sensibles. C’est en incitant le débat public, a-t-il dit, que nous contribuerons à libérer la parole.

 

Cette conférence a réuni plusieurs représentants de ministères et d’organismes dont la mission est de faire respecter et de promouvoir les droits humains. Des membres de l’Assemblée nationale, des organisations de la société civile ainsi que des étudiants et chercheurs y ont participé. La Commission nationale des droits humains a d’ailleurs présenté un sac écologique avec le slogan #ensamkontviolans, nouvel outil de promotion qui sera distribué aux bénéficiaires des sessions de sensibilisation aux droits humains dans les écoles, les centres de jeunesse et les centres pour les femmes à travers l’île et à Rodrigues.