L’affaire Soopramanien Kistnen continue de susciter des interrogations. Lors de sa conférence de presse, ce samedi 31 octobre, le Front Militant Mauricien (FMP) est revenu sur les zones d’ombre entourant cette enquête, dénonçant l’absence d’arrestations et de suites judiciaires, près de deux ans après l’arrivée du nouveau gouvernement. Le parti a également exprimé ses inquiétudes concernant la National Crime Agency (NCA) et réagi aux rumeurs d’un rapprochement entre le PMSD et le gouvernement.
«Nous n’allons pas lâcher», a dit Paul Bérenger au sujet de l’affaire Kistnen, qu’ils qualifient désormais de «scandale Kistnen». Pour le leader du FMP, les explications fournies au Parlement lors de la dernière Private Notice Question (PNQ) ont surtout mis en lumière «beaucoup de confusion et de cafouillage».
Il s’interroge notamment sur le recours à d’anciens employés de Scotland Yard pour épauler l’enquête. Alors que cette collaboration avait été présentée comme un apport d’expertise et de moyens techniques, le FMP souhaite connaître l'identité de ces intervenants, leur grade au moment où ils ont quitté Scotland Yard, ainsi que les personnes ayant recommandé leurs services. Le parti réclame également un état détaillé des dépenses engagées par l’État mauricien. Autre sujet d’interrogation : les éléments de preuve qui auraient été découverts récemment, notamment un pantalon et un téléphone portable, alors que l’affaire remonte à plusieurs années. «Deux ans après, ils découvrent deux preuves dont on n’avait jamais entendu parler», déplore Paul Berenger.
Le FMP réclame aussi des éclaircissements sur les analyses graphologiques effectuées dans le cadre des Kistnen Papers. «On nous parle d’experts en écriture manuscrite. Donnez-nous le nom de cet expert ! », demande-t-il. Il dénonce par ailleurs l’absence de mesures disciplinaires ou d’arrestations malgré les irrégularités évoquées au Parlement, notamment autour du système Safe City.
Chetan Baboolall est également revenu sur les nombreuses interpellations parlementaires consacrées à ce dossier. Il rappelle que quatre PNQ et treize questions parlementaires ont déjà été déposées, sans qu’il n’y ait eu de réelles réponses apportées.
Le FMP demande ainsi au Directeur des poursuites publiques de rendre public le rapport qui lui a été soumis. «Ce que la presse a obtenu, ce sont des extraits. Nous voulons avoir accès au document officiel», insiste Paul Berenge. Pour le parti, les autorités doivent désormais apporter des réponses précises aux nombreuses interrogations qui persistent. Autre dossier abordé : la National Crime Agency. Alors que des amendements au projet de loi seraient en préparation, le FMP annonce qu'il suivra attentivement leur contenu, tout en réaffirmant son opposition fondamentale à cette institution. «Nous pensons très sincèrement que c'est un grand danger pour la démocratie et la vie privée », affirme Paul Berenger. Il appelle les démocrates et les progressistes du pays à se mobiliser contre cette législation.
Le parti s'inquiète notamment des pouvoirs de surveillance et d'enregistrement que pourrait conférer la NCA, ainsi que de son organisation institutionnelle. Il pointe également les dispositions envisagées concernant la hiérarchie entre le directeur de la NCA et le Commissaire de police, rappelant que ce poste est constitutionnel. Le FMP évoque également les réserves exprimées par la Bar Association, dont le président aurait formulé de vives critiques contre la NCA dans sa forme actuelle. Enfin, les rumeurs d'un éventuel rapprochement entre le PMSD et le gouvernement ont également été commentées. Pour Paul Berenger, ces informations, qui circulent depuis quelque temps, seraient révélatrices de la situation politique actuelle. «C'est un signe de faiblesse et de panique. Et ça ne nous tracasse en aucune manière », affirme-t-il. Le FMP a également réagi au retrait du projet visant à abaisser l'âge de la responsabilité pénale de 14 à 12 ans. Une décision qu'il accueille favorablement, estimant que cette proposition n'aurait jamais dû être présentée.