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Alerte sanitaire : mobilisation nationale contre la leptospirose

16 mai 2026

«Unfortunately, in Mauritius, we have got the most serious type compared to La Réunion and other countries.» C’est ce qu’a déclaré Anil Bachoo, le ministre de la Santé, au Parlement le mardi 12 mai s'agissant de la présence de la leptospirose dans notre île et du fait que la souche présente dans le pays est plus grave que celle observée à l’île sœur. «En ce qui concerne la leptospirose, 21 cas ont été recensés, dont six décès concernant des patients atteints de formes graves de la maladie et présentant des comorbidités sous-jacentes, parmi lesquels un patient qui est arrivé à l’hôpital sans signe de vie. Parmi les mesures mises en œuvre figurent l’intensification des opérations de pose d’appâts, des campagnes de nettoyage de l’environnement, le curage des canalisations, la gestion des déchets, le démantèlement des décharges sauvages, ainsi que des interventions autour des rivières, des canaux, des zones d’élevage et des zones résidentielles», a précisé Anil Bachoo. L’heure est à l’action et le ministre appelle les Mauriciens à être vigilants. Il a ainsi exhorté la population à jouer son rôle en veillant à la propreté des lieux et en empêchant l’infestation par les rongeurs. Comment se protéger de la leptospirose ? Le Dr Shahil Dawreeawoo, M.D. MSc OH (UK), Occupational Health Physician et médecin du travail, nous en dit plus sur la maladie qui suscite de l’inquiétude dans le pays.

Mon regard sur la situation : «La leptospirose est une maladie infectieuse encore trop souvent méconnue, mais bien réelle à Maurice. Elle est causée par une bactérie appelée Leptospira, qui se transmet à l’être humain principalement par contact avec de l’eau, de la boue ou des sols contaminés par l’urine d’animaux infectés. On associe souvent cette maladie aux rats, et à juste titre puisqu’ils constituent le principal réservoir. Toutefois, il est essentiel de comprendre que les rats ne sont pas les seuls en cause. Les chiens, et dans une moindre mesure les chats, peuvent également être porteurs de la bactérie et contribuer à sa propagation, notamment dans des environnements humides, insalubres ou après de fortes pluies.»

Comment se transmet la leptospirose ? «La contamination se produit lorsque la bactérie pénètre dans l’organisme à travers une petite plaie, une peau fragilisée ou les muqueuses (yeux, nez, bouche). Il n’est donc pas nécessaire d’avoir une blessure importante pour être exposé. Les situations à risque sont fréquentes dans la vie quotidienne, en particulier : le contact avec de l’eau stagnante ou boueuse, les inondations après de fortes pluies, les travaux agricoles ou de jardinage, le nettoyage de lieux souillés ou infestés de rongeurs.»

Qui sont les plus à risque ? «Certaines professions sont plus exposées, notamment les travailleurs agricoles, les ouvriers du bâtiment, les éboueurs ou encore les employés intervenant dans des environnements humides. Toutefois, toute personne peut être concernée, y compris dans un cadre domestique.» La maladie en question : «L’incubation de la leptospirose chez l’être humain est généralement de 2 à 30 jours, avec une moyenne d’environ 7 à 14 jours après l’exposition à la bactérie Leptospira. Elle débute le plus souvent comme une maladie banale, ressemblant à une grippe. Les premiers signes incluent généralement : une fièvre élevée, des maux de tête, des douleurs musculaires importantes, ou encore une fatigue marquée. Dans certains cas, la maladie peut évoluer vers des formes graves, touchant les reins, le foie ou les poumons, avec des complications potentiellement sévères.»

Les animaux et la leptospirose : «Nos animaux peuvent-ils transmettre la leptospirose ? Oui, dans certaines conditions. Les chiens peuvent être infectés par la bactérie Leptospira et l’excréter dans leurs urines, parfois sans présenter de signes évidents de maladie. Ils peuvent ainsi contaminer l’environnement immédiat, notamment les sols humides, les jardins ou les zones où ils vivent. Les chats, bien que moins fréquemment impliqués, ne sont pas totalement exempts de ce risque. Leur rôle dans la transmission reste limité, mais il ne doit pas être ignoré. Il est donc important d’adopter des mesures de prévention simples : faire vacciner les chiens contre la leptospirose, éviter tout contact avec l’urine animale, maintenir une hygiène rigoureuse dans les espaces de vie des animaux et consulter un vétérinaire en cas de doute.»

Qu’en est-il de la santé au travail ? «Les travailleurs exposés à l’eau, à la boue ou à des environnements contaminés sont particulièrement vulnérables. Du point de vue de la prévention en santé au travail, il est essentiel de : réaliser une évaluation des risques professionnels ; sensibiliser les travailleurs aux dangers de la leptospirose ; fournir des équipements de protection individuelle adaptés (bottes, gants imperméables) ; assurer l’hygiène sur le lieu de travail (lavage des mains, douches si nécessaire) ; mettre en place une surveillance de la santé des travailleurs exposés. À Maurice, selon les dispositions de l’Occupational Safety and Health Act 2005, les employeurs ont l’obligation de protéger la santé de leurs travailleurs, notamment en mettant en place des mesures de prévention adaptées aux risques identifiés.»

Comment se protéger ? «La prévention repose avant tout sur des gestes simples, mais essentiels au quotidien : éviter de marcher pieds nus ou de s’exposer à l’eau stagnante, surtout après de fortes pluies ; porter des gants et des bottes lors de travaux exposés ;couvrir toute plaie ou écorchure ; se laver soigneusement les mains après contact avec des animaux ou des environnements à risque ;assurer un bon contrôle des rongeurs autour des habitations et des lieux de travail. À Maurice, la leptospirose demeure un véritable enjeu de santé publique, en particulier durant la saison des pluies où les conditions favorisent sa transmission. La sensibilisation du public reste un élément clé pour limiter les cas et prévenir les formes graves. Il est important de ne pas banaliser les symptômes. Toute fièvre survenant après une exposition à risque doit alerter. Une consultation médicale rapide permet un diagnostic précoce et la mise en place d’un traitement adapté, généralement efficace lorsqu’il est initié à temps.»

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